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Le prince héritier saoudien en Grèce puis en France, sa première visite en Europe depuis l'affaire Khashoggi

Le prince héritier saoudien Mohammed ben Salmane, à Jeddah, en Arabie saoudite, le 16 juillet 2022 (photo fournie par le palais royal)

© Bandar AL-JALOUD

26 juil. 2022 à 16:10Temps de lecture2 min
Par AFP, édité par Maud Wilquin

Le prince héritier saoudien, Mohammed ben Salmane, débutera mardi sa première visite dans l'Union européenne depuis l'assassinat du journaliste Jamal Khashoggi, se rendant en Grèce puis en France, selon l'agence officielle du royaume.

Mohammed ben Salmane, dit MBS, rencontrera "les dirigeants de la Grèce et de la France pour évoquer les relations bilatérales et les moyens de les renforcer dans différents domaines", a indiqué l'agence SPA en citant un communiqué de la cour royale.

Cette visite intervient moins de deux semaines après celle du président américain, Joe Biden, en Arabie saoudite, qui a consacré le retour du prince héritier sur la scène internationale, dans un contexte de guerre en Ukraine et de flambée des prix de l'énergie.

Dirigeant de facto du royaume, Mohammed ben Salmane avait été ostracisé par les pays occidentaux, après le meurtre en 2018 du journaliste saoudien critique Jamal Khashoggi au consulat de son pays à Istanbul.

Les services de renseignement américains ont pointé la responsabilité de Mohammed ben Salmane, envenimant les relations entre Ryad et Washington.

Le "fist bump", salut poing contre poing, échangé entre les deux hommes à Jeddah lors de la visite de Joe Biden a scellé le retour du président américain sur sa promesse de campagne de traiter le royaume en "paria", en raison de l'affaire Khashoggi et de ses violations des droits humains.

La visite du prince héritier en Europe est également "hautement symbolique" après cette période d'isolement, a commenté Kristian Coates Ulrichsen, chargé de recherche au Baker Institute de l'université Rice.

Bien qu'il n'y ait pas eu officiellement de position coordonnée contre MBS, "le fait est qu'il n'a visité aucun pays européen ou nord-américain" depuis 2018, a-t-il ajouté.

Le fils du roi Salmane a reçu récemment un coup de pouce du président turc Recep Tayyip Erdogan, qui s'est rendu en Arabie saoudite en avril, puis a accueilli Mohammed ben Salmane à Ankara en juin.

Recep Tayyip Erdogan avait suscité la colère de la monarchie en ouvrant une enquête sur l'affaire Khashoggi et en fuitant les détails macabres du meurtre aux médias.

Avec le resserrement des liens, le procès par contumace de 26 suspects saoudiens a été abandonné en Turquie et l'affaire transférée à Ryad en avril.

Focus sur le pétrole

Depuis le début de l'invasion de l'Ukraine par la Russie le 24 février, les pays occidentaux cherchent à convaincre l'Arabie saoudite, premier exportateur de brut, à ouvrir les vannes afin de soulager les marchés.

La hausse des prix du pétrole alimente notamment l'inflation aux Etats-Unis, qui a atteint des sommets inégalés depuis 40 ans, mettant sous pression l'administration Biden avant les élections de mi-mandat cette année.

Ryad résiste toutefois aux pressions de ces alliés, en invoquant son engagement vis-à-vis de l'Organisation des pays exportateurs de pétrole (OPEP+), l'alliance pétrolière qu'il codirige avec Moscou.

En mai, le ministre saoudien des Affaires étrangères, le prince Faiçal ben Farhan al-Saoud, avait déclaré que le royaume avait fait ce qu'il pouvait pour le marché pétrolier.

La semaine dernière, le président français Emmanuel Macron a reçu à Paris le nouveau président des Emirats arabes unis, Mohammed ben Zayed al-Nahyane.

Les deux pays ont signé à cette occasion un "accord de partenariat stratégique global sur la coopération énergétique".

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