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Le Front Commun SDF accuse le CPAS de Liège de harceler les SDF, le CPAS s’en défend

L’entrée de la Cellule SDF du CPAS de Liège

© RTBF – Martial Giot

Le CPAS de Liège harcèle-t-il les SDF pour les chasser de la ville ? C’est en tout cas l’accusation que porte le Front Commun SDF.

Le Front Commun SDF met en cause les procédures appliquées pour l’obtention et la conservation du revenu d’intégration de rue, d’une part, et d’une adresse de référence. Actuellement à Liège, 661 personnes ont leur adresse de référence au CPAS et 594 bénéficient du revenu d’intégration de rue. Le CPAS de Liège se défend de mener une campagne de harcèlement à l’égard des SDF.

Le Front Commun SDF affirme relayer le vécu des SDF, comme l’explique Jean Peeters : "On les oblige chaque mois à venir pointer. Ça, c’est normal. Mais seulement, on les oblige à venir, chaque fois, avec des preuves. On les embête et, finalement, il y en a certains qui sont découragés et qui foutent le camp. Ils ne font pas quelque chose qui est totalement illégal mais quelque chose qui n’existe nulle part et c’est ça qui est différent et qui, vraiment, est très gênant, très embêtant pour les personnes. C’est vraiment une persécution.".

Mais Jean Peeters ajoute : "La responsabilité vient aussi des communes environnantes. Lorsque quelqu’un perd son domicile, lorsqu’il demande à être domicilié au CPAS d’une commune aux environs de Liège, bien souvent ces communes-là disent : "Ah non, ici, on est trop petit, ça ne se fait pas, allez à Liège.". Et c’est comme ça que la Ville de Liège dit : "Non, ce n’est pas à nous, rentrez dans votre commune.". Donc il y a vraiment une responsabilité à la fois de Liège mais aussi des communes environnantes qui refusent systématiquement de donner l’adresse de référence.".

Des accusations injustes

Pour le CPAS de Liège, les accusations portées à son encontre sont injustes. "L’accompagnement social que mène la cellule SDF du CPAS n’est évidemment pas du harcèlement", réagit Geoffrey François, responsable du département des urgences sociales, "Mais ce n’est pas du laisser-aller non plus. C’est un accompagnement social spécialisé, adapté à un public défini dans son intérêt. Le maintien du contact est absolument nécessaire. Bien évidemment, on doit vérifier les conditions d’octroi du revenu d’intégration. Mais ça, c’est par rapport à tous nos usagers. Mais c’est aussi une occasion de garder un lien dans le cadre du travail d’intégration sociale des personnes, dans le cadre de leur recherche de logement, dans le cadre de leur santé."

Geoffrey François souligne aussi : "Il y a évidemment, et c’est dans la loi des CPAS, une enquête individualisée pour chaque personne qui nous permet de vérifier les conditions d’octroi du revenu d’intégration."

Il relève aussi une évolution qui contredit les accusations : "Jusqu’à l’année passée, le revenu d’intégration de rue était payé en trois tranches, trois fois par mois, en caisse et les personnes bénéficiaires devaient venir physiquement au CPAS de Liège pour toucher un tiers de leur RI de rue. Depuis un an, on paie le RI de rue sur compte bancaire, justement pour permettre à la personne d’avoir plus de liberté et aussi de ne pas être contrainte à venir trois fois par mois. Ça démontre qu’on ne veut pas spécialement faire en sorte de les obliger à venir très souvent au niveau de la cellule SDF."

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