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Le marché aux bestiaux de Ciney boit le bouillon

Les ventes ont plongé cette année au plus grand marché aux bestiaux de Belgique
08 déc. 2020 à 08:02Temps de lecture2 min
Par François Louis

Le marché aux bestiaux de Ciney descendra sous la barre des 100.000 bêtes vendues cette année. L’impact du covid est relativement facile à mesurer. "L’année dernière à la même époque, on atteignait 102.000 bêtes vendues, explique Gaëtan Gérard, échevin de la commune de Ciney en charge du marché couvert. Actuellement, nous sommes à 86.000. C’est une perte d’environ 15%."

Certes, le marché est resté ouvert pendant les deux confinements, mais dans des conditions assez restrictives qui ont dissuadé beaucoup de marchands. La police, notamment, veillait au grain pour s’assurer que les conditions de distanciation sociale étaient bien respectées. Le premier vendredi sous confinement, en mars dernier, à peine 650 bêtes ont transité par le marché namurois, alors que la moyenne des semaines précédentes tournait autour de 2500.

Le Covid, l’Afsca, Gaïa…

On peut parler d’une année noire pour le marché de Ciney, qui a d’abord subi une grosse pression de la part de l’Agence fédérale de sécurité alimentaire. L’Afsca menaçait de fermer le plus grand marché bovin de Belgique en raison d’infractions aux normes sanitaires : propreté douteuse de certaines bétaillères, animaux sans boucle d’oreille, etc.

Cet été, l’association Gaïa réclamait à son tour la fermeture du marché en raison de mauvais traitements sur les animaux, images à l’appui; tout en reconnaissant que la situation s’était tout de même sensiblement améliorée ces dernières années.

Pour le marché aux bestiaux, cela dit, les difficultés ne datent pas de cette année. "A l’apogée du marché, au milieu des années 90, 4000 bêtes transitaient chaque semaine par Ciney, explique Benoît Cassart, secrétaire général de la Fédération du commerce de bétail et de viande. On pouvait grimper jusqu’à 200.000 ventes par an."

Le cheptel bovin réduit de 30%

Plusieurs facteurs expliquent cette baisse structurelle, à commencer par la diminution du cheptel bovin en Belgique. "Il est passé de 3,3 millions à 2,2 millions de têtes, évalue Benoît Cassart. Le nombre d’éleveurs diminue, donc forcément le volume des ventes de bétail aussi. D’autre part, les exploitations sont de plus en plus grosses et un nombre croissant d’éleveurs wallons engraissent eux-mêmes leurs bêtes. Alors qu’avant ils les vendaient à des engraisseurs, souvent en Flandre, via justement le marché de Ciney."

La baisse de consommation de viande en Belgique n’est pas non plus de nature à relancer le commerce de viande bovine : selon les statistiques de Statbel, elle a baissé d’environ 25% depuis 2005.

 

 

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