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Régions Brabant wallon

Le lac de Louvain-la-Neuve couvert d’algues exotiques

Le lac de Louvain-la-Neuve est partiellement recouvert d’une algue verte non toxique mais invasive.

Le spectacle est impressionnant ! Le lac de Louvain-la-Neuve est actuellement recouvert par des algues, en grande partie . "C’est une espèce exotique invasive", explique Thibaut Thyrion, garde forestier. "On trouve ce type d’algues en Afrique du Sud et en Australie, notamment. Depuis quelques années, elle prolifère dans de nombreux plans d’eau de Wallonie. C’est une plante saisonnière non toxique et qui se développe fortement cet été car toutes les conditions météorologiques lui sont favorables".

Cette espèce de couleur verdâtre ne doit pas être confondue avec les cyanobactéries, anciennement appelées algues bleues. Ces dernières sont nocives pour l’être humain. Elles peuvent provoquer maux de tête, fièvre et autres irritations de la peau et de la gorge.

Des vertus

"Cette algue-ci présente quelques avantages", explique Thibaut Thyrion. "Tout d’abord, elle fixe l’azote, élément abondant dans le bassin d’orage qu’est le lac de Louvain-la-Neuve. Cette algue exotique contribue à fixer des produits polluants. Qui plus est, elle produit de l’oxygène. Enfin, elle réduit l’évaporation de l’eau du lac en période de canicule et elle permet de temporiser le réchauffement du lac dans les lames d’eau plus basses, ce qui est bénéfique aux poissons". L’algue n’est d’ailleurs pas du tout toxique pour les poissons, insectes, canards et cygnes.

Un risque potentiel

A la fin de l’été, les conditions météorologiques n’étant plus réunies, le développement de l’algue ralentit. Mais cette espèce étant invasive, elle est régulièrement surveillée. Surtout après une période de sécheresse !

"Le risque, c’est que cette algue prenne le pas sur les espèces indigènes", explique Thibaut Thyrion. "Si elle se développe trop, elle nuit à la flore locale et à la biodiversité. Elle risque aussi de se propager sur le cours d’eau en aval (La Malaise). Il faut alors intervenir. Soit en introduisant des coléoptères, mais ces insectes peuvent alors avoir un impact négatif sur la faune et créer un déséquilibre. Soit en enlevant l’algue de manière manuelle, ce qui demande du temps et de la main-d’œuvre. Il faut utiliser des épuisettes et placer les algues sur des barques avant de les évacuer du site. C’est un gros travail que nous devrions entreprendre l’an prochain. Nous ferons appel à notre équipe au sein de l’UCLouvain ainsi qu’à des organismes citoyens".

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