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Leçon d'histoire : Le thé, connu depuis des siècles pour ses vertus

17 févr. 2022 à 10:00Temps de lecture2 min
Par Nathalie Masset

Le 17 février 1661, jour faste s’il en est, un autre Roi-Soleil, de Chine celui-là, monte sur le trône impérial. Il a 6 ans… Il s’appelle Kangxi, il descend de la dynastie Qing et va régner sur ses vastes terres durant 62 ans. retraçons l'histoire du thé à cette époque.

D’un côté du monde, on a le jeune Louis XIV qui entame les travaux de contruction de Versailles, et de l’autre côté de la planète, un gamin de 6 ans du nom de Kangxi qui devient empereur de Chine. 

En Chine, à l’époque, les vertus du thé sont déjà connues et vénérées depuis longtemps. Mais c’est sous la dynastie Qing, celle de Kangxi donc, que s’affinent l’art du thé et toutes les méthodes de production modernes : les feuilles de thé sont d’abord séchées au soleil puis chauffées dans un récipient métallique (sans doute l’ancêtre du wok), qui va permettre de développer la forme de base, celle du thé vert.

Ensuite, d’autres styles de thé verront le jour, avec d’autres techniques de production, comme les thés bleus-verts (wulong), les thés rouges (ceux que nous appelons noirs en Europe), les thés blancs ou encore les thés jaunes.  

Et chez nous ?

Le thé arrive au milieu du XVIème siècle via la route des Indes, grâce aux Portugais et au célèbre navigateur Vasco de Gama. Il fait son entrée en Angleterre un siècle plus tard, vers 1650 et, à cette époque, il n’est apprécié que par quelques " happy few " pour ses vertus médicinales. 

Il faut attendre 1662 et le mariage du Roi Charles II avec Catherine de Bragance, princesse portugaise véritable fan de thé, pour que la coutume se répande, à la Cour d’abord, et dans le pays tout entier ensuite.  

De l’autre côté de la Manche, c’est le même engouement ! Le thé apparaît à Paris vers 1636. Premier addict, le Cardinal Mazarin, qui en boit pour soulager ses crises de goutte.

Deuxième addict : Madame de Sévigné, qui le recommande à toutes ses copines. Et toutes les vertus de ce sublime nectar se retrouvent concentrées dans le fameux Traité du thé de Philippe Sylvestre Dufour, le premier ouvrage écrit en français qui sortira en 1693. 

Ce livre parle des différents types de thé et de leurs usages mais aussi de leurs vertus. On y apprend que le thé est bon : 

  • contre les enrhumures (sic), les douleurs de tête et les désordres causés par l’excès de vin 

  • contre la débilité d’estomac, les tranchées de ventre, la goutte, la gravelle (calculs aux reins), la colique, les maux de rate et les rhumatismes 

  • pour rester éveillé 

  • avec du lait, pour lutter contre la diarrhée.

Il donne même quelques recettes-miracle: 

" Voici la méthode dont on peut en user si on veut s’en servir pour la santé. Après s’être purgé s’il est nécessaire, suivant l’avis d’un Médecin, on prendra une tasse de lait de vache que l’on fera légèrement bouillir pour l’écrémer et en ôter les parties butyreuses* qui chargent l’estomac et embarrassent la poitrine; on mettra en même temps infuser une dragme (4.36 grammes) de thé dans deux verres d’eau chaude, puis on mêlera le tout avec une cuillerée de sucre et on en avalera une bonne écuelle (1/2 litre) chaudement. Continuant ainsi pendant un mois et même deux si on s’en trouve bien, avec la précaution de se purger doucement et agréablement de quinze en quinze jours "…  

 

Bonne dégustation

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