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Leonardo DiCaprio a un arbre à son nom et il le mérite bien

08 janv. 2022 à 10:00Temps de lecture4 min
Par J.B. avec Agences

Leonardo DiCaprio a désormais un arbre tropical à son nom. Non ce n’est pas une blague. C’est la volonté de scientifiques du jardin botanique de Kew au Royaume-Uni. Il s’agit d’un arbre du Cameroun situé dans la forêt d’Ebo. Une sorte d’hommage rendu parce que l’acteur avait lutté pour la préservation de cette forêt. Oui parce que, pour celles et ceux qui l’ignorent, Leonardo DiCaprio n’est pas seulement un acteur oscarisé, il est aussi un fervent militant de la cause écologique et ce depuis de nombreuses années.

Et dernièrement on peut le voir dans le rôle d’un scientifique qui tente d’alerter le monde sur l’approche d’une comète qui pourrait bien détruire la terre… Sauf que, comme pour les scientifiques qui ne cessent de crier les dangers liés au réchauffement climatique, et bien personne ne l’écoute. Un rôle sur mesure, inspiré par un réel professeur, le climatologue Michael E. Mann. Le film Don’t look up cartonne en ce moment sur Netflix et il est soutenu par la plateforme count us in, elle-même soutenue par les acteurs du film.

Un engagement de longue date

Les prises de position environnementales de Leonardo DiCaprio, ça fait un paquet d’année qu’on les entend. L’acteur a créé sa fondation en 1998. A peine un an après avoir percé avec son premier film La plage. C’est une fondation à but non lucratif dont le but est de lutter contre le réchauffement climatique et qui permet de récolter des fonds.

Sur chacun de ses réseaux sociaux, Leo se définit comme "acteur et environnementaliste". Et ses réseaux, ça fait beaucoup d’abonnés : 51,7 millions sur Instagram, près de 20 millions sur Twitter. Ce qui lui offre une tribune assez conséquente dont il se sert largement pour parler de son combat et sensibiliser la population au changement climatique.

En 2014, il a été nommé messager pour la paix pour la lutte contre le réchauffement climatique par les Nations-Unies. Au moment de sa nomination, face à un parterre d’internationaux, voici ce qu’il déclare : "En tant qu’acteur, je fais semblant pour vivre. Je joue des personnages fictifs qui doivent souvent résoudre des problèmes fictifs. Et je crois que l’humanité regarde le changement climatique de la même manière. Comme s’il s’agissait d’une fiction. Comme si le fait de prétendre que le changement climatique n’était pas réel allait faire disparaître le problème. Mais je crois qu’aujourd’hui nous en savons plus".

Depuis donc plus de 25 ans il s’engage dans de très nombreux projets et causes que ce soit pour la préservation des océans, des forêts ou encore des animaux, il est sur de nombreux fronts. Bref lui et sa fondation sont présents dans plus de 50 pays à travers le monde.


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Mieux que n’importe qui, l’acteur oscarisé connaît le pouvoir de l’image. C’est aussi pour ça qu’il s’implique dans des films ou des documentaires. C’est par exemple lui qui produit en partie le documentaire Cowspiracy : The sustainability secret, sorti en 2015.

Et dernièrement, le film Don’t Look up, qui est clairement engagé et dont il inonde ses réseaux sociaux pour en parler est un véritable succès. Il comptabilise déjà près de 50 millions de spectateurs depuis sa sortie le 24 décembre. En plus, chaque acteur du casting se positionne en porte-drapeau de la cause écologique. Leonardo Di Caprio a même enregistré une vidéo pour expliquer le message derrière le film.

Un arbre bien mérité

Et c’est d’ailleurs une des causes pour lesquelles il s’est battu qui est aujourd’hui à l’origine de cette nomination. En effet, l’acteur s’était investi en 2020 pour empêcher l’exploitation des plus de 68.000 hectares de la forêt d’Ebo au Cameroun. C’était aux côtés de l’organisation de conservation Re : wild.

Et ça avait marché puisque le gouvernement camerounais était, à l’époque, revenu sur sa décision. Les défenseurs de l’environnement avaient notamment rappelé que des primates menacés d’extinction vivaient dans cette forêt.

Et c’est la préservation de cette forêt qui avait permis aux scientifiques d’y découvrir plusieurs espèces. Et parmi elles, l’Uvariopsis dicaprio. A quoi ressemble cet arbre ? Et bien il fait 4 mètres de haut et a un tronc orné de grandes fleurs jaune-vert.

"Nous avons beaucoup apprécié le soutien que Leo nous a apporté dans la campagne pour protéger Ebo l’année dernière, il nous a donc semblé opportun de l’honorer de cette manière, en baptisant de son nom une espèce unique à cette forêt", a expliqué Dr Martin Cheek, chercheur principal dans l’équipe Afrique de Kew.

"Si la concession forestière avait été lancée, nous aurions probablement perdu cette espèce à cause de l’extraction du bois et de l’agriculture sur brûlis qui suit généralement les concessions forestières", a-t-il ajouté.

Par contre, il n’y a pas que des bonnes nouvelles. Parce que l’arbre de Leo est déjà considéré comme étant en danger critique d’extinction car la forêt dans laquelle il se trouve est toujours menacée par l’exploitation forestière, l’exploitation minière et la conversion des terres en plantations.

En revanche, donner un nom à cette espèce, au-delà du symbole et de l’honneur pour Leo, c’est quand même utile. "Tant qu’une espèce n’a pas de nom scientifique, l’évaluation de son risque d’extinction est presque impossible, ce qui rend la protection contre l’extinction et la recherche sur leurs propriétés incroyablement difficiles", souligne Kew.

Plusieurs espèces de la liste de 2021 sont déjà considérées comme menacées d’extinction en raison des menaces pesant sur leur habitat naturel et trois seraient déjà éteintes.

LORNA MACKINNON

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