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Les abandons d'animaux de compagnie se multiplient en raison du coût de la vie

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09 oct. 2022 à 16:00 - mise à jour 09 oct. 2022 à 17:31Temps de lecture2 min
Par Thomas de Brouckère

La crise énergétique actuelle a des impacts pour nos animaux de compagnie. Ils sont de plus en plus nombreux à être abandonnés. La faute à des factures très lourdes et certains n’ont plus les moyens de nourrir ou soigner leur chien ou leur chat. Le bien être animal était justement au coeur d'un évènement organisé ce dimanche à Binche.

L’abandon

Les refuges doivent régulièrement refuser d’accueillir certains animaux car il n’y a pas de place. Gaëtan Sgualdino est le directeur de la SPA de La Louvière, avant 2020 il recevait entre 10 et 15 demandes d’abandon par an. Aujourd’hui, c’est entre 10 et 15 demandes par mois.

"Les personnes n’ont plus les moyens de subvenir à leurs propres besoins y compris ceux de leurs animaux. Conséquence, ils nous appellent et c’est souvent assez touchant, parce qu’ils sont confrontés à des difficultés telles qu’ils ne savent plus nourrir leurs animaux ou répondre à leurs besoins essentiels comme des traitements médicaux très coûteux. Ils nous demandent de prendre le relais mais nous n’avons plus de place et c’est le cas dans de très nombreux refuges", explique-t-il.

Gaëtan Sgualdino, directeur de la S.P.A. de La Louvière.
Gaëtan Sgualdino, directeur de la S.P.A. de La Louvière. © Tous droits réservés

Moins d’adoptions

Autre conséquence des prix de l’énergie très élevés, le nombre d’adoption d’animaux de compagnies est aussi en forte baisse. "La situation est très compliquée, on est à -40% d'adoptions dans notre refuge et d’autres refuges sont aussi touchés par cette tendance. Les gens sont excessivement frileux d’adopter en cette période or c’est le seul moyen de sortir les animaux des refuges", explique Gaëtan Sgualdino. On évalue le coût de la prise en charge d’un chien à 800 euros en moyenne par an et 500 euros pour un chat.

Réfléchir avant d’adopter

Et pour faire de la place, pas question d’euthanasier des animaux au refuge de La Louvière, "Pour nous l’euthanasie ce n’est pas une solution. Malheureusement ça se fait encore dans certains refuges mais c’est à chaque fois la faute des gens qui ont adopté un animal sans réfléchir", peste le directeur de la SPA louviéroise.

Des adoptions irréfléchies, il y en a eu beaucoup durant la pandémie de Covid. Rappelez-vous, à l’époque, une exception pour pouvoir sortir de chez soi pendant les confinements, c’était pour sortir son chien. Les adoptions ont donc explosé et aujourd’hui les bêtes sont abandonnées.

Sophie Locatelli, directrice du refuge "Le rêve d’Aby".
Sophie Locatelli, directrice du refuge "Le rêve d’Aby". © Tous droits réservés

Les animaux de ferme aussi

Cette situation des refuges bondés elle est valable aussi pour de plus grosses bêtes. L’asbl "le rêve d’Aby" recueille les chevaux et animaux de ferme maltraités comme des vaches, des moutons, des cochons ou encore des volailles. Sophie Locatelli est la présidente du refuge, elle n’a jamais connu une telle situation.

"C’est très compliqué aussi car nous, nous sommes confrontés à des situations de maltraitance, des gens qui ne prennent plus soin de leurs animaux pour diverses raisons. Je pense que la crise a bon dos mais en ce qui concerne les adoptions, c’est la première fois que je me retrouve sans aucune demande d’adoption. Il y a sans doute un sentiment de peur de la population de ne pas avoir assez d’argent pour entretenir ces animaux-là qui nécessitent de grosses infrastructures. Mais j’espère que cette peur va s’estomper et que nos animaux trouveront des familles".

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