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Cinéma

Le président du festival de Cannes Pierre Lescure sur le cinéma belge : "Ce sont des films en prise directe avec la vie réelle"

L'invité de Matin Première

Interview de Pierre Lescure, le président du festival de Cannes

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27 mai 2022 à 07:22 - mise à jour 29 mai 2022 à 08:45Temps de lecture2 min
Par Alice Dulczewski sur base d'une interview d'Hugues Dayez

La 75e édition du festival de Cannes s'est terminée ce samedi soir avec un carton plein pour le cinéma belge. Avant de connaître cette belle moisson, le président du festival de Cannes, Pierre Lescure, insistait sur le caractère novateur du cinéma belge, sur l'antenne de la Première.

"Une de mes grandes satisfactions c’est la qualité générale des films en compétition", déclare Pierre Lescure. "Les critiques français, qui sont les champions du monde de la critique, considèrent que tous les films sont intéressants, même s’ils en préfèrent plus que d’autres. Il n’y a pas de film rejeté", explique-t-il.

Les Dardenne nous surprennent

Cette année, sur les 21 films en compétition il y a trois films belges. Comment expliquer ce petit miracle ? "Singulièrement depuis 15 ans, le cinéma belge a amené au festival de Cannes de la novation", explique le président du festival. "Ce sont des films qui vont au cœur de la société avec une prise directe de la vie réelle. Cette année, il y a une conjonction de trois films et tant mieux".'

Quasi 'abonnés' à Cannes, les frères Dardenne y présentent encore un nouveau film cette année. "Les Dardenne nous surprennent", dit Pierre Lescure. "Leur proposition cette année est au cœur des problématiques de vie quotidienne face à tout ce qu’il se passe. Et ils le traitent avec cette humanité qui n’appartient qu’à eux".

Un des questionnements qu’on peut cependant avoir, c’est le fait de déterminer si la date de Cannes tombe encore vraiment bien au mois de mai. On sait en effet que les films d’auteur américains privilégient l’automne, donc le festival de Toronto et de Venise. Le mois de mai serait-il devenu un handicap pour Cannes ? Est-ce une date trop éloignée des Oscars ? "Je pense à la limite le contraire", répond Pierre Lescure, qui avoue : "Ça a été un questionnement il y a 3-4 ans. Ca aurait pu devenir un handicap parce que la question se posait souvent. Mais on voit depuis le film Parasite que la résonnance de Cannes est largement aussi importante qu’une résonnance d’autonome. La mondialisation fait que ce lancement de Cannes demeure et perdure. Il n’y a plus de pénalisation de calendrier. "

Et les films de plateforme ?

Autre gros dossier : la présence de films de plateforme, comme Netflix. Contrairement à Cannes, le festival de Venise accepte en effet volontiers des films de plateforme, comme par exemple The Power of the Dog. Ce dossier peut-il encore évoluer à Cannes ? "Oui", selon le président du festival, "mais pas à n’importe quelle condition".

Il ajoute : "Je crois que chaque saison qui passe va nous rapprocher de conditions communes entre les plateformes et nous. Cette année, le conseil d’administration n’a pas souhaité qu’on invite quelques films de plateforme. Nous, nos conditions c’est que, au minimum, si un film de plateforme est sélectionné et s’il obtient un prix, il doit avoir une exposition en salle." Selon Pierre Lescure, "ça viendra" parce qu'"il y a des séries formidables sur les plateformes, mais les films qui sortent sur les plateformes restent moins dans l’histoire du cinéma parce qu’ils ont moins de rayonnement et de résonance."

Par ailleurs, continue Pierre Lescure, "les plateformes commencent à connaître une banalisation de leurs propositions parce qu’on ne fait pas la Casa de Papel tous les jours." Selon lui, "les plateformes vont devoir faire évoluer leur modèle. Netflix parle déjà de faire de la pub."

Enfin, conclut Pierre Lescure à la veille de la clôture, "ma fierté c’est qu’on a aujourd’hui autant de festivaliers qu’en 2019, c’est dire la vigueur, le dynamisme de cette industrie créatrice qu’est le cinéma."

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