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Le "syndrome de l'imposteur" : 70 % de la population se sent concerné par ce phénomène

Le syndrome de l'imposteur
23 janv. 2022 à 15:00Temps de lecture3 min
Par Caroline Depuydt & Daphné Fanon

Avez-vous souvent des doutes liés à vos compétences ? Si oui, comme 70% de la population, vous souffrez peut-être du "syndrome de l’imposteur." Généralement, les personnes qui en souffrent minimisent le mérite lié à leur travail et attribuent leur succès à des causes extérieures ou au hasard. Plus d'explications avec le Dr Caroline, psychiatre et médecin référente dans "La Grande Forme."

Le syndrome de l’imposteur a été formalisé fin des années 1970. Il s’exprime chez des personnes qui ressentent une forme de doute permanent sur leurs compétences. Entre 62 et 70% de la population l’aurait expérimenté au moins une fois. Pour certains, la permanence du trouble le rend handicapant. Il serait trois fois plus présent chez les femmes, surtout à long terme, mais n’épargne pas les hommes. Les causes principales sont:

  • Culturelles. Il touche plus les femmes que les hommes.
  • Éducationnelles. Il y a beaucoup de pression sur l’enfant qui doit réussir parce qu’il est intelligent ou par revanche face à "l’échec" des parents qui n’ont pas pu faire ce qu’ils voulaient dans leur vie.
  • Personnelles. L'envie d’être reconnu, aimé. Pour améliorer son estime de soi, sa confiance en soi,  et son sentiment de sécurité intérieure.

La personne qui vit ce sentiment est pleine de peurs : peur d’être rejetée, critiquée, moquée... Elle adopte deux principales stratégies de défense:

1. Le perfectionnisme

Cette personne a des attentes et des exigences très hautes, surtout vis-à-vis d’elle même. Ces "surhommes" ou ces "wonderwoman" se forcent à travailler plus dur que leur entourage, pour prouver qu’ils ou elles ne sont pas des imposteurs. Ils ne voient pas d’autres possibilités que de réussir et briller dans tous les aspects de leur vie, professionnelle, privée, familiale, conjugale. Tout éloignement de cette norme très élevée les stresse. La pente presque inévitable est celle du burn-out.

2. La procrastination

Tout remettre au lendemain par peur de l’échec et de la montagne que le projet représente par ses enjeux - pas le droit de rater. Cela vient éventuellement programmer l’échec ou susciter le travail “à l’arrache” sur les 24 dernières heures qui viendra renforcer le sentiment d’imposture même si ça réussit.

Comment savoir si on souffre du syndrome de l’imposteur ? 3 signes !

  • Vous vous dites que votre réussite est due à la chance, que vous avez été bien entouré, que ce n’est vraiment pas vous qu’il faut féliciter.
  • Vous vous sentez anxieux, parce que vous pensez que vous ne méritez pas ce succès, que vous pensez que les gens vont réaliser la fraude un moment ou à un autre, que vous ne pourrez jamais réitérer un tel exploit.
  • Vous avez tendance à minorer ce que vous faites, à douter de vos propres compétences, à manquer de confiance en vos propres capacités.

Bref si vous êtes plein d’émotions négatives alors même qu’il y a eu succès, c’est clair, vous êtes en plein dedans. Une réaction dite "normale" quand on réussit quelque chose, c’est de ressentir un sentiment d’accomplissement, une joie, voire même une certaine fierté.

Comment se débarrasser du syndrome de l'imposteur ?

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Comment résoudre son syndrome de l’imposteur? Trois pistes ! 

  1. Travailler sur l’estime de soi. On peut s’aimer et s’accorder de la valeur sans être parfait : que nous méritons d’avoir notre place dans notre famille, dans ce monde, dans cette société tels que nous sommes, ni plus ni moins, ni mieux ni moins bien.
  2. Arrêter la comparaison. Chacun a son talent, ses qualités et ses défauts. Parce que chacun a quelque chose de singulier à transmettre. Cette singularité à autant de valeur que celle de quelqu'un d’autre.
  3. Commencer à accepter les compliments pour ce qu’ils sont sans chercher des excuses.

Voici une liste de questions auxquelles il peut être utile de répondre pour faire le point objectivement sur soi ou de petits exercices pour aider à retrouver de la valeur: 

  • Qu’est-ce qui me rend unique ? Je cite au moins 5 qualités qui me caractérisent.
  • Quels sont mes principaux talents ? Je cite au moins 5 choses que je sais bien faire.
  • Quelles ont été mes dernières réussites ? Je cite au moins 5 choses que j’ai réussi ces dernières semaines.
  • Je demande à trois personnes qui me sont chères ce qu’elles aiment en moi.

Enfin, rappelez-vous que si vous ratez quelque chose, ce n’est pas la fin du monde. L’erreur est nécessaire et permet d’apprendre. L’échec fait partie du processus, comme quand vous avez appris à marcher : il a fallu tomber et se relever mille fois et vous ne vous êtes pas découragé!

Retrouvez "La Grande Forme" en direct du lundi au vendredi de 13h à 14h30 sur VivaCité. Vous avez manqué l’émission ? Nous vous invitons à la revoir sur Auvio ainsi que sur différentes plateformes de Podcast telles que : Pocket Casts, Podcast addict, Google Podcast ou encore Apple Podcast.

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