Chronique cinéma

Le Lauréat avec Dustin Hoffmann, un classique du cinéma à redécouvrir en version restaurée

Anne Bancroft et Dustin Hoffman dans "The Graduate"

Encore deux semaines de patience avant la réouverture des salles de cinéma. En attendant, Nicolas Buytaers continue de nous présenter les sorties DVD et en streaming.

Le Lauréat

"Madame Robinson, est-ce que vous essayez de me séduire ?" C’est l’une des répliques les plus cultes du cinéma américain. Elle est prononcée par Benjamin. Fraîchement diplômé, il ne sait pas ce qu’il va faire dans la vie. Comme beaucoup de jeunes adultes de sa génération, il ne sait pas encore ce qu’il veut. Et voilà qu’une amie de ses parents, la fameuse Madame Robinson, le drague ouvertement. Alors pourquoi pas ? Il faut savoir prendre ce qu’on nous offre dans la vie, sans trop se poser de questions. Oui mais voilà, peu de temps après, Benjamin tombe amoureux d’Elaine, la fille de Madame Robinson. Et là, il doit choisir. Il doit s’engager même si Elaine est déjà fiancée à un autre…

"Le lauréat" du réalisateur Mike Nichols est un classique parmi les Classiques. Sorti en 1967, ce film a non seulement révélé Dustin Hoffman mais il a aussi admirablement capté l’air du temps, l’ambiance d’une époque où la jeunesse américaine se distanciait du puritanisme des parents pour se lancer à corps perdu dans le mouvement hippie. On sent bien les deux tendances dans ce film. Un film qui avait choqué à sa sortie parce qu’on y évoquait une histoire (une domination) entre une femme d’âge mûr et un jeune homme, doublée d’une histoire de fesses tout simplement. Il n’est pas question d’amour ni de sentiments dans cette relation entre Mme Robinson et Benjamin, juste du physique ! L’amour, le vrai, notre héros anticonformiste le réserve pour Elaine.

Entre ses répliques cultes, ses scènes cultes – la fuite en autocar - et ses chansons cultes, composées et interprétées par Paul Simon et Art Garfunkel, vous devez (re) voir "Le lauréat"… Soit un vent de liberté et de fraîcheur totalement restauré en DVD chez Studio Canal !

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Une affaire de détails

Joe Deacon est le shérif-adjoint du comté de Kern, en Californie. Policier aguerri, il en a résolu des vilaines affaires. Il est appelé à Los Angeles pour aider un jeune policier à coincer un tueur en série. Alors que les deux hommes n’ont rien en commun, ils vont devoir apprendre à se faire confiance pour résoudre leur enquête. En même temps, un élément du passé trouble de Deacon vient jouer les trouble-fêtes…

Assez classique dans son évolution mais efficace, ce thriller est intéressant à regarder pour deux détails. D’abord pour son casting vu qu’on y retrouve trois acteurs oscarisés soit Denzel Washington, Rami Malek, qui a notamment incarné Freddie Mercury dans "Bohemian Rhapsody" et Jared Leto. Ensuite, en guise de second détail, il y a l’ambiance de ce film et son côté glauque à la "Seven" de David Fincher.

Ce film aurait dû sortir en salles mais vu le contexte de crise sanitaire (finalement il n’a connu qu’une sortie très limitée aux USA), le voilà directement disponible en DVD (chez Warner) mais aussi sur les plateformes légales de streaming.

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Les fugitifs

Lucas a réussi 14 braquages dans sa vie. Là, il sort de prison et il aimerait réellement se ranger. Pignon, lui, a raté un braquage dans sa vie. Il croise la route de Lucas et les voilà pourchassés à deux par la police. Lucas est innocent. Et dans un sens, Pignon aussi. Comme il a perdu son job, avec l’argent de ce braquage, il voulait juste offrir à sa fille un meilleur avenir…

C’est la troisième fois que le couple formé par Gérard Depardieu et Pierre Richard joue pour Francis Veber après "La chèvre" et "Les compères". Et c’est la deuxième fois que Richard et Depardieu incarnent respectivement Pignon et Lucas. Toujours aussi bien balancés entre les punchlines bien placées et les gags physiques et de situation (la scène du braquage est culte tout comme celle de la perruque), ces "Fugitifs" jouent aussi sur une très belle corde sensible, celle de l’amour paternel, juste comme il faut.

A voir sur Auvio.

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