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Les