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Le premier personnage jouable noir et gay de League of Legends censuré

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K’Santé, c’est le nom du nouveau personnage du célèbre jeu en ligne League of Legends, promu avec fierté à grand renfort de clips et teasers incluant notammenLil Nas X qui a d’ailleurs participé à son design – le rappeur a également composé l’hymne des derniers championnats du monde du jeu vidéo. Ce personnage - ce "champion" comme ils sont nommés dans le jeu - est noir et gay, une première dans l’histoire de LoL. Son profil évoque d’ailleurs son ancienne romance avec "un partenaire".

Ce genre de détail ne semble pas au goût de certains pays dans lesquels le jeu est implanté. Riot Games, l’éditeur de League of Legends a admis que certaines caractéristiques pourront être modifiées selon "la culture locale". Le producteur exécutif a confié à Sky News son souhait de voir "chaque personne qui joue à League of Legends trouver un champion qui lui fait écho." Il poursuit néanmoins : "chaque région peut localiser et publier cette histoire en fonction de ce qu’ils estiment le mieux pour les joueurs. Chaque région peut publier différemment certains aspects du jeu pour mieux s’adapter à la culture locale". En résumé : le personnage pourra être censuré et son récit modifié, dans les pays où l’homosexualité n’est pas tolérée.

Cette décision semble contradictoire avec le discours du directeur de la narration de League of Legends qui explique dans les colonnes du Washington Post, l’importance de décrire une "vraie relation sentimentale" entre K’Santé et Tope, son partenaire : "Je voulais m’assurer que Tope n’existe pas seulement en tant qu’idée, que nous allions le décrire dans un récit et visuellement, bien qu’il ne soit pas un personnage jouable. Je voulais que nous fassions notre possible pour que ces deux personnes existent dans le temps et que leur relation signifie quelque chose".

La censure est en tout cas dénoncée par certains joueurs, tels que le streamer et militant LGBTQIA + Ben Austwick qui a déclaré être "triste mais pas surpris." Il ajoute : "Les jeux vidéo font partie de la culture et devraient être au premier plan pour repousser les limites, en particulier dans les endroits où l’oppression LGBT + sévit." Il conclue, amer, cela "prouve qu’il n’y a rien de plus important que de gagner le plus d’argent."

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