Chroniques Culture

Le saviez-vous : Marie Curie a secouru de nombreux soldats pendant la Grande Guerre

Marie Curie travaillant dans le laboratoire de l’Université de Paris (1925).

© AFP

Ses deux prix Nobel en chimie ont bâti sa notoriété internationale mais aussi façonné l’image d’une scientifique retranchée dans son laboratoire. Pourtant, Marie Curie s’est également consacrée au terrain, en témoigne l’aide apportée aux plusieurs milliers de Poilus pendant la Première Guerre Mondiale.

Chimiste de génie, Marie Curie est à la base des Petite Curie – des camionnettes équipées d’unités de radiologie – au secours des blessés de la Marne, de Verdun et de la Somme. Un service de radiologie mobile qui a pu bénéficier à plus d’un million de soldats pendant la Grande Guerre.

À l’aube du conflit, une scientifique de renom

Marie Curie dans son laboratoire universitaire à Paris (1925).

Au déclenchement de la Grande Guerre, les travaux de Marie Curie sont déjà connus à l’étranger. Après une licence en physique puis en mathématiques, elle prend la place de son mari, après son décès, sur l’estrade de la Sorbonne en tant que professeure titulaire dans sa chaire de physique générale puis de physique générale et radioactive.

Son premier prix Nobel, en 1903, partagé avec son mari et Antoine Henri Becquerel, marque le tout premier décerné à une femme. Son second, 8 ans plus tard, fait d’elle la première femme à se voir décerner deux prix Nobel.

En 1914, Marie Curie est veuve, accompagnée de sa fille, Irène. Celle-ci se verra décerner à son tour, en 1935, également avec son mari, le prix Nobel de chimie pour la découverte de la radioactivité induite et de la radioactivité artificielle.

Bref, au début de la guerre, notre scientifique de 46 ans n’a plus rien à prouver. Pourtant, elle n’hésite pas à mettre sur pause ses recherches sur le radium pour se consacrer à la radiographie afin de secourir les blessés.

Dans la tourmente de la Grande Guerre

Sur le champ de bataille, les blessés n’ont droit qu’à des traitements sommaires avant d’être évacués dans les hôpitaux. Les nouvelles armes mutilent les corps des soldats, mitrailleuses, éclats d’obus, et shrapnels rendent difficiles les diagnostics.

C’est ici que Marie Curie entre en scène. Il faut pouvoir limiter autant que possible le déplacement des blessés avant de radiographier leurs blessures. La scientifique introduit les appareils à rayon X afin de mieux repérer les fractures et localiser les éclats d’obus. Ainsi, il devient possible de déterminer, en fonction de la gravité des blessures, la nécessité ou non d’opérer sur place ou à l’hôpital.

Les Petite Curie

C’est ainsi que, dès août 1914, Marie Curie met en place, sur autorisation du Ministère de la Guerre, une équipe d’aide-radiologie. Plus de 150 élèves sont formés par ses soins aux bases de physique et d’anatomie. Début décembre 1914, Marie Curie se rend en voiture à Furnes, le dernier refuge de l’armée belge, situé à la frontière franco-belge, à seulement quelques kilomètres du front, équipée de matériel de radiologie.

Dans une lettre adressée au directeur du Service de Santé français, elle raconte, le 13 décembre 1914 :

"A la fin du mois de novembre, j’ai reçu une demande du Grand Quartier Général Belge pour me rendre à Dunkerque et à Furnes pour examiner ce qui pourrait être fait pour le service radiologique de l’armée Belge. J’ai pensé qu’il était mon devoir de me rendre à cet appel et je me suis rendue à Furnes avec une voiture radiologique dont le matériel m’appartient entièrement et avec laquelle j’ai déjà travaillé en divers endroits. […] A Furnes, j’ai fait les examens radiologiques dans le but de rendre quelques services dans la mesure du possible. Le Roi et La Reine des Belges m’ont tous les deux exprimé leur désir de me voir continuer mes efforts dans cette situation." (Source : Roseline Debaillie, "Marie Curie en Flanders Fields").

Marie Curie se consacre aux Petite Curie tout au long de la guerre et, après avoir obtenu son permis en 1916, conduit elle-même ces missions, parfois même avec sa fille. Selon cet article de la Revue générale du Nucléaire, les Petite Curie auraient permis de venir en aide à un million de soldats parmi lesquels Marie Curie elle-même en aurait secouru un millier.

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