Ecologie

Le train-bragging ou quand les voyageurs se vantent de prendre le train

Le train-bragging ou quand les voyageurs se vantent de prendre le train.

© SrdjanPav

23 août 2022 à 12:00Temps de lecture2 min
Par RTBF avec AFP

On a tous entendu parler du "flight shaming", ce comportement qui consiste à avoir honte de prendre l'avion pour des raisons écologiques. Aujourd'hui, les voyageurs choisissent non seulement de monter à bord des trains mais de s'en vanter.

Avec l'essor des trains de nuit et des petits prix en Europe, le "train-bragging" ne pourrait que mieux rouler.

Le train émet 80 fois moins de CO2 que l'avion

Comment expliquer le succès du train, surtout dans un contexte de hausse des prix, l'Insee (France) annonçant une augmentation de 14,6% entre avril 2021 et avril 2022 ? Si la motivation des voyageurs est écologique, cela se justifie puisque le train émet en moyenne cinquante fois moins de CO2 par rapport à la voiture, d'après les calculs du ministère de l'Ecologie. Le rapport passe à 80 fois moins quand on le compare à l'avion.

Accompagnant le mouvement du "slow travel" (voyager lentement pour réduire l'empreinte carbone de ses déplacements), le choix du train s'est en effet imposé comme l'une des meilleures solutions.

On se souvient des propos de Greta Thunberg, qui refusait de monter dans un avion pour rejoindre Madrid à l'occasion de la COP25.

Les prises de position de l'adolescente avaient suscité la création d'une expression "le flight shaming", comprendre "la honte de prendre l'avion". En réponse à ce mouvement, un autre phénomène également originaire de Suède avait pris le pas : le "train-bragging". S'il s'agit de présenter le train comme le bon choix pour mieux faire attention à la planète, le comportement des "train-braggers" va plus loin : celui-ci consiste à se vanter de préférer le rail pour réduire l'impact écologique de ses voyages. En anglais, "bragging" signifie en effet "se vanter".

La renaissance du train de nuit européen

La renaissance du train de nuit européen.
La renaissance du train de nuit européen. Justin Pumfrey

A l'origine identifié par le terme suédois "tagskryt", le mouvement ne peut que s'amplifier avec l'essor de nouvelles lignes de train, et notamment des lignes de nuit ressuscitées. En décembre prochain, Zurich devrait être relié à Rome via Milan pour un train nocturne tandis qu'un itinéraire Paris-Berlin est attendu pour décembre 2023 puis un Barcelone-Zurich en décembre 2024.

D'après une étude dédiée au développement de nouvelles lignes de Trains d'Equilibre du Territoire (TET - France), près de dix lignes de trains de nuit pourraient ouvrir à l'horizon 2023. D'après les données chiffrées du ministère français de l'Ecologie, choisir le train de nuit pour un déplacement permet de réduire de 95% les émissions de CO2 du trajet.

Les compagnies multiplient les tarifs réduits

Le retour des trains de nuit ne constituerait pas l'unique raison de se vanter de choisir le train pour voyager plus écolo. Les dernières initiatives successives des compagnies ferroviaires européennes participent largement à observer un temps de réflexion avant de choisir son mode de déplacement pour un prochain voyage.

Dans un contexte où l'inflation atteint les 10% en Espagne, la France a choisi de rendre gratuits à partir du 1er septembre et jusqu'à la fin de l'année les itinéraires à bord des trains de banlieue et de certaines lignes de moyenne distance.

Au Luxembourg, le voyage en train est gratuit depuis février 2020, aussi bien pour les résidents que pour les étrangers.

En Allemagne, les transports locaux et régionaux sont accessibles avec un ticket à neuf euros.

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