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Belgique

Le gouvernement wallon reconnaîtra la sécheresse comme calamité agricole si la pluie ne revient pas dans les prochains jours

Emission spéciale Foire de Libramont

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29 juil. 2022 à 07:29 - mise à jour 29 juil. 2022 à 10:05Temps de lecture3 min
Par Maud Wilquin, sur base des propos recueillis par Danielle Welter

La foire de Libramont ouvre ses portes ce vendredi, l’occasion de faire le point avec le ministre wallon de l’Agriculture, Willy Borsus, sur la situation de l’agriculture belge et de ses travailleurs. Depuis la crise en Ukraine et la crise de l’énergie que ce conflit entraîne, la Belgique prend conscience de l’importance de l’autonomie alimentaire. Pour le ministre, "il faut bien avoir à l’esprit que l’agriculture doit à la fois être productive pour nourrir nos concitoyens et être résiliente, tenir compte des enjeux climatiques et générer un revenu qui rémunère légitimement celles et ceux qui prennent des risques pour travailler et produire."

"Il faut pouvoir ici chez nous produire un maximum des matières dont nous avons besoin comme c’est le cas avec les protéines, de manière à importer moins ou plus du tout de l’autre partie du monde et être moins dépendants lorsqu’il y a aujourd’hui des ruptures de chaînes d’approvisionnement ou des coûts qui explosent."

Et quitte à produire plus, autant produire bien. Prochainement, les autorités lanceront le label "Qualité Plus" pour une qualité différenciée. "Il faut que le consommateur puisse facilement identifier un produit qui a un plus, en termes de rémunération du producteur, de production… A l’instar du label rouge qui existe en France, le but est de donner un écho plus large dans le public. Que le différentiel de ce produit soit valorisé", explique Willy Borsus.

Récupérer l’accès à la terre

Mais pour produire plus, encore faut-il avoir suffisamment de terre. Aujourd’hui, acheter un terrain est presque devenu mission impossible pour les (jeunes) agriculteurs. Un hectare vaut aujourd’hui entre 35.000 et 70.000 euros. "L’accès à la terre est de plus en plus compliqué que ce soit en termes d’acquisition ou de location", reconnaît le ministre. "La terre agricole a augmenté ces dernières années de 6,5% par an, ça devient intenable dans la majorité des situations. C’est la raison pour laquelle je combats les utilisations concurrentes de la terre agricole. Il faut que ces vastes champs de panneaux photovoltaïques par exemple soient orientés vers les parkings, hangars, toitures, couvertures d’entreprises plutôt que d’aller peser de nouveau sur la terre et donc le prix de la terre. Il en va de même pour les zones d’activités économiques. Il y en aura encore, mais privilégions la reconversion d’anciens sites industriels désaffectés ou économiques que nous pouvons de nouveau utiliser."​​​​​​​

Pour y parvenir, le gouvernement wallon lancera dès l’automne prochain, après l’analyse des systèmes organisés dans les autres pays, "les assises de la terre pour rassembler en termes de réflexion et propositions tout ce qui peut être fait pour tenter de juguler cette augmentation croissante".

Un autre défi consistera à attirer de nouveaux citoyens dans le secteur agricole. "Nous avons observé une diminution considérable depuis vingt ou trente ans du nombre d’agriculteurs", indique le ministre. "Mais depuis quatre ans, leur nombre se stabilise. On est autour de 12.740 exploitations. On observe que certains rejoignent à nouveau l’agriculture mais pour repartir à la hausse, nous devons pouvoir offrir des perspectives stables en termes de cadres de travail et de revenu. C’est l’enjeu de la nouvelle PAC, la politique agricole commune, pour permettre un nouvel équilibre au sein des activités agricoles."

Une PAC qui se veut avant tout nourricière et respectueuse de l’environnement.

La sécheresse comme calamité agricole

S'adapter est donc le maître mot tout en respectant les enjeux climatiques. Et si la sécheresse persiste, le gouvernement wallon viendra financièrement en aide aux producteurs et agriculteurs : "On suit de très près la sécheresse avec une possible nouvelle reconnaissance de cette calamité agricole si malheureusement les précipitations n’étaient pas de retour dans les prochains jours. Cette calamité agricole, si elle est validée par l’IRM, donne lieu à une indemnisation régionale. Nous n’en sommes pas encore là pour le moment, on voit bien à quel point la tendance que nous observons cette année encore est une tendance négative en ce qui concerne la sécheresse, la production végétale. On le voit encore sous nos pieds à Libramont."

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