"Le risque d’allergie sévère liée aux vaccins contre le Covid est très faible et comparable aux autres vaccins"

Le risque d’une réaction allergique mortelle liée au vaccin est très rare et plus fréquente en contractant le Covid (5 à 6 fois plus)

© Sebastian Gollnow/dpa

11 déc. 2021 à 16:08 - mise à jour 11 déc. 2021 à 19:42Temps de lecture3 min
Par Céline Biourge

Les responsables de la vaccination en Belgique ont dressé, ce samedi, un état des lieux de la vaccination dans notre pays alors que de nouvelles études scientifiques confirment que la double vaccination perdrait de son efficacité après 5 ou 6 mois. D’où l’importance d’insister sur la nécessité de se faire vacciner alors que les soins intensifs restent surchargés et que le nouveau variant Omicron commence à gagner du terrain.

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Car si aujourd’hui plus de 2 millions et demi de personnes (22% de la population) ont déjà reçu en Belgique leur dose de rappel (la "Booster dose"), 24% ne sont pas encore vaccinés ou totalement vaccinés.

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"Un risque d’allergie très faible et comparable aux autres vaccins"

Parmi les freins à cette vaccination, les craintes liées aux réactions allergiques et maladies auto-immunes que pourrait enclencher cette vaccination.

Les spécialistes se veulent rassurants. Une étude a été spécialement réalisée à ce sujet à la demande des autorités par la Société Belge d’Allergologie et d’Immunologie Clinique (BelSACI), présidée par Antoine Froidure. Selon ce pneumologue aux Cliniques Universitaires Saint-Luc à Bruxelles, "le risque d’allergie sévère lié aux vaccins contre le Covid est très faible et comparable aux autres vaccins".

Ce spécialiste des maladies pulmonaires rares rappelle qu’il y a aujourd’hui "plus de 4 milliards de personnes vaccinées dans le monde, dont plus de 3/4 de la population belge" et que "ces vaccins sont probablement les médicaments les plus étudiés de toute l’histoire de la médecine moderne" grâce à l’ère du numérique et de la pharmacovigilance.

"La bonne nouvelle", dit-il, "c’est qu’ils sont très efficaces. C’est une des armes numéro 1 pour lutter contre cette pandémie. On sait qu’on a probablement déjà évité 30.000 hospitalisations, rien qu’en Belgique".

Mais il le reconnaît, "on sait que les effets secondaires à ces vaccins sont rares, néanmoins ils existent. Et pour les rares personnes qui vont avoir soit une contre-indication soit un effet secondaire à la vaccination, des solutions existent", affirme Antoine Froidure.

Effets secondaires liés à la vaccination : 2 cas

Selon lui, il y a deux types d’effets secondaires aux vaccins : ceux qui vont réagir rapidement après l’injection (généralement moins de 30 minutes, voire moins de 15 minutes après l’injection) et ceux qui vont réagir bien plus tard (au-delà des 6h après l’injection, voire jusqu’à 28 jours après la vaccination).

Antoine Froidure – Société Belge d’Allergologie et d’Immunologie Clinique (BelSACI)

"Généralement, il s’agit de réactions locales qui ne sont pas graves", dit-il.

Mais il peut s’agir aussi, dans de rares cas, d’allergies sévères (anaphylaxie) qui nécessitent alors une prise en charge rapide pour éviter que l’état de santé du patient ne dégénère.

Plus rare encore, l’apparition de "maladies immunes" qui pourraient survenir dans les 28 jours après la vaccination, comme le syndrome de Guillain-Barré (maladie auto-immune qui s’attaque au système nerveux) ou la myocardite (une inflammation du muscle du cœur qui diminue la capacité du cœur à pomper le sang et à l’envoyer dans l’organisme). Mais dans ce cas, c’est davantage "lié à la stimulation du patient plutôt qu’à une allergie à une substance du vaccin", précise Antoine Froidure.

Mais il l’affirme, ces cas "très rares" sont "plus fréquents" (5 à 6 fois plus) quand on contracte le virus et que l’on est non vacciné.

Un risque "entre un et quatre cas par million de doses administrées"

Et pour confirmer ses dires, ce spécialiste des maladies pulmonaires rares, affirme que "certaines études ont analysé jusqu’à 850 millions de doses administrées. Et on peut dire que le risque d’anaphylaxie liée aux vaccins contre le Covid est très faible. On est entre un et quatre cas par million de doses administrées. Et surtout, le plus important, c’est que c’est comparable aux autres vaccins disponibles sur le marché depuis de nombreuses années".

Antoine Froidure se veut aussi rassurant pour ceux qui ont une allergie connue à un des composants des vaccins, "des solutions existent" : "soit en donnant un vaccin qui ne contient pas le composant auquel il est allergique soit en réalisant un protocole de désensibilisation qui consiste à injecter le vaccin aux patients avec des doses très progressives, en quelques heures, avec une surveillance médicale".

Quant à ceux qui "souffrent d’allergie sévère, à n’importe quel allergène (comme la cacahuète, le latex, venin d’abeille, etc.), on sait que l’on peut vacciner ces personnes sans problème dans les centres de vaccination". Ceux-ci devront simplement rester sous surveillance pendant 30 minutes après l’injection au lieu de 15. Ces centres sont d’ailleurs "équipés et formés pour réagir, même dans les cas graves", affirme-t-il.

Antoine Froidure – Société Belge d’Allergologie et d’Immunologie Clinique (BelSACI)

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