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Le parlement français adopte des mesures en faveur du pouvoir d'achat

Le ministre français de l'Économie et des Finances, Bruno Le Maire, prononce un discours lors d'une conférence de presse après avoir participé à la réunion hebdomadaire du cabinet au palais présidentiel de l'Élysée, à Paris, le 29 juillet 2022.

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04 août 2022 à 17:33Temps de lecture3 min
Par Belga

C'est la conclusion de trois semaines de débats acharnés et de compromis entre le gouvernement français et la droite: le Parlement a adopté définitivement jeudi le second volet du paquet de mesures en faveur du pouvoir d'achat, avant une pause estivale pour députés et sénateurs.

Pour le ministre de l'Economie, Bruno Le Maire, c'est "une victoire politique" et "la démonstration que nous avançons"... mais parfois dans la douleur.

Le pouvoir d'achat était un sujet clé de la campagne présidentielle et a constitué le premier gros morceau du second mandat du président Emmanuel Macron, en forme de test pour la "nouvelle méthode" de l'exécutif, privé de majorité absolue au Palais Bourbon et qui s'est tourné vers la droite pour faire l'appoint des voix. 

Après un premier volet validé mercredi comprenant 20 milliards d'euros de dépenses, c'était au tour du projet de budget rectifié pour 2022 et son nouveau lot de mesures face à l'inflation d'être soumis au vote ultime. L'Assemblée nationale (la chambre basse) l'a approuvé par 292 voix pour, 120 contre et 98 abstentions.

La gauche a voté contre

Outre la majorité, la plupart des députés LR (droite) se sont prononcés pour, en se proclamant "la seule opposition utile aux Français". 

Les élus RN (extrême droite) se sont abstenus, arguant ne pas vouloir "entraver" les quelques "avancées" portées.  

La gauche, qui va déposer un recours au Conseil constitutionnel, a voté contre, après un baroud d'honneur des socialistes via une ultime motion de rejet contre les "miettes" proposées.  

En référence à l'abolition des privilèges lors de la nuit du 4 août 1789 (après la Révolution), la patronne du groupe LFI (gauche radicale), Mathilde Panot, a dénoncé en cette date anniversaire la "régénérescence d'une société de castes".

Au cours de cette dernière séance à nouveau houleuse au Palais Bourbon, le ministre des Comptes publics, Gabriel Attal, a lui critiqué une "dérive malheureuse d'une certaine gauche passée à l'extrême", qui "a le bruit pour méthode et l'enfer fiscal pour projet".

Ensuite au Sénat dominé par la droite, a voté dans une atmosphère plus posée, le projet de budget rectifié a été voté par 233 voix contre 97. 

Pas de taxe sur les "superprofits"

Le projet de loi ouvre 44 milliards d'euros de crédits, dont 9,7 pour financer la renationalisation à 100% d'EDF. Sont programmées la revalorisation du point d'indice des fonctionnaires, la suppression de la redevance audiovisuelle, la poursuite du bouclier tarifaire sur l'énergie et de la remise carburant à 30 centimes le litre en septembre-octobre puis 10 en novembre-décembre. Quelque 500 millions d'euros de dépenses ont été ajoutés au cours des débats.

Mais il n'y aura pas de taxe sur les "superprofits" des grands groupes, comme réclamé à gauche, à l'extrême droite et par certains centristes. M. e Maire a martelé son opposition au "réflexe pavlovien de la taxe". 

L'idée d'une supertaxe, déjà appliquée en Grande-Bretagne ou en Italie, et réclamée par le secrétaire général de l'ONU, Antonio Guterres, avait été relancée par le bénéfice net engrangé par TotalEnergies au deuxième trimestre, plus que doublé, à 5,7 milliards de dollars. Le débat devrait ressurgir à l'automne.

Le premier volet en faveur du pouvoir d'achat, qui avait obtenu le feu vert du Parlement mercredi, inclut lui le triplement du plafond de la prime Macron pouvant être versée par les employeurs, l'augmentation de 4% des retraites et de plusieurs allocations, ainsi que la "déconjugalisation" de l'allocation adultes handicapés - ajoutée dans un rare moment de consensus à l'Assemblée.

"C'est le quotidien de nombreux concitoyens qui va être amélioré", a applaudi M.  Macron. La Première ministre Elisabeth Borne, qui a tweeté avant même le vote définitif, s'est félicitée, dans une déclaration transmise à l'AFP d'avoir, "prouvé que le compromis, demandé par les Français, était possible et accessible".

Ces derniers scrutins jeudi marquent la pause des travaux jusqu'à la rentrée. Il n'y aura pas de session extraordinaire en septembre pour la première fois depuis vingt ans, illustration de la volonté de mieux préparer les textes en amont.

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