Ecologie

Le manque de pluie dans certaines zones d'Amazonie menace la survie des arbres de la forêt entière

Le manque de pluie dans certaines zones d'Amazonie menace la survie des arbres de la forêt entière.
06 août 2022 à 10:30Temps de lecture2 min
Par RTBF avec AFP

Les épisodes de sécheresse à répétition continuent d’avoir des conséquences dramatiques sur l’écosystème de l’Amazonie. Une nouvelle étude attire l'attention sur le fait que le bassin amazonien perd peu à peu ses réserves d’humidité, ce qui contribue un peu plus au déboisement de la plus vaste forêt tropicale du monde.

Un nouveau péril pour le bassin amazonien

L'Amazonie est en danger. Menacée par les incendies et la déforestation, la plus grande forêt du monde émet plus de carbone qu’elle n’en absorbe depuis une dizaine d'années. Et, selon des données officielles de l'Institut national de recherches spatiales (INPE), la partie brésilienne (60%) a perdu 3.988 km² de surface boisée entre janvier et juin 2022.

Mais il existe un autre phénomène de taille qui menace la survie de ses arbres, souligne une nouvelle recherche publiée dans la revue PNAS et dirigée par des chercheurs de l’Institut de recherche sur l’action climatique de Potsdam (Allemagne). La raréfaction des pluies risque en effet d'épuiser les réserves d'humidité du bassin amazonien, ce qui aurait pour effet de diminuer la couverture forestière.

Pour trois arbres qui meurent, un quatrième menacé

D'après l'étude, pour trois arbres qui meurent de sécheresse dans la forêt amazonienne, un quatrième risque de périr aussi, même s'il n'est pas directement touché. Les parties les plus menacées de se transformer en savane sont situées à la lisière sud de la forêt (dont une grande partie se trouve au Brésil), où le déboisement au profit du pâturage et de la culture de soja affaiblit déjà la résistance de la forêt depuis des années.

Mais les conséquences de ces épisodes de sécheresse ne se cantonnent pas uniquement à cette zone

Car même si une période de sécheresse n'affecte qu'une région spécifique de la forêt, ses effets néfastes s'étendent au-delà de cette région.

"Comme le manque de pluie diminue fortement le volume de recyclage de l'eau, il y aura également moins de précipitations dans les régions voisines, ce qui soumettra encore plus de parties de la forêt à un stress important", précise l'étude.

"Il est encore possible d’agir"

Les résultats de cette étude s'appuient sur les prévisions des experts du climat, notamment celles du GIEC, selon lesquelles les événements climatiques extrêmes (sécheresses, canicules, incendies, inondations) risquent de s'intensifier dans les années à venir si la planète continue de se réchauffer et que nous n’inversons pas la tendance climatique.

"Nous constatons que même les parties de la forêt amazonienne adaptées à la saison sèche ne survivront pas nécessairement à une nouvelle normalité climatique et le risque de basculer dans la savane ou l'absence totale d'arbres est élevé. Les conséquences pour la biodiversité seraient désastreuses mais il en va de même pour le climat local, régional et mondial", alerte Boris Sakschewski, co-auteur de l’étude et chercheur à l'Institut de Potsdam.

"Il est encore possible d’agir", pondère toutefois Ricarda Winkelmann, qui a elle aussi participé à l’étude. "Nous pouvons encore faire beaucoup pour essayer de stabiliser l’Amazonie (…) Et nous savons comment y parvenir : en protégeant la forêt tropicale de l'exploitation forestière et en réduisant rapidement les émissions de gaz à effet de serre", martèle-t-elle.

Sur le même sujet

Colombie : le nouveau président Petro demande la création d’un fonds international pour préserver l’Amazonie

Environnement

En 2021, l'Amazonie a perdu en moyenne 18 arbres par seconde

Monde Amérique du Sud

Articles recommandés pour vous