Politique

Le prix du diesel à la hausse de 0,174€, au niveau d’avant les mesures du gouvernement. Pourquoi ?

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24 mars 2022 à 13:49 - mise à jour 24 mars 2022 à 15:08Temps de lecture5 min
Par Jean-François Noulet, avec L. Henrard et T.D. Quach

Le prix du diesel à la pompe est reparti à la hausse. Ce jeudi, le prix au litre a augmenté de 17,4 cents. Samedi dernier, il diminuait de 17,5 cents suite aux mesures de réduction des accises prises par le gouvernement pour aider les consommateurs à faire face à l’augmentation des prix de l’énergie. Le répit aura été de courte durée. Que se passe-t-il ?

La faute au prix du baril de brut

L’explication de l’augmentation des prix à la pompe est à aller chercher du côté des marchés. "C’est justifié par les augmentations faramineuses des cotations sur les marchés internationaux, principalement sur les marchés des produits finis à Rotterdam", explique Olivier Neirynck, directeur technique de Brafco, la fédération des négociants en carburants.

L’augmentation des prix des produits finis s’explique, elle, par des fluctuations importantes du prix du baril de brut. Le cours du baril de Brent, le pétrole brut de la mer du Nord, joue actuellement au yoyo. "On a eu d’énormes fluctuations sur les prix du baril. Si on regarde les prix du Bret, dans les jours qui ont suivi l’invasion de l’Ukraine, on a eu une hausse jusqu’à 139 dollars le baril, au plus haut en cours de séance. La semaine passée, on a vu les prix redescendre assez fort. Mercredi passé, on est même passé en dessous de 100 dollars le baril. Les prix ont ensuite remonté. Aujourd’hui, on est à 121 dollars", explique Xavier Timmermans, expert des marchés pétroliers chez BNP-Paribas-Fortis.

Qui plus est, les cours du Brut varient énormément au cours d’une journée. "Hier, le plus bas était de 114,45 dollars, le plus haut de 122,34. Il y a quasiment 8 dollars sur la journée d’écart entre le plus haut et le plus bas. C’est absolument rare, du jamais vu", s’étonne Xavier Timmermans. Et ce phénomène s’observe régulièrement ces dernières semaines.

Des fluctuations qui sont le reflet d’incertitudes. "Parce qu’il y a des discussions au sein de l’Union européenne pour prendre des sanctions qui, cette fois affecteraient les exportations de gaz et de pétrole de la Russie", précise Xavier Timmermans. Alors que les sanctions européennes n’ont, jusqu’à présent, pas empêché le gaz et le pétrole russe d’approvisionner l’Europe. Les marchés financiers sont donc fébriles à l’idée que de telles sanctions puissent être prises. "On sait que certains pays, notamment l’Allemagne et la Hongrie y sont opposés. On a vu que, chaque fois que l’Allemagne et la Hongrie réitéraient cette opposition, les prix du pétrole ont rebaissé", ajoute Xavier Timmermans. "Aujourd’hui, le Brent est à 121 dollars le baril. On estime la valeur correcte entre 85 et 90 dollars", évalue Xavier Timmermans.

Il faudra donc voir ce que l’Europe décidera. "Si les sanctions ne touchent pas l’énergie, il est probable que les prix se dégonflent", estime Xavier Timmermans. Pour lui, des raisons existent d’espérer une baisse des prix du pétrole brut autour des 100 dollars le baril : une demande qui diminue à cause du pétrole cher, un accord sur le nucléaire en Iran qui permettrait à ce pays d’exporter son pétrole et la reprise des investissements américains dans le pétrole de schiste.

En revanche, si l’Europe se dirige vers des sanctions à l’égard du pétrole et du gaz russe, il faut s’attendre à aller vers prix plus élevés. Près d’un quart du pétrole consommé en Europe vient de Russie et est largement acheminé par pipeline. Si l’Europe devrait s’approvisionner ailleurs, les coûts de livraison, par bateau, seraient plus élevés.

