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Le travail 'gratuit' est-il nécessaire pour trouver un job ensuite ?

12 mai 2022 à 05:15Temps de lecture5 min
Par RTBF La Première

Stage, volontariat, alternance… le travail 'gratuit', appelé 'Hope Labour' aux Etats-Unis, est-il une étape essentielle pour créer les premières lignes de son CV professionnel ? Une étude a démontré que ce serait un moyen efficace pour trouver rapidement un emploi mieux rémunéré ensuite. Ce serait aussi un outil d’anti-discrimination efficace. Analyse avec Jean-Olivier Collinet de Jobyourself.

Aux Etats-Unis, le Hope Labour, ou 'travail de l'espoir' concerne de nombreux métiers, et plus particulièrement le monde digital. Ces personnes exercent une série de prestations bénévoles pour se créer un book, un cahier, un nom. La situation est souvent dénoncée, parce que beaucoup d'entreprises en abusent.

Qu'en est-il en Wallonie, à Bruxelles, de ce travail volontaire, de ces travailleurs de l'espoir ? Certains ne sont même pas stagiaires, ils n'ont aucun statut, ils espèrent avoir un contrat de stage, puis ils espèrent avoir un contrat de travail à durée déterminée, avant d'espérer trouver un travail à durée indéterminée...

Un vrai tremplin vers l’emploi

Jean-Olivier Collinet est convaincu de l'effet bénéfique de ces stages. Les statistiques le prouvent : près d'un stage sur trois aboutit à une proposition de travail.

Une étude de l'Université de Gand en 2019 réalisée sur les non-actifs (personnes au chômage, en maladie de longue durée, prépensionnés, etc, soit environ 30% de la population), montre qu'un demandeur d'emploi sans expérience récente reçoit 29% en moins d'invitations et de sollicitations lorsqu'il postule à une offre d'emploi.

Cela veut donc dire que, si l'on s'active, via une expérience professionnelle ou entrepreneuriale, ou encore via un stage, on pourrait nettement augmenter son employabilité !

Différentes catégories de stage

Il y a 3 catégories de 'travail volontaire', dont 2 catégories de stages et 1 de volontariat. 

  • les stages que l'on fait pendant les études, qui vont d'1 mois à 3 mois et demi. Ce stage n'est généralement pas rémunéré, il fait partie d'un cursus d'apprentissage et permet de faire une expérience professionnelle, de découvrir les outils, de se faire un premier réseau.
     
  • les stages dits professionnels. Ils se font soit sur le principe de la formation en alternance : on fait une formation et en même temps on travaille. Ou encore sur le principe des stages d'insertion : on intègre une entreprise qui nous forme, elle reçoit une indemnité pour cela et elle nous rémunère.

    Il y a par exemple la Convention d'Immersion Professionnelle, le CIP, qui est une formation pédagogique de 1 à 6 mois, qui permet à une personne d'intégrer une entreprise en percevant au minimum 840€ par mois.

    Ou encore le Stage First, qui permet aux jeunes de moins de 30 ans, qui ont un niveau de secondaire inférieur, de pouvoir bénéficier pendant 3 mois d'une première expérience en entreprise. Cela permet de l'ajouter sur son CV et de pouvoir se prévaloir d'une expérience professionnelle. L'indemnité est de 26€ par jour + des frais forfaitaires de 200€ par mois, à charge de l'employeur.

    Il y a aussi le PFI (Plan Formation-Insertion) : un stage de 1 à 6 mois à temps plein ou à temps partiel pour acquérir une formation chez un employeur. Il existe des PFI plus spécifiques à certains secteurs.

    Enfin, la formation alternée, en Région wallonne : vous dépendez d'un centre de compétences, pour une profession déterminée, et vous faites un stage de 3 à 12 mois, en alternant formation et apprentissage. Vous êtes rémunéré à hauteur de 350€ en plus de votre indemnité de chômage.

Il existe aussi des stages de formation linguistique ou encore des stages à l'étranger, via Actiris, le Forem ou Bruxelles Formation. Bref, de multiples possibilités pour tester le monde du travail ! Et ces organismes jouent le rôle d'intermédiaire et de contrôle pour éviter tout abus : programme réel de formation, durée de formation, invitation à signer un CDD à l'issue du stage, etc.

Peut-on dénoncer les abus dans le chef de l’entrepreneur ?

Le stagiaire a la possibilité de rendre compte d'une situation qui lui est défavorable et de se défendre. Il a en principe une convention de stage avec un organisme tiers, une tripartite. Il a le droit de se plaindre de certains abus et des évaluations sont mises en place.

Mais il y a évidemment des entreprises qui abusent. Certaines ne fonctionnent qu'avec des stagiaires. Et en particulier des stagiaires français, car après deux ans d'étude, en France, il est prévu un stage d'un an, ce qui est particulièrement intéressant pour l'employeur ! C'est abusif, mais ce n'est pas illégal... souligne Jean-Olivier Collinet.

L'entreprise a par contre une responsabilité envers le stagiaire :elle doit lui consacrer du temps et de l'énergie, pour que l'expérience soit positive pour lui. Il arrive que l'entrepreneur ne s'en rende pas suffisamment compte et que les stagiaires ne soient pas suffisamment valorisés, alors que le stage doit en principe être un véritable travail pour la personne qui intègre l'écosystème de l'entreprise.

"Il y a un équilibre à trouver, mais cela reste une expérience positive, une expérience qu'il ne faut pas hésiter à utiliser."

Comment trouver le stage idéal ?

Il est important pour le stagiaire de bien choisir son stage et de bien se préparer. Mais comment faire ?

  • Certains sites, comme Student.be, proposent des offres de stage.
  • Etablir les 10 entreprises qui vous tiennent le plus à coeur, en particulier celles pour lesquelles vous avez déjà du contact via vos proches, vos amis. Le bouche à oreille fonctionne assez bien.
  • Linkedin peut aussi être une bonne filière.
  • Certaines entreprises ont bonne réputation et ont de bonnes critiques, rédigées par d'anciens employés, sur Google.
  • Il faut aussi bien se préparer : bon CV, bonne lettre de motivation, demande bien personnalisée.
  • Ne pas nécessairement privilégier les adresses générales, les RH, mais essayer de trouver la personne qui recrute. Casser les codes digitaux et entrer le plus rapidement possible en contact.
  • Il faut penser aussi aux petites PME, dans une approche de proximité : un mail personnalisé puis un coup de téléphone avec un petit sourire dans la voix.
  • Ne pas lâcher prise, même si vous obtenez des 'non'.
  • Il faut respecter les codes de l'entreprise, vestimentaires ou autres.
  • Ne pas avoir peur de parler de ses forces et de ses faiblesses et créer une relation intéressante avec l'entreprise.

Autant les jeunes ont eu du mal à trouver des stages en plein confinement et ont dû les prester en télétravail, autant aujourd'hui, on est dans une bonne période, les entreprises sont en manque de personnel et le besoin de talents est élevé, se réjouit Jean-Olivier Collinet.

Enfin, le volontariat

Le site fédéral levolontariat.be explique tout sur le sujet : statut, assurance, cadre légal...

Le volontariat est aussi une bonne manière de rajouter une ligne sur votre CV et de vous intégrer dans un milieu professionnel. C'est aussi un très bel enrichissement personnel.

Un défraiement est possible, de maximum 36.84€ par jour et de maximum 1473€ par an.

Tendances Première : Les Tribus

Stage, volontariat, alternance… le travail « gratuit » est-il nécessaire pour trouver un job ? Avec Jean-Olivier Collinet

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