Exposition - Musées

​​​​​​​Le Musée des Beaux-Arts d’Anvers se jette dans le 21e siècle

© Karin Borghouts

07 sept. 2022 à 19:10Temps de lecture3 min
Par Koen Mortelmans (correspondant flamand)

Le samedi 24 septembre, le Musée Royal des Beaux-Arts d’Anvers (KMSKA) rouvrira enfin au grand public. En raison d’importants travaux de rénovation et d’extension, il est resté fermé pendant plus de dix ans.

Le bâtiment, au style fortement classiciste, a été construit en 1890, alors que le quartier environnant était également tout neuf. Mais malgré sa collection de classe mondiale, le KMSKA n’avait pratiquement pas de visibilité à la fin du XXe siècle. Car sa direction accordait peu d’attention au public et le musée anversois était principalement devenu une salle de loisirs pour les spécialistes.

Cela a maintenant complètement changé, et le visiteur est au centre du nouveau concept. De cette façon, le KMSKA s’inscrit dans les tendances actuelles dans le secteur muséal. Et cette nouvelle politique fonctionne : les billets partent comme des petits pains. Aujourd’hui, le KMSKA accueille jusqu’à 5.500 visiteurs par jour, avec un temps de visite moyen d’une heure et demie.

Les travaux de rénovation réalisés s’inscrivent dans un plan reprenant l’ensemble du site, y compris le jardin. Ce plan repose sur le respect maximal du bâtiment muséal protégé et de son extension, adaptée aux normes muséales contemporaines.

 

 

 

© Karin Borghouts

Accents wallons

La pollution avait donné aux façades un aspect monotone et gris. Mais la restauration du bâtiment rend à nouveau visible la diversité des pierres naturelles utilisées.

Outre la pierre d’Euville, de nombreuses variétés de pierres wallonnes composent la façade : de la pierre bleue du Hainaut au calcaire du Vinalmont, en passant par les pierres du Merlemont et le Gobertin. Tous ces matériaux étaient très populaires à l’époque.

À l’intérieur du bâtiment, les salles historiques du musée ont retrouvé leurs couleurs profondes d’origine. Les boiseries et les plafonds ont été restaurés avec des matériaux et des techniques traditionnelles.

Chefs-d’œuvre

Le KMSKA gère une importante collection d’art visuel des Pays-Bas méridionaux du XIVe au XXe siècle. On y retrouve du baroque anversois et la plus grande collection au monde de James Ensor et Rik Wouters. Environ 39% de la collection du musée provient de dons.

Le donateur le plus important est l’ancien bourgmestre Florent van Ertborn (1784-1840). À son époque, le baroque, avec Pierre-Paul Rubens en tête d’affiche, était très populaire. Le bourgmestre avait déjà regardé plus loin et a constitué une collection de 106 œuvres alors moins populaires de la fin du Moyen Âge. Il visait des œuvres innovantes à l’époque de leur création. C’est pourquoi vous pouvez voir plusieurs de ces œuvres non seulement à Anvers, mais aussi dans chaque étude décente de l’histoire de l’art occidental. La carte de visite absolue pour les goûts d’aujourd’hui est la Madone de Fouquet. Pendant les années de fermeture, de nombreuses pièces ont été prêtées dans le monde entier. Cela a renforcé l’image internationale du musée d’Anvers.

Grâce à l’agrandissement, le musée peut non seulement exposer beaucoup plus d’objets, mais il ne souffre plus non plus d’un manque d’espace pour stocker les vastes réserves. À cela s’ajoutent de nombreuses œuvres d’époques moins en vogue ces dernières années, comme la peinture française de la première moitié du XIXe siècle.

La Madonne de Fouquet est une des pièces phares de la collection du musée.
La Madonne de Fouquet est une des pièces phares de la collection du musée. © KMSKA

Extension

À l’extérieur, On ne remarque pas beaucoup l’expansion. Une structure métallique complexe a été érigée dans les anciennes cours. Ce nouveau volume offre un tiers de superficie supplémentaire et une expérience contemporaine, baignée de lumière. De nouvelles salles ont été installées de manière très intelligente.

Vivre

Après les heures d’ouverture du musée, le grand café Madonna, réparti sur deux étages, se transforme en concept de 'cuisine raffinée.' Il y a bien sûr aussi une boutique de musée spacieuse, avec un coin café séparé. Grâce à de nombreuses interventions acoustiques, le musée propose désormais une expérience musicale du XXIe siècle. Le nouvel ascenseur peut transporter des panneaux de 5 x 5 mètres. Cela augmente la flexibilité des futures expositions. Dans le passé, le KMSKA s’est heurté à un refus lorsqu’il demandait des œuvres en prêt. Désormais, il répond aux exigences les plus élevées en matière de climat intérieur, ce qui lui permet d’exposer des pièces du monde entier dans des conditions idéales.

Humour

Le renouvellement ne se limite pas aux aspects architecturaux et techniques. Sur le plan organisationnel, rien n’a été laissé au hasard. Par exemple, après évaluation sur un large public test, la visite audio a été convertie en deux parties d’une heure. Et aujourd’hui, on peut aussi rire dans un musée d’art : par exemple, un tableau avec des portraits d’ivrognes est accroché de travers.

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