Le procès de Jan Fabre pour harcèlement sexuel débute en l'absence de l'artiste

25 mars 2022 à 10:30Temps de lecture2 min
Par RTBFInfo avec Belga

Le procès de Jan Fabre a débuté vendredi matin devant le tribunal correctionnel d'Anvers en l'absence du prévenu. Le sculpteur et chorégraphe est poursuivi pour des cas de violences, d'intimidation et de harcèlement sexuel au sein de sa compagnie Troubleyn. Il est également prévenu pour atteinte à l'honneur d'une personne.

L'audience de ce vendredi est consacrée aux plaidoiries des parties civiles, constituées des victimes déclarées et de l'Institut pour l'égalité des femmes et des hommes, et au réquisitoire du ministère public.

Me Christine Mussche, qui représente l'ensemble des parties civiles, a débuté son allocution en rappelant comment l'affaire a débuté, en 2018. Jan Fabre a alors, selon les victimes déclarées, réagi "à tout le moins de façon déplorable" aux résultats d'une enquête menée par l'Université de Gand sur de potentielles violences sexuelles dans les secteurs culturel et médiatique, après la déferlante #MeToo. L'artiste avait alors déclaré qu'il n'y avait jamais eu de problèmes de la sorte dans son entreprise en 40 ans de carrière.

 

La recherche pointait que les secteurs culturel et médiatique étaient extrêmement vulnérables à des cas de harcèlement (sexuel) et d'abus de pouvoir, en raison notamment de la compétitivité qui y règne, de l'importance des contacts informels et de l'apparence physique, des relations de pouvoir et de l'influence de figures (dirigeantes) charismatiques. Au sein de ces secteurs, la danse apparaissait comme très vulnérable aux potentielles violences sexuelles. "Une zone grise subsiste entre ce qui est acceptable et inacceptable, les frontières peuvent être difficiles à voir mais dans cette affaire, ce n'est pas compliqué au vu du grand nombre de faits et de leur gravité", a plaidé Me Mussche.

L'avocate a aussi pointé la difficulté de dénoncer des comportements de harcèlement, sexuel ou non, dans ce secteur. "Les victimes refoulent ou nient souvent les faits", a-t-elle exposé. "Elles craignent les représailles car les faits sont difficiles à prouver physiquement et les cadres peuvent facilement riposter. Les procédures de sélection pour des rôles sont extrêmement informelles, il y a surtout du travail temporaire, en tant qu'indépendant... La crainte de dommages pour la carrière est réelle."

Le manque de points de confiance pour rapporter ce genre de violences est également un problème, a poursuivi Me Mussche. "La distance avec les personnes que l'on dénonce est souvent faible", a estimé l'avocate des parties civiles.

Vendredi prochain, le 1er avril, sera dédié à la plaidoirie de la défense. M. Fabre devrait en principe être présent cette fois et prendre la parole. Pour cette première journée d'audience, il est représenté par ses avocats.

Jan Fabre nie toutes les préventions à sa charge.

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