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Le Roland-Garros des Belges : la qualité plutôt que la quantité ?

Elise Mertens, Alison Van Uytvanck, Greet Minnen, David Goffin, les quatre Belges en simple à Roland-Garros

Seuls quatre Belges participeront au deuxième Grand Chelem de l’année, dans les deux tableaux principaux, le simple masculin et le simple féminin. Il s’agit de David Goffin, Elise Mertens, Alison Van Uytvanck et Greet Minnen (issue des qualifications).

Quatre joueurs et joueuses, c’est peu. Ce n’est pas un cas exceptionnel, mais c’est peu. La dernière fois que c’est arrivé à Paris, c’était il y a cinq ans. Et, souvenez-vous, David Goffin était allé jusqu’en quart de finale, seulement battu par Dominic Thiem. Quatre Belges présents, dont un au "cinquième tour", on prend, non ? Plutôt que 9 Belges au départ, tous battus au premier ou au deuxième tour.

Mais peut-on espérer voir un Belge, une Belge, des Belges, en deuxième semaine ? Emettre des pronostics est toujours compliqué, et souvent inutile.

Greet Minnen va une nouvelle fois rencontrer Petra Kvitova

Greet Minnen est amenée à rencontrer la Tchèque Petra Kvitova, douzième mondiale, au premier tour. Ne serait-elle pas un peu poissarde, la joueuse belge ? Elle n’a pas souvent l’occasion de disputer des Grands Chelems, elle doit gagner trois matches de qualifications pour atteindre le tableau final, et elle tombe sur la même redoutable adversaire qu’à l’Australian Open, en février dernier.

Alison Van Uytvanck a perdu au premier tour des trois tournois qu’elle vient de jouer sur terre battue. Sa première adversaire, l’Italienne Martina Trevisan, 97e mondiale, peut peut-être lui permettre de mettre fin à cette décevante série.

Mais pour espérer aller loin, il faudra sans doute surtout compter sur nos deux "top 20", nos deux "number one", Elise Mertens et David Goffin.

Elise Mertens à l'entraînement

Gagner des matches, sans viser trop haut

Elise Mertens est la plus régulière des deux. Elle ne devrait logiquement pas éprouver de trop grosses difficultés au premier tour, face à l’Australienne Storm Sanders, issue des qualifications. Après, on verra. Elle n’a jamais voulu regarder trop loin dans un tableau, autrement dit au-delà de son tour suivant. Et ce n’est pas maintenant qu’elle va commencer à le faire. Ce qui ne l’empêche pas d’avoir un peu d’ambition. "Je me dis que je n’ai vraiment pas envie de perdre au premier ou au deuxième tour. Je reste sur des troisièmes tours, ces deux dernières années. J’aimerais gagner des points, et monter au classement, donc faire au moins un quatrième tour". C’est un objectif assez raisonnable, peut-être trop raisonnable, quand on sait tout ce qui peut arriver dans le tennis féminin. Mais Elise Mertens est plutôt partisane du fameux "match après match", qui permet de ne pas s’imposer trop de pression, tout en restant modeste.

David Goffin reste sur deux défaites au premier tour, en Grand Chelem (Roland-Garros 2020 et Australian Open 2021). Il y a sept mois, à Paris, il s’inclinait face à un jeune et talentueux Italien, Jannik Sinner. Cette fois, le tirage au sort lui a réservé… un jeune et talentueux Italien, Lorenzo Musetti.
Pour avoir une chance de l’emporter, le treizième joueur mondial doit être débarrassé du souci aux adducteurs qui l’avait perturbé à Barcelone. Et c’est fait. Il doit être en meilleure condition physique qu’à Lyon. Et c’est le cas, dit-il. "Après cette défaite, on a décidé de bien travailler, de refaire une préparation pour Roland-Garros. Je me sens mieux sur le court, et plus en confiance à l’entraînement. Je dois continuer sur cette voie-là, pour retrouver le relâchement dont j’ai besoin."

Retrouver la constance et la confiance

C’est la clef, ce relâchement. Le David Goffin des très bons jours, il pratique un tennis fluide, il a une très bonne vision du jeu, il prend la balle tôt, il bouge bien. Il ne doute pas. Il est en confiance. "Parfois, j’arrive à nouveau à trouver ce relâchement, je suis content, mais je n’arrive pas à enchaîner un deuxième bon match. Il le faudrait pourtant, pour que ma confiance augmente. Et c’est comme cela depuis un petit temps : une rencontre me donne l’impression que tout est revenu, et une autre me remet des petits doutes dans la tête. Et je dois chaque fois me préparer à nouveau, pour me relancer. C’est ce que je viens de faire".

David Goffin

Et son objectif à lui, dans ce tournoi ? Il ne va pas répondre, comme Elise Mertens, "faire mieux que l’année dernière", parce que c’est une évidence. Il avait été battu au premier tour, en 2020. Ce qu’il vise, plutôt que des résultats, c’est justement une plus grande régularité, une plus grande fluidité, une plus grande confiance. Et les heureuses conséquences suivront. "Je voudrais revivre ces moments où je me dis que mon jeu est en place, où je suis dans la spontanéité, où tout coule de source dès le premier point. Là, je fais les choses rigoureusement, j’essaie de m’appliquer, c’est moins fluide. Je sais que tout peut revenir, et c’était le cas quand j’ai gagné le tournoi de Montpellier, en m’améliorant au fil des tours. Je dois m’accrocher dès le premier tour et à chaque match, garder la bonne attitude, avoir les bonnes intentions. Voilà mes ambitions, pour ce tournoi de Roland-Garros."

On sait ce que le joueur belge est capable de faire. On sait à quel point il a envie de retrouver son meilleur niveau. Mais on sait aussi à quel point les jeunes (comme Lorenzo Musetti) ont envie de déboulonner les trentenaires.

La qualité, à défaut de la quantité, dans le clan belge ? Ce sera compliqué, mais David, Elise, Greet, Alison, sont prêts à relever le défi.

Ecoutez David Goffin...

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