Incertitudes à propos de nouvelles sanctions européennes vis-à-vis de la Russie

Des fluctuations qui sont le reflet d’incertitudes. "Parce qu’il y a des discussions au sein de l’Union européenne pour prendre des sanctions qui, cette fois affecteraient les exportations de gaz et de pétrole de la Russie", précise Xavier Timmermans. Alors que les sanctions européennes n’ont, jusqu’à présent, pas empêché le gaz et le pétrole russe d’approvisionner l’Europe. Les marchés financiers sont donc fébriles à l’idée que de telles sanctions puissent être prises. "On sait que certains pays, notamment l’Allemagne et la Hongrie y sont opposés. On a vu que, chaque fois que l’Allemagne et la Hongrie réitéraient cette opposition, les prix du pétrole ont rebaissé", ajoute Xavier Timmermans. "Aujourd’hui, le Brent est à 121 dollars le baril. On estime la valeur correcte entre 85 et 90 dollars", évalue Xavier Timmermans.

Il faudra donc voir ce que l’Europe décidera. "Si les sanctions ne touchent pas l’énergie, il est probable que les prix se dégonflent", estime Xavier Timmermans. Pour lui, des raisons existent d’espérer une baisse des prix du pétrole brut autour des 100 dollars le baril : une demande qui diminue à cause du pétrole cher, un accord sur le nucléaire en Iran qui permettrait à ce pays d’exporter son pétrole et la reprise des investissements américains dans le pétrole de schiste.

En revanche, si l’Europe se dirige vers des sanctions à l’égard du pétrole et du gaz russe, il faut s’attendre à aller vers prix plus élevés. Près d’un quart du pétrole consommé en Europe vient de Russie et est largement acheminé par pipeline. Si l’Europe devrait s’approvisionner ailleurs, les coûts de livraison, par bateau, seraient plus élevés.

Après la baisse des accises intervenue la semaine dernière, que pourrait encore faire le gouvernement ?

On l’a vu, la décision de diminuer les accises de 17,4 centimes, prise par le gouvernement la semaine dernière est aujourd’hui contrebalancée par une augmentation d’un montant quasi équivalent des prix à la pompe.

Est-ce à dire que cette baisse des accises qui avait fait repartir les prix en dessous des deux euros le litre n’a servi à rien ? "On a vraiment perdu tout le bénéfice de la mesure du ministre Van Peteghem (Finances) en un seul coup", constate Olivier Neirynck de Brafco. Mais, "sans la mesure prise par le gouvernement, le prix serait encore plus élevé", ajoute Xavier Timmermans.

A présent, le gouvernement ne disposerait plus de beaucoup de marge de manœuvre pour adoucir un peu le coût pour les automobilistes. "Il leur reste un chouïa d’intervention au niveau des accises pour arriver au plancher européen auquel on n’est pas encore arrivé", explique Olivier Neirynck de Brafco. L’Europe impose en effet un minimum d’accises sur les carburants, notamment le diesel. "C’est 359 euros au m3. On a encore une marge de 66 euros au m3. Mais même si on avait appliqué aujourd’hui cette diminution (des accises), on n’atteignait quand même la barre fatidique des 2 euros le litre", ajoute Olivier Neirynck.

Pour Olivier Neirynck, la piste d’un "prix plafond" comme celle suivie par la France n’est pas une solution. "S’il y a trop de prix plafond et que ce prix plafond est trop artificiel, les majors (compagnies pétrolières) ne vont plus vendre de produits et donc, on risque de se retrouver avec une pénurie", estime le responsable de Brafco. C’est donc le marché qui a la main…

Ajoutons à cela le fait que le dollar est aujourd’hui plus vigoureux que l’euro. Nous achetons le pétrole en dollars avec un euro plus faible. Cela aussi alourdit la facture pour les Européens.

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