RTBFPasser au contenu
Rechercher

Belgique

Le variant Omicron annonce-t-il la fin de l’épidémie ?

La question du jour

Pour voir ce contenu, connectez-vous gratuitement

C’est une question qui se pose souvent ces dernières semaines, au départ de certaines déclarations de responsables politiques et de scientifiques. Omicron, plus contagieux mais moins virulent pourrait-il, à terme, nous sortir de la phase aigue de cette épidémie de COVID ? Il convient de rester très prudent, Déclic vous explique pourquoi.

1. Ce dont on est sûr

Une chose est sûre, le variant Omicron s’impose à vitesse grand V. Chez nous, le nombre de cas détecté quotidiennement double pratiquement tous les 7 jours, la moyenne des cas journaliers est proche de 20.000 et les taux de positivités explosent : au-delà de 22% ce qui laisse penser que de nombreux cas passent en ce moment sous le radar.

On sait aussi que ce virus, en raison de ses nombreuses mutations, présente un échappement immunitaire important.  Il recontamine un grand nombre de personnes qui ont déjà fait la maladie où qui ont reçu leurs deux doses de vaccins.

2. L’incertitude des taux d’hospitalisation

L’enjeu majeur est dès lors de savoir la part de patients infectés qui risquent de se retrouver hospitalisés à la suite de formes graves. Sur ce point, des incertitudes demeurent en raison de données assez contradictoire venues de pays étrangers où le virus est déjà plus présent que chez nous.

Si l’on s’en réfère à la Grande-Bretagne, les données sont plutôt rassurantes. Selon l’épidémiologiste Simon Dellicour (ULB et FNRS), "on voit une découplement assez important de la courbe des cas et de la courbe des hospitalisations, par rapport aux vagues précédentes.  Et c’est encore plus net pour ce qui est des soins intensifs". Par contre, les données issues de plusieurs grandes villes américaines ne vont pas du tout dans le même sens et tendent plutôt à montrer des taux d’hospitalisations très proches des vagues précédentes, lorsque le variant Delta était dominant.

Qu’en sera-t-il au niveau belge ? Il va falloir encore attendre un peu pour le savoir même si "en termes de caractéristiques de population et de taux de vaccination, nous sommes assez proche de la typologie de la Grande-Bretagne", explique Simon Dellicour.

3. La crainte de l’orage

Reste que même si on devait avoir 2 ou 3 fois moins de formes graves que lors des vagues précédentes… mais 4 ou 5 fois plus de contamination on se retrouverait quand même avec un énorme problème à gérer pour les hôpitaux. Le personnel est épuisé et en sous-effectif à cause des absences pour maladie et des quarantaines.  Il faudrait vraiment que le taux d’hospitalisation soit très nettement inférieur à celui du variant Delta pour éviter l’engorgement des hôpitaux dans les prochaines semaines, au vu de la vitesse de croissance des cas. 

4. Et après ? A moyen terme ?

L’espoir de beaucoup, c’est qu’une fois l’orage des contaminations par Omicron dépassé, la situation devienne davantage gérable. Un scénario crédible ? "Effectivement. A moyen et long terme, dit Simon Dellicour, si on a un variant qui est moins virulent et qui a un taux de circulation important, en terme de construction de l’immunité, c’est plutôt une bonne chose.  Ceci étant on pourrait toujours avoir l’apparition d’un nouveau variant plus transmissible et donc qui s’imposerait à son tour, tout en étant aussi virulent que le Delta… Donc en fait, malheureusement rien n’est acquis dans cette épidémie".

Sur le même sujet

Coronavirus en Hongrie : une quatrième dose de vaccin pour contrer Omicron

De A comme Afrique du Sud à Z comme Zinc, tout ce qu'on sait (ou pas) sur le variant Omicron du Covid-19

Coronavirus

Articles recommandés pour vous