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Le G7 s'apprête à durcir les sanctions économiques contre la Russie, Volodymyr Zelensky maintient la pression

27 juin 2022 à 08:12 - mise à jour 27 juin 2022 à 11:57Temps de lecture4 min
Par Belga édité par D. V. Ossel

Le président ukrainien Volodymyr Zelensky a exhorté lundi les chefs d'État et de gouvernement du G7 "à faire le maximum" pour mettre un terme à la guerre qui ravage son pays avant la fin de l'année, ont indiqué des sources au sein du G7. La Maison Blanche avait au préalable annoncé que les pays du G7 voulaient serrer encore l'étau économique contre la Russie.

Le dirigeant ukrainien, intervenu en visioconférence au château d'Elmau dans le sud de l'Allemagne où sont réunis les dirigeants des sept pays industrialisés a  "insisté sur la nécessité d'intensifier les sanctions contre la Russie", soulignant l'importance "de ne pas baisser la pression et de continuer à sanctionner massivement, lourdement la Russie".

Au cours de son allocution, le président ukrainien "a évoqué la rudesse de l'hiver" en Ukraine "où il est plus difficile de se battre".

Un soutien "aussi longtemps qu'il le faudra"

Les dirigeants du G7 ont finalement promis dans une déclaration commune publiée lundi "de continuer à fournir un soutien financier, humanitaire, militaire et diplomatique" à l'Ukraine "aussi longtemps qu'il le faudra".

Le G7 a aussi exhorté la Russie à permettre les exportations de céréales depuis l'Ukraine pour éviter d'exacerber la crise alimentaire mondiale.

Les dirigeants ont demandé "de toute urgence" à Moscou de "cesser, sans condition, ses attaques contre les infrastructures agricoles et de transport et de permettre le libre passage des marchandises agricoles depuis les ports ukrainiens de la mer Noire".

Ils ont également exprimé leur "vive inquiétude" après l'annonce par la Russie qu'elle pourrait transférer des missiles à capacité nucléaire à la Biélorussie, et exigé le retour "immédiat" des Ukrainiens emmenés "par la force" en Russie.

Plafonner le prix du pétrole russe : un "consensus émerge"

Les pays du G7 veulent serrer encore l'étau économique autour de la Russie, en réfléchissant à un "mécanisme pour plafonner au niveau mondial le prix du pétrole russe", selon la Maison Blanche, ce qui s'annonce complexe.

"Il y a un consensus qui émerge (...) sur le fait que c'est une méthode sérieuse" entre les chefs d'Etat et de gouvernement réunis dans les Alpes bavaroises, dans le sud de l'Allemagne, a dit lundi le principal conseiller diplomatique du président américain, Jake Sullivan.

Il a toutefois reconnu, devant les journalistes qui accompagnent Joe Biden, que "les discussions continuaient". Le sommet doit s'achever mardi.

Un accord des membres du G7 sur ce sujet serait "un pas en avant assez spectaculaire" et "l'un des résultats les plus significatifs" de la rencontre, a estimé Jake Sullivan.

Il a assuré que la difficulté des discussions ne tenait pas à des désaccords de fond, mais à la complexité du projet.  "Ce n'est pas quelque chose que nous pouvons sortir de nos tiroirs comme si c'était une méthode déjà testée et approuvée... c'est un concept nouveau", a-t-il reconnu. "Les dirigeants ne peuvent pas décider chaque détail ici", a encore indiqué Jake Sullivan, évoquant "des instructions" des chefs d'Etat et de gouvernement à leurs ministres pour élaborer un tel projet.

La France s'est dite favorable à cette proposition et juge même nécessaire de l'élargir au gaz et à tous les acteurs du marché, tout en admettant que le mode d'emploi d'un tel outil est "assez incertain"

Restreindre l'accès de la Russie à des ressources industrielles cruciales

Les pays du G7 vont par ailleurs de concert "continuer à restreindre l'accès de la Russie à des ressources industrielles cruciales", en particulier dans le secteur de la défense, que Washington va d'ores et déjà "cibler de manière agressive" via des sanctions contre de grandes entreprises publiques russes, selon la même source.

Cela signifie que ces entreprises ne pourront plus importer de produits américains, en particulier des composants technologiques.

Depuis l'invasion de l'Ukraine, les Occidentaux ont comme objectif de couper peu à peu la Russie des fournisseurs occidentaux dont elle a besoin pour faire tourner ses industries, et en particulier ses usines d'armement.

Utiliser les taxes douanières

Le G7 veut aussi "se coordonner pour utiliser les taxes douanières sur les produits russes afin d'aider l'Ukraine", a indiqué ce haut responsable.

Il a rappelé que les grands pays industrialisés s'étaient déjà entendus pour taxer plus lourdement les exportations de la Russie, en la privant d'un régime commercial préférentiel dont elle bénéficiait auprès d'eux.

Les Etats-Unis en particulier vont "mettre en place un taux plus élevé sur plus de 570 groupes de biens russes d'une valeur totale de 2,3 milliards de dollars environ", selon un communiqué de l'exécutif américain.

Sanctions contre les violations des droits humains

Enfin les pays membres du G7 (Allemagne, Etats-Unis, France, Italie, Japon, Canada, Royaume-Uni) vont prendre des sanctions "contre les responsables de violations des droits humains - y compris de crimes de guerre", selon le communiqué de la Maison Blanche.

Washington pour sa part va cibler par exemple "des sociétés militaires privées opérant en Ukraine, des unités militaires russes" ou encore des "responsables mis en place par la Russie dans des zones occupées ou contrôlées par les forces russes (en Ukraine), y compris des ministres et des maires".

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