RTBFPasser au contenu
Rechercher

Economie

Le rebond du secteur de l’intérim se confirme ce début d’année

07 févr. 2022 à 10:38Temps de lecture2 min
Par Africa Gordillo

2021 a été une année difficile pour le secteur du travail intérimaire avec, tout d’abord, une chute de l’activité en début d’année, puis un rebond à partir du deuxième trimestre qui se confirme notamment chez l’un des principaux acteurs du marché, Adecco.

Adecco annonce en effet 11.500 offres d’emploi en janvier, c’est 35% de plus qu’il y a un an. Janvier est un mois "surprenant" pour Sonia Frey, la porte-parole d’Adecco Belgique-Luxembourg qui poursuit : "Nous avons énormément de volume et de vacances d’emploi qui sont arrivés chez nous, donc on remarque clairement une tension sur le marché de l’emploi aujourd’hui, avec beaucoup de métiers en pénurie et beaucoup de sociétés qui sont vraiment en demande d’aide supplémentaire pour trouver les candidats pour leurs industries et sociétés respectives".

Logistique, industrie et commerce de détail

Tous les secteurs recherchent des intérimaires aujourd’hui, mais Sonia Frey en sort tout de même trois du lot : la logistique, l’industrie et le commerce de détail. Côté profils, à côté des métiers en pénurie classiques, c’est le grand retour des fonctions administratives. "Que ce soit des fonctions d’administration et de support, des fonctions plus financières, des fonctions en comptabilité… les sociétés nous contactent aujourd’hui de plus en plus pour ce genre de fonctions également. Elles peinent donc aussi à recruter pour des profils, entre guillemets, plus administratifs et plus techniques".

La digitalisation n’a donc, entre guillemets, pas tué ces fonctions administratives, comme certains pouvaient le craindre, il y a encore 10 ou 15 ans, mais évidemment, elle les a fait évoluer en profondeur.

Évolution dans les trois Régions du pays

Autre constat : l’intérim évolue globalement de la même manière dans les trois régions du pays, avec évidemment des différences structurelles importantes entre la Flandre, la Wallonie et Bruxelles.

"En essayant de ne pas être trop caricatural, on a en Flandre une main-d’œuvre intérimaire qui est importante et on a une activité industrielle très importante, ce qui veut dire en général plutôt plus de cols bleus que de cols blancs, et une activité qui est très liée à l’international, à l’exportation. Et donc, effectivement, quand on éternue en Chine ou aux États-Unis, la Belgique s’enrhume, ou la Flandre s’enrhume en particulier, donc on a une activité qui est beaucoup plus cyclique et où les évolutions internationales amènent à des évolutions extrêmement rapides, à la hausse comme à la baisse en Flandre", précise Arnaud Le Grelle, le directeur Wallonie-Bruxelles chez Federgon, la Fédération des prestataires de services en ressources humaines.

Comparativement, en Wallonie, où le tissu économique est moins fort, l’impact des cycles économiques est relativement moins marqué. "On a proportionnellement moins d’intérimaires qu’en Flandre et ces effets de l’international sont donc également beaucoup plus lissés. Les entreprises sont aussi plus petites et plus tournées vers le marché local dans une certaine mesure, et donc ça joue un effet, on pourrait dire d’amortisseur quand c’est à la baisse, mais c’est également un peu un frein au redécollage", conclut Arnaud Le Grelle.

Quant à Bruxelles, où il n’y a quasiment plus d’industrie, l’intérim concerne plutôt les cols blancs. Et là aussi, la demande est très forte pour le moment. C’est plutôt une bonne nouvelle, ça veut dire qu’il y a une forte demande d’emploi et ça veut dire que la croissance économique est là et qu’elle est en train de repartir.

Omicron: pénurie de personnel dans les entreprises: sujet JT 14/01/2022

Sur le même sujet

10.000 pensionnés ont travaillé comme intérimaires en 2021, selon Federgon

Economie

Namur : Covid et pénuries structurelles, le recrutement d’intérimaires en forte hausse en ce début d’année

Regions

Articles recommandés pour vous