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Le secteur du voyage commence à respirer, mais de nombreuses questions se posent encore

Anne-Sophie Snyers : "il reste encore des questions sans réponse"
19 avr. 2021 à 07:48Temps de lecture4 min
Par A.M.

À partir de ce lundi, les voyages non essentiels dans l’Union européenne sont à nouveau autorisés, même s’ils restent déconseillés. Attention aussi, évidemment, aux restrictions imposées dans les pays où vous comptez peut-être vous rendre. Alors, pour être bien renseignés, une solution est de se tourner vers les agences de voyages.

L’occasion pour Anne-Sophie Bruyndonckx, dans Matin première, de faire le point avec la secrétaire générale de l’Union professionnelle des agences de voyages, Anne-Sophie Snyers.

Les téléphones chauffent de manière générale, constate celle-ci, mais "surtout pour poser encore beaucoup de questions parce que l’incertitude reste grande sur les destinations dans lesquelles on peut se rendre". L’important étant de se renseigner auprès d’un professionnel, ajoute-t-elle, "pour savoir quelles sont les destinations qui sont aujourd’hui ouvertes pour nous, Belges, parce qu’il se peut que la destination soit rouge. La plupart du monde et de l’Europe sont rouges, mais il y a des pays qui ne nous acceptent pas, donc c’est important de savoir où on peut se rendre aujourd’hui.

Où voyager et à quelles conditions ?

La première préoccupation des clients explique Anne-Sophie Snyers, "c’est de savoir où on peut voyager. Concernant les pays rouges, je pense que le Premier ministre a été clair à ce niveau-là, les pays rouges, OK, mais il y a des tests au jour 1, au jour 7 et une quarantaine au retour".

Et puis, la deuxième question, c’est par rapport aux assurances. Là, poursuit-elle, le Premier ministre n’a pas été clair. "Une levée d’interdiction pour les voyages en Europe… D’après ce que je comprends et d’après ce que plusieurs personnes comprennent, nous pourrions aussi nous rendre dans des pays hors européens, des pays qui sont rouges, puisque le reste de l’Europe est classifié rouge par l’Europe, mais avec la quarantaine et les tests obligatoires quand on rentre".

Et les assurances ?

Une question en tout cas qui reste récurrente, c’est :"suis-je assuré si je me rends dans un pays rouge, et si je me rends dans un pays rouge hors Europe ? Nous avons interrogé quelques assureurs. Nous ne les avons pas encore tous interrogés, nous allons le faire cette semaine, mais il apparaît effectivement que si le pays nous accepte, même s’il est rouge, l’assurance annulation et assistance fonctionne, ce qui est un très grand point".

Si longue attente… Et concurrence déloyale

Cette levée d’interdiction des voyages non-essentiels était attendue depuis longtemps par le secteur du voyage : "on l’attendait depuis longtemps parce qu’on se rend compte que la Belgique est un îlot au milieu de l’Europe, et les autres pays européens n’ont pas imposé cette interdiction à partir du 27 janvier comme nous l’avons eue".


►►►Lire aussi : Voyages à l’étranger : comment les habitudes des Belges ont-elles changé entre 2019 et 2020 ?


Et Anne Sophie Snyers de souligner qu’il a fallu subir la "concurrence déloyale de la part de pays étrangers — je parle de l’Allemagne ou de la France. Beaucoup de personnes ne sont pas parties, mais certaines personnes sont quand même parties et ont utilisé les aéroports étrangers.

Notre credo est en tout cas que le comportement est bien plus important que l’endroit où on se trouve !"

Etat de santé du secteur

Le secteur ne va pas bien poursuit encore Anne-Sophie Snyers. "Ça fait un an qu’on ne vend plus rien et vous savez que c’est quand on vend qu’on gagne de l’argent, quand les clients rentrent chez eux, on gagne enfin notre commission auprès des partenaires avec qui on travaille".

Pas de vente, mais obligation légale de rester ouvert, "d’assister et de débooker et de rebooker, etc. On a donc toujours 20 à 30% de notre personnel qui est au travail sans avoir d’aides. Nous avons eu beaucoup de demandes d’aides, mais vous savez que les aides que nous avons reçues sont assez inégales entre les régions et ça pose un gros problème, mais nous n’abandonnons pas et nous avons envie de continuer à travailler".

Le fonds de "bons à valoir" qui va être mis en place représente un espoir dans le cadre de la reprise.

Plan Exit

Avant-même le dernier Comité de Concertation, le secteur avait proposé son propre plan de sortie de crise, intitulé le plan Exit, réalisé en concertation avec l’Association des voyagistes néerlandophones qui demande la mise en place de certaines mesures.

"Nous avons été entendus", note avec satisfaction Anne-Sophie Snyers, "parce que le commissariat Corona et d’autres cabinets se sont mis ensemble et nous ont appelés, nous, mais aussi les transporteurs et les grands tour-opérateurs belges, pour trouver et pour définir un plan de sortie. Certains tour-opérateurs ont proposé ce qu’ils appellent des safe travel corridors, donc l’une ou l’autre destination vers laquelle on puisse aller, qui sont dans des pays rouges, et dans laquelle on peut revenir sans quarantaine".

Mais il reste encore beaucoup de questions, comme : si on est vacciné, peut-on quand même voyager ? Doit-on faire la quarantaine si on revient d’un pays rouge alors qu’on est vacciné ? Peut-on utiliser des tests rapides ? Et de citer l’exemple de l’Espagne, qui "accepterait les Belges munis d’un test rapide, mais le gouvernement belge n’en parle pas. Ce sont donc toutes des mesures qui sont concrètes et pour lesquelles nous demandons des réponses".

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