Vuelta - Cyclisme

L’émotion de Molard, nouveau maillot rouge de la Vuelta : "Il y a un an, je ne savais pas si je retrouverais mon meilleur niveau"

L’émotion de Molard, nouveau maillot rouge de la Vuelta : "Il y a un an, je ne savais pas si je retrouverais mon meilleur niveau"

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24 août 2022 à 15:55 - mise à jour 24 août 2022 à 16:43Temps de lecture2 min
Par Antoine Hick

Joli coup réalisé par Rudy Molard sur la 5e étape de la Vuelta. En bonne position au général, le Français a profité de son échappée au long cours pour déposséder Primoz Roglic du maillot rouge et s’adjuger la prestigieuse tunique de leader. A l’arrivée, il devance le jeune Fred Wright de deux secondes. Forcément, à chaud, quelques minutes après l’arrivée, c’était l’émotion qui prédominait chez le coureur français, déjà en rouge en 2018.

"Ce que ça représente de retrouver ce maillot rouge ? Beaucoup. L’année dernière, j’avais dû quitter la course après un grave accident. Je ne savais pas si j’allais pouvoir revenir à mon meilleur niveau. Un an après, je suis leader de la course. J’ai vraiment galéré cet hiver, j’ai fait quasiment 9 semaines sans sport, la reprise a été difficile. J’ai eu un Covid sévère en janvier, je n’ai repris la compétition que fin mars. Là je suis leader d’un Grand Tour. Il faut toujours y croire" a-t-il confié en français au micro de l’organisation.

Quelques secondes plus tôt, c’est en anglais que Molard revenait sur sa course et sur une journée difficile : "J’y pensais depuis hier. Je n’étais pas si loin au général. J’ai dit à mes coéquipiers que c’était possible de tenter quelque chose. Jake Stewart était tellement fort aujourd’hui, il a tout donné pour moi. A la fin, c’était un peu confus avec toutes les attaques. A la fin, je l’ai attendu parce que je savais qu’au sprint, il pouvait gagner l’étape. Soler a finalement pris l’étape, ce n’est pas plus mal, ça m’a facilité la chose pour les bonifs. Je savais que pour prendre le maillot rouge, je ne devais "que" suivre Fred Wright mais je savais qu’il allait vite donc j’étais un peu sceptique par rapport au sprint final. Mais quand j’ai vu Arndt et Impey revenir de derrière et sprinter, je me suis dit que c’était bon pour moi."

 

Emotion partagée par Philippe Mauduit, le directeur sportif

A l'arrivée, l'émotion et la satisfaction étaient évidemment les mêmes dans les rangs de Groupama-FDJ. Philippe Mauduit , le directeur sportif de la formation française est revenu sur la journée folle de son équipe, au micro de Jérôme Helguers : "On s'était dit qu'il fallait bien regarder ce qui allait se passer en début de course parce que, peut-être, que Jumbo allait laisser filer le maillot pour une équipe comme la nôtre. Ils savent qu'on va essayer de le garder quelques jours et ça leur fait du travail en moins. On a conseillé à Rudy Molard de se glisser dans les coups pour essayer d'aller chercher ce maillot. Et à Jack Stewart de l'accompagner parce qu'il y avait l'étape à jouer et Rudy avait besoin de quelqu'un dans l'échappée.

Après Bilbao, Stewart a essayé de prendre un peu d'avance, ça a suffi mais le gamin fait son premier grand Tour et il a été pris de crampes dans le final. Donc l'étape nous échappe mais ça reste une très belle journée pour la Groupama-FDJ. Il fallait calculer parce qu'il y avait des bonifs en haut puis les bonifs sur la ligne donc il fallait que Rudy parvienne à battre Wright ou qu'au moins il soit dans sa roue sans coureur intercalé. Cela a marché et finalement c'est la beauté du cyclisme."

Philippe Mauduit en a d'ailleurs profité pour rendre hommage à Rudy Molard, l'éternel coéquipier, héros d'un soir : "Rudy c'est le gros travailleur. C'est un garçon sur lequel on s'appuie beaucoup pour le groupe, la stratégie pour parler aux copains, pour remplacer le directeur sportif aussi dans le peloton. Aujourd'hui, il a cette récompense, ça nous fait plaisir."

Rudy Molard, nouveau maillot rouge de la Vuelta.
Rudy Molard, nouveau maillot rouge de la Vuelta. © RTBF

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