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Chroniques Culture

Le saviez-vous : Jackie Kennedy était engagée pour les droits civiques

Plus adulée pour son glamour que pour ses idées, l’épouse du 35ᵉ président des États-Unis était dépeinte comme douce et discrète.

7 mois seulement après l’assassinat de son mari, le 22 novembre 1963 à Dallas, Jackie Kennedy accordait une interview à l’historien-journaliste Arthur Schlesinger. Dans la préface de "Jacqueline Kennedy avec J. F. Kennedy", sorti en 2011, Caroline Kennedy écrit à propos de sa mère : "les gens ne la connaissent pas du tout".

Loin de cette image tirée à quatre épingles et cachée derrière ses lunettes noires, c’est le souvenir de "sa curiosité intellectuelle, son sens du ridicule, son sens de l’aventure, ou son sens infaillible pour ce qui était juste" que témoigne sa fille.

Épouse et conseillère

À l’instar de Susan Sontag et d’Angela Davis, Jacqueline Bouvier Kennedy avait puisé ce goût pour la liberté dans le Paris des Trente Glorieuses, où elle avait étudié. À son retour aux Etats-Unis, elle ramène et véhicule un autre rapport au corps, à sa langue, à son pays.

Cet ouvrage de l’historien apprend que l’ex-Première Dame ne gardait sa langue en poche. Qu’il s’agisse de dossiers ou de personnalités politiques, Jackie avait des opinions tranchées : De Gaulle, Indira Ghandi, en passant par Martin Luther King, et même le vice-président et futur successeur de son mari, Lyndon Johnson, ont fait l’objet de ses critiques.

Ce rôle de conseillère auprès de son mari avait d’ailleurs provoqué la méfiance de l’équipe du président qui avait tenté de l’éloigner pendant la campagne.

Deux mondes parallèles à rapprocher

Parlant d’engagement, on découvre dans le documentaire "Jackie Kennedy, militante de la première heure", de la journaliste française Maud Guillaumin, qu’elle avait largement pris part à la lutte pour les droits civiques aux Etats-Unis.

En effet, ce début des années 60 est encore marqué par inégalités et discriminations incessantes pour la population noire américaine. Les 3 amendements adoptés en décembre 1865, visant à améliorer les conditions des Afro-américains, n’avaient pu empêcher l’adoption de nouvelles lois ségrégationnistes dans les Etats du Sud. "Separate but equal", les communautés blanche et de couleur ont leurs propres restaurants, café, écoles, transports, hôpitaux et bon nombre d’autres domaines de la vie quotidienne afin de limiter leurs interactions.

Marquer l’Histoire

L’histoire a retenu John Fitzgerald Kennedy comme le président de la déségrégation aux Etats-Unis. Ce dont on se souvient moins, c’est que son épouse joua, dans l’ombre, un rôle essentiel dans ce changement de mentalités à la Maison Blanche.

Maud Guillaumin raconte notamment que, pour sa robe de mariage, Jackie Kennedy avait fait appel à Ann Lowe, une styliste afro-américaine. C’est également grâce à l’ex-First Lady que la Maison Blanche ouvrit ses portes à plusieurs auteurs, chanteurs, intellectuels et écrivains afro-américains.

Jackie Kennedy demanda également l’ouverture d’une école au sein de la Maison Blanche, qui accueillit notamment l’enfant d’un membre afro-américain du cabinet de son mari.

Lors de l’enterrement de JFK, elle s’est assuré de la mixité de la garde d’honneur, permettant ainsi à des soldats noirs et blancs de porter le cercueil du défunt.

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