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Le Parlement européen n'exclut pas tout raclage de fonds marins en zones protégées

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04 mai 2022 à 10:03Temps de lecture2 min
Par Belga

Une bataille d'amendements cette semaine au Parlement européen a abouti au vote d'un rapport sur "l'économie bleue durable" qui n'exclut pas tout raclage des fonds marins en zones protégées, au grand dam des défenseurs de l'environnement, mais au soulagement des pêcheurs qui, comme en Mer du Nord, recourent à la technique du chalutage à perche.

L'interdiction du chalutage à perche va trop loin

En commission parlementaire, une courte majorité (une voix d'écart) s'était dégagée pour demander une interdiction du chalutage de fond dans l'ensemble des Aires marines protégées européennes. Le Fonds européen pour les affaires maritimes et la pêche (FEAMP) aurait été appelé à la rescousse pour "accompagner utilement la transition des flottes de pêche de l'Union vers des techniques de pêche plus sélectives et moins néfastes".

Le secteur de la pêche s'est alarmé de cette perspective, notamment en Belgique, où une bonne partie de la flotte flamande recourt à la technique du chalutage à perche, qui racle le fond marin avec des filets lestés pour capturer, essentiellement, la plie, la sole et la crevette.

"Le Parlement européen partage l'objectif de la Commission européenne de mettre en place une économie bleue durable, mais l'interdiction du chalutage à perche va trop loin", aux yeux de l'eurodéputé Tom Vandekendelaere (CD&V, PPE). "Une interdiction totale aurait des conséquences catastrophiques pour la flotte de pêche en Flandre, et ignorerait tout le travail d'innovation fourni par l'Institut flamand pour la Pêche (ILVO)".

Un amendement qui passe tout juste

En plénière, c'est finalement un amendement porté par les conservateurs (PPE) et les libéraux (RE) qui l'a emporté de peu (319 pour, 280 contre et 35 abstentions). Le texte ne parle plus d'interdire le chalutage de fond dans toutes les zones protégées, mais les "techniques néfastes" dans les zones marines "strictement protégées", et "sur la base des meilleurs avis scientifiques disponibles".

L'activiste belge pour le climat Adélaïde Charlier s'en est indignée. "Le Parlement européen vient de voter contre un amendement qui allait interdire des méthodes de pêche destructrices dans les Aires marines protégées. C'est inacceptable de ne pas réaliser l'importance de la biodiversité des océans", a-t-elle tweeté. 

Pour le Français Pascal Canfin, ex-eurodéputé Vert passé dans les rangs de Renew Europe, une interdiction totale "pose des problèmes économiques à certains pêcheurs et certains territoires." Il fait aussi observer que certaines aires protégées le sont pour les oiseaux, ce qui peut rendre difficilement compréhensible l'interdiction d'une pratique de pêche qui n'a rien à voir avec la protection des oiseaux. Selon lui, l'amendement finalement adopté conserve un message de protection de la partie la plus sanctuarisée des aires marines, mais il ne va pas assez loin dans la protection des écosystèmes, car il ne couvre que 1% des aires marines européennes.

 

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