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L’Église anglicane : l’un des piliers de la monarchie britannique

03 juin 2022 à 13:00Temps de lecture2 min
Par Chloé Goudenhooft

À l’occasion du jubilé de platine d’Elizabeth II, une messe en l’honneur de la Reine sera célébrée à la Cathédrale St Paul, au cœur de Londres. L’événement rappelle les liens étroits entre la monarchie et l’Église anglicane, religion d’État en Angleterre.

La Cathédrale Saint Paul à Londres, prête à être décorée pour le jubilé
La Cathédrale Saint Paul à Londres, prête à être décorée pour le jubilé © Chloé Goudenhooft

Vendredi 3 juin, le Grand Paul, la plus grande cloche d'église du pays, sonnera pour le service du jubilé de platine d’Elizabeth II. Fabriquée en 1882, l’imposante cloche s'est tue dans les années 1970 en raison d'un mécanisme cassé. Elle a été restaurée en 2021 et a sonné à 8 reprises depuis, mais c'est la première fois qu’elle sera utilisée pour une occasion royale.

Le symbole est de taille et il souligne les liens étroits entretenus entre la monarchie et l’Église réformée d’Angleterre. "Le monarque est le gouverneur suprême de l’Église," explique Andrew Blick, professeur d’histoire au King’s College de Londres. "Les nominations à l’Église se font sous l’autorité du monarque, même si ce sont des choix qui lui sont soumis. 26 évêques siègent dans la Chambre des Lords. Donc ce n’est pas que la Reine qui est connectée à la religion, ce lien joue dans toute notre société. Je pense qu’un tiers des écoles publiques sont des écoles religieuses."

Tolérance

Le monarque britannique est le chef de l’Église anglicane depuis les années 1530. C’est le roi Henri VIII qui a renoncé à l’autorité du pape lorsque ce dernier a refusé d’annuler son mariage avec Catherine d’Aragon.

Ce lien est symbolisé au moment du couronnement, comme en 1953. Elizabeth II a été ointe par l'archevêque de Canterbury et a prêté serment de "maintenir et préserver inviolablement l'établissement de l'Église d'Angleterre, ainsi que la doctrine du culte, de la discipline, et son gouvernement, conformément à la loi établie en Angleterre".

Fidèle à la tradition de tolérance du Royaume-Uni, la Reine reconnaît néanmoins les autres religions dans le pays et dans le Commonwealth, mais Elizabeth II est très croyante et ce rôle de chef de l’Église lui tient très à cœur.

Rupture

En revanche, le lien entre le Prince Charles et la religion anglicane est loin d’être évident. "Le prince pense que la foi religieuse est une bonne chose pour la société, mais je pense qu’il est moins engagé à promouvoir une religion en particulier", poursuit le professeur. Charles est en effet intéressé par l’islam, le bouddhisme ou encore le sikhisme. "Il pourrait faire le choix de prendre de la distance avec l’anglicanisme. Mais cela serait une vraie rupture car pour s’assoir sur le trône, vous devez être engagé auprès de l’Église établie." En 1994, l’héritier de la couronne a même déclaré qu’il voulait être le défenseur des fois et non le défenseur de la foi, titre qui est actuellement celui que possède sa mère. Or, ce n’est pas la façon dont fonctionne l’Église anglicane. "S’il ne peut pas, en toute honnêteté, être le défenseur de la foi, alors peut-être devra-t-il abdiquer", expliquait le révérend Gordon Warren dans le documentaire 'The Madness of Prince Charles', diffusé en 2005.

Dans les faits, l’Église Anglicane est en recul en Angleterre. La fréquentation des services religieux a chuté de 15 à 20% entre 2009 et 2019. Mais un tel changement bouleverserait malgré tout en profondeur le fonctionnement de la société britannique.

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