C'est génial

Le White Album des Beatles : malgré les tensions dans le groupe, pourquoi est-il devenu si mythique ?

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L’album blanc des Beatles est aussi éclectique que révolutionnaire. Cindya Izzarelli revient sur sa conception avec Jean-Marc Panis, Bernard Dobbeleer chef de projet pour Jam, et Philippe Manche, journaliste culture au Soir.

Let It Be, Sergent Peppers Lonely Heart’s Club Band, ou encore Abbey Road. Les albums des Beatles sont entrés au panthéon de l’histoire du rock. Mais l’album ultime des Fab Four ne serait-il finalement pas celui… qui n’a pas de nom ?

Sorti le 22 novembre 1968, il ne porte aucune mention de titre si ce n’est le mot Beatles, écrit en relief. Ce double vinyle à la pochette blanche immaculée, sera appelé The White Album.

Un album sur fond de divorce

Le 27 août, Brian Epstein, l’illustre manager des Beatles, est retrouvé mort dans son lit londonien. Elle signe le début de la fin du groupe, via des choix économiques assez peu stratégiques.

Paradoxe en trompe-l’œil de l’histoire : alors que le monde plane encore sur les pistes de Sgt. Pepper, le bateau Beatles prend l’eau de toute part. Les quatre garçons qui craignent ne plus être dans le vent très longtemps, s’envolent pour l’Inde, avec femmes et enfant en direction de la ville de Rishikesh, dans l’espoir de retrouver une paix intérieure auprès du Maharishi Mahesh Yogi.

Le trip indien n’aura pas réussi à ressouder les Beatles, au contraire : alors que George Harrison reste en Inde, Ringo Starr court après les sirènes du 7e art avec un succès… mitigé. Et John Lennon se frotte à des expérimentations artistiques en tous genres avec sa nouvelle amoureuse Yoko Ono, rencontrée fin 1966, et qui ne le quitte plus.

Mais alors que la cohésion s’effrite, il y a un miracle : sans doute sans le savoir, les Beatles ont ramené des perles dans leur bagage indien. Des ébauches de chansons, l’embryon d’un disque superlatif.

Quand, à reculons, et séparément, ils entrent en studio pour enregistrer ce qui deviendra l’album blanc, ils ont de l’or dans les mains.

Un disque éclectique

Alors que contient de si particulier l’album blanc des Beatles par rapport à ses prédécesseurs ?

Plusieurs singularités le distinguent de l’œuvre musicale de l’époque. Il y a d’abord l’audace d’un incroyable éclectisme. Enregistré aux forceps, accouché dans la douleur et les tensions, entre mai et juin 1968, principalement dans les studios d’Abbey Road, ce disque est d’une richesse folle, sorte de catalogue de la maestria Beatles, et testament avant l’heure.

"C’est extrêmement courageux. C’est le moment du psychédélisme : tout le monde se met à ce genre. Eux ont fait l’album définitif du genre avec Sgt Pepper, et ils arrivent donc avec quelque chose de moins écrasant dans son expression. Ils reviennent plutôt à l’humain. […] On se sent plus proche des musiciens. On sent les aspérités, les défauts. Tout cela transparaît très fort dans les chansons" analyse Bernard Dobbeleer. L’exemple de cette pureté et de cette douceur se marque par exemple dans Julia, dédié à la mère de John Lennon, et Dear Prudence.

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Le disque qui a inspiré des générations de musiciens

Album le plus vendu de l’ère Beatles, avec plus de 24 millions de copies écoulées, il a aussi exercé une influence majeure sur l’histoire de la musique.

"Je pense qu’il n’y a pas une seule chanson du White Album qui n’a pas été reprise" estime même Philippe Manche.

Un morceau comme Helter Skelter laisse déjà apparaître les préceptes du Heavy metal. Paul McCartney, s’égosille sur les paroles de cette chanson au rythme infernal. Macca "peut aller dans tous les genres. Ici il est allé dans un genre absolument extrême pour l’époque. Encore aujourd’hui ce morceau n’est presque pas diffusable en radio dans son intégralité car il est tellement violent".

La sobriété de la pochette marque aussi des générations entières. "Elle est d’une modernité incroyable, cet album pourrait sortir maintenant, le graphisme est totalement dans l’air du temps" pour Bernard Dobbeleer. Après ce White Album, Prince, Metallica et Jay-Z avec leur Black Album joueront la carte de la simplicité visuelle.

Keystone-France / Getty Images

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