Tous les sports

Le skateboard, nouvelle discipline olympique

Max Evrard au skate-park de Leuven

© © Tous droits réservés

28 sept. 2020 à 16:38Temps de lecture3 min
Par Mathilde Mazy

En été 2021, le skateboard deviendra une discipline officielle lors des Jeux Olympiques de Tokyo. Dans le monde du skate, que certains considèrent comme un art de vivre, les avis divergent à propos de l’intégration de la pratique comme un sport évalué et noté. Les JO, bonne ou mauvaise chose ? Pour répondre à cette question, initiation à la planche à roulettes.

Il fait 34 degrés lors de la rencontre avec Max. Ambiance détendue, un check et un grand sourire comme accueil. "Hello, ça roule ?", le jeu de mots est-il intentionnel ? L’après-midi est chaude mais Max est motivé.

13h au skate-park de Leuven, désert à cette heure-ci, c’est la rentrée… Un échange de quelques mots, une explication sur le but de l’interview et l’après-midi débute pour de bon. "Je m’appelle Max (Evrard, NDLR), j’ai 35 ans, je fais du skate depuis 23 ans. J’ai commencé par donner des cours de skate dans une cours de récréation quand j’avais 20 ans. Puis des stages pendant les vacances scolaires et petit à petit j’ai investi dans du matériel. J’ai commencé à proposer toutes sortes d’activités liées au skate : des locations de skate-park, des démonstrations, des initiations et vraiment tout ce qui est en rapport avec les sports pratiqués en skate-park comme le skate, le roller, la trottinette ou le bmx."  Max travaille dans le skateboard, il en a fait son métier mais il n’est pas un professionnel, il y en a très peu en Belgique. "C’est mon métier dans le sens où j’en vis grâce aux activités que j’organise mais je ne suis pas un skateur pro, je n’ai pas du tout le niveau. Il y a Axel Cruysberghs qui vit aux États-Unis, Younès Amrani qui est à Bruxelles, Jarne Verbruggen de Malines et Phil Zwijsen d’Anvers." Aujourd’hui, beaucoup d’espoirs sont fondés sur Axel Cruysberghs pour les Jeux Olympiques de l’été prochain. Côté féminin, Maité Steenhoudt et Lore Bruggeman sont pressenties.       

Le bowl, ce grand creux est une discipline à part entière dans la pratique du skateboard
Le bowl, ce grand creux est une discipline à part entière dans la pratique du skateboard Mathilde Mazy

Au- delà du sport, une philosophie

C’est compris, Max est calé sur le sujet. Il emprunte d’ailleurs des mots bizarres : "ça c’est une planche classique composée d’un deck (la planche en elle-même, NDLR), des trucks (les axes en métal entre les roues, NDLR), des roues et des roulements. Pas compliqué."  Ok, très bien, on a la structure du skate mais pas vraiment l'esprit… "C’est un sport très libre et individuel, ça permet à chacun de s’exprimer librement. C’est aussi un sport dont les valeurs sont exemplaires ; il n’y a pas vraiment d’esprit de compétition, chacun ride à son niveau et les skateurs s’aident entre eux. Ils sont hyper contents quand l’un ou l’autre réussit une figure, même si eux n’y parviennent pas."

En général, les skateurs touchent un peu à tout mais on peut dissocier le "street" et le "park" qui sont les deux disciplines dans lesquelles les athlètes s’affronteront à Tokyo. La pratique en skate-park se concentre principalement sur le bowl, cet énorme creux sans angles qui joue sur les arrondis et les courbes. Le street consiste à repérer du matériel urbain qui pourrait être "ridable" et essayer alors de faire les figures les plus spectaculaires, les plus dures ou les plus belles. C’est ce qui motive dans cette discipline, c’est cette recherche d’endroits et de lieux originaux. "Beaucoup considèrent le skate comme un art de vivre, quand on se balade dans la rue et qu’on voit n’importe quel spot qui pourrait être ridable dans le matériel urbain, on repère tout de suite si on peut s’y tenter ou pas. Rien que par rapport à ça, la vision du monde extérieur peut changer en comparaison à une personne lambda."

Trouver sa place aux Jeux Olympiques

À la lecture de ces éclaircissements, on peut se demander si le skate va parfaitement s’inscrire dans le paysage olympien…  Est-ce que les compétitions, les juges et la rigueur des J.O. va matcher avec l’esprit ? Selon Max, il y a deux écoles : "il y a ceux qui estiment que le skate est vraiment un art de vivre et qu’il n’y a aucune raison de le juger et de le coter. Maintenant, je pense que parfois ce sont ceux qui considèrent aussi que le skate n’est pas assez valorisé et mis en avant. Ça peut donc être un peu contradictoire. En tous cas, pour ma part, je pense que c'est une très bonne chose. Ça va permettre aux gens d’avoir une autre vision du skate et de se rendre compte des valeurs qu’il dégage. Ce n’est pas du tout une discipline de délinquants, même si cette image est depuis longtemps révolue, il y en a encore qui ont ces aprioris."

Loading...

Sur le même sujet

Les Belges à Tokyo #28 – Axel Cruysberghs : Tokyo une première pour faire ses preuves en skateboard

JO d'hiver - Pékin 2022

Articles recommandés pour vous