Le saviez-vous : John Lennon avait provoqué le Vatican

Le saviez-vous : John Lennon avait provoqué le Vatican

© Capture d'écran Youtube

14 mars 2021 à 07:00Temps de lecture2 min
Par Romane Carmon

En pleine Beatlemania, un article de l’Evening Standard du 4 mars 1966 publie les confidences de John Lennon à Maureen Cleave, une journaliste du quotidien londonien et intime de l’artiste :

"Christianity will go. It will vanish and shrink. I needn’t argue about that. I’m right and I will be proved right. We’re more popular than Jesus now – I don’t know which will go first, rock and roll or Christianity. Jesus was alright, but his disciples were thick and ordinary. It’s them twisting it that ruins it for me."

L’Église anglicane déjà dans le collimateur de polémistes et d’humoristes, les propos de Lennon ne semblent pas, dans un premier temps, secouer l’opinion britannique.

BRITAIN-LENNON FILER

Il faudra attendre que cette interview exclusive arrive aux mains de la presse américaine, en août, pour que de virulentes réactions se multiplient.

Plusieurs états conservateurs américains comme le Kentucky, l'Ohio, la Géorgie, la Caroline du Sud et l'Utah condamnent fermement ces propos que plusieurs perçoivent comme une menace à la religion chrétienne. Le Ku Klux Klan s'en mêle, les menaces de mort se multiplient et des autodafés s'organisent en Alabama où de nombreux disques des Beatles sont détruits. Dans des pays à forte communauté chrétienne, comme le Mexique ou l'Afrique du Sud, certaines radios cessent même de diffuser leur musique.

Pourtant, force est de constater que les paroles de la star de Liverpool sont altérées, en passant de "[we are] more popular than Jesus" à "[we are] bigger than Jesus". 

En guise de soutien au groupe, une des stations de Fort Know à New York décide de diffuser leur musique pour la première fois et jusqu'à nouvel ordre.

Des explications publiques

Inquiet par la virulence des protestations à l'encontre du chanteur et du groupe, le manager, Brian Epstein, réussit à convaincre Lennon de s'expliquer publiquement. Une proposition difficile pour lui à accepter, dans un premier temps, comme l'explique Ringo Starr dans la Beatles Anthology :

"John ne voulait pas s'excuser parce qu'il n'avait pas dit ce qu'on lui avait fait dire. Mais ce qui se passait tout autour de nous devenait trop violent et Brian lui a demandé et a insisté pour qu'il parle et, en fin de compte, John a compris qu'il fallait qu'il se montre et le fasse". 

Une conférence se tient donc le 11 août 1966 à l'Astor Towers Hotel de Chicago pendant laquelle la star revient sur sa déclaration : 

"Je ne dis pas que nous sommes meilleurs ou plus grands ou que je nous compare à Jésus-Christ en tant que personne ou Dieu en tant que chose, ou quoi que ce soit. J'ai juste dit ce que j'ai dit et j'ai eu tort ou j'ai été mal compris". 

John Lennon absous par le Vatican

En novembre 2008, l'Osservatore Romano, le journal du Vatican, consacre un article élogieux aux Beatles à l'occasion des 40 ans de la sortie du White Album. L'article s'ouvre sur les propos polémiques de John Lennon, désormais considérés comme "une phrase qui avait alors provoqué une profonde indignation mais qui sonne aujourd’hui comme la boutade d’un jeune de la classe laborieuse anglaise dépassé par un succès inattendu".

Dans ces mêmes lignes, l'Osservatore Romano ne manque pas de rappeler "la révolution blanche" accomplie par "la bande des quatre" avec le White Album "une utopie musicale où l’on trouve tout et le contraire de tout, dans un assemblage peut-être discutable mais révélateur de l’esprit d’une époque". Il poursuit en soulignant que ces années-là étaient l'époque "de la contestation juvénile dans lesquelles, entre contradictions, excès et fuites en avant, tout semblait possible et licite"

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