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Belgique

Le personnel des centres PMS manifeste pour demander un refinancement structurel

Environ 350 membres du personnel des centres PMS ont manifesté devant le cabinet de la ministre de l’Education
02 juin 2022 à 09:25Temps de lecture2 min
Par Alain Lechien avec Aline Goncalves

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Les centres PMS dans la tourmente

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Les centres psycho-médico-sociaux (PMS) présents en Fédération Wallonie-Bruxelles mènent une action ce jeudi pour exprimer leur inquiétude car ils auront moins de personnel dès la fin du mois. Interrogée sur La Première, Virginie Drèze, directrice du centre PMS de Braine-l’Alleud, précise que les centres PMS "travaillent au bénéfice du bien-être des élèves. Alors, quand on parle de bien-être, on parle de bien-être pédagogique, social, psychologique, développemental, etc. Donc, ce sont des missions assez larges. Les équipes d’un centre PMS comprennent des psychologues, des assistantes sociales, des infirmières et des logopèdes".

Selon elle "les problèmes dus au confinement et à la crise sanitaire apparaissent réellement maintenant. Je pense que les enfants devaient revenir à l’école et ont mesuré les difficultés de rentrer à l’école. Pour certains, ils ont trouvé un épanouissement dans le confinement. Pour d’autres, c’est plus difficile de revenir à l’école. Et l’échec scolaire est bien là et il s’est d’ailleurs accru pendant cette période de confinement. Donc, il y a vraiment un énorme malaise".

"Cela fait 12 ans que je travaille en centre PMS, et nous avons affaire à des jeunes qui font une tentative de suicide dans l’enseignement primaire. On a des élèves qui sont en décrochage scolaire alors qu’ils sont en situation de réussite scolaire. C’est du jamais vu. Et on a vraiment une détérioration de la santé mentale et on a des services de deuxième ligne qui sont saturés", poursuit-elle. "Quand un élève ne va pas bien à l’école et qu’il ne peut pas être pris en charge, nous sommes évidemment les seuls présents pour pouvoir aider cet élève. On sait déjà qu’être en échec scolaire, c’est une source de malaise pour l’élève lui-même, mais également pour sa famille, mais quand en plus ce problème n’est pas le seul et qu’il n’y a pas de service de deuxième ligne pour prendre en charge et que nous sommes les seuls dans l’école pour pouvoir le gérer avec les professeurs, effectivement, on essaye de prendre en charge un maximum possible, mais nous n’y arrivons plus".

Il y a eu 150 emplois créés de façon temporaire pour venir renforcer les équipes des centres PMS, ces emplois vont disparaître à la fin de l’année scolaire. "Ce qu’on demande, c’est un refinancement structurel des centres PMS et, au moins a minima, de pouvoir garder ces renforts toute l’année scolaire prochaine pour justement faire face à ces demandes et ne pas être dans l’obligation de faire des choix".

Les centres PMS seront amenés à faire un tri entre les élèves qui bénéficieront d’un soutien. "Et comment choisir ? Comment choisir entre un jeune qui est en décrochage scolaire, un jeune qui a fait une tentative de suicide, un autre qui dit qu’il veut se faire du mal et qui ne veut plus venir à l’école ? Comment faire ?"

Le personnel manifeste a manifesté ce jeudi devant le cabinet de la ministre de l’Education : "On manifeste avec un énorme sac à dos qui va représenter la charge de travail qui repose sur nos épaules, un sac à dos rempli du mal-être des élèves, et nous allons déposer ce sac à dos à la ministre".

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