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Le Premier ministre a convoqué patrons et syndicats pour faire aboutir l'accord interprofessionnel... en vain

Le Premier ministre convoque patrons et syndicats faire aboutir l’accord interprofessionnel avant le 1er mai
29 avr. 2021 à 19:21 - mise à jour 29 avr. 2021 à 21:05Temps de lecture2 min
Par M.F. et M-P.J.

Ce 29 avril, le Premier ministre Alexander De Croo a fait une nouvelle tentative pour accélérer le tempo et tenter de décrocher un accord interprofessionnel. Il a convoqué, avec le ministre de l’Emploi, Pierre-Yves Dermagne (PS), dès la fin d’après midi les fédérations d’employeurs et les organisations syndicales qui constituent le groupe des dix.

La rencontre s’est déroulée dans une atmosphère "ouverte et constructive", selon un communiqué de presse de Alexander De Croo, parvenu à la presse vers 20h30 alors que la réunion s’achevait. "Il a été convenu que les partenaires sociaux soumettront au gouvernement, au plus tard demain, un agenda sur le déroulement du dialogue social dans les semaines à venir", indique-t-il.

Les acteurs du travail de Belgique s’étaient quittés cette semaine sur un constat d’échec. Le chef du gouvernement fédéral et le ministre de l’Emploi ont donc tenté de jouer une dernière carte avant la date butoir du 1er mai que les dirigeants avaient donné aux différentes parties pour trouver un accord. Cette date pourrait donc repoussée même si on ne sait, pour l'heure, pas si l'accord interprofessionnel figurera au menu de cet agenda ou s'il ne reprendra que d'autres dossiers.

C'est en tout cas ce qu'a laissé entendre Marc Leemans, président de l'ACV, la branche anversoise du syndicat chrétien, ce 29 avril. "Le gouvernement fédéral lui-même devra décider de l'avantage salarial dans les entreprises privées, les positions des partenaires sociaux eux-mêmes étant trop éloignées. Les syndicats et les employeurs continueront de négocier sur d'autres sujets", a-t-il déclaré au micro de la VRT à l'issue de la réunion.

Les augmentations de salaires désirées par les syndicats semblent donc un objectif inatteignable dans le chef du patronat et cette discorde rend pratiquement impossible une reprise des négociations entre les différentes parties autour de la table, le fossé s'étant fait trop profond au fil des semaines précédentes. Le Premier ministre fera rapport au conseil des ministres restreint ce jeudi matin de l’état d’avancement des discussions et pourrait bien devoir acter l'échec d'un quelconque accord et reprendre le dossier à la charge du gouvernement.

Contenter tout le monde

Le Premier ministre et Pierre Yves Dermagne l’ont à nouveau affirmé cet après-midi devant les députés : ils espèrent encore qu’employeurs et syndicats trouvent un terrain d’entente. Alexander De Croo a plaidé ce 29 juin en faveur d’une note envoyée par le ministre de l’emploi le 13 mars dernier, aux partenaires sociaux et cadrant ces négociations. Son but ? Mettre fin à la cacophonie sur les réseaux sociaux et dans les médias qui a surgi au sein de sa majorité.


►►► À lire aussi : Marge salariale de 0,4% : la tension monte au sein du gouvernement fédéral


Comme le ministre de l’Emploi, il s’est exprimé en faveur d’un accord équilibré qui préserve à la fois les entreprises malmenées par la crise, mais qui laisse aussi une marge pour les travailleurs des entreprises qui s’en sortent, au-delà donc de la norme qui limite les augmentations salariales à 0,4% sur deux ans. Un accord entre employeurs et syndicats tirerait une sérieuse épine dans le pied de la majorité, il éviterait en tout cas de difficiles et périlleuses discussions entre les partenaires du gouvernement fédéral.

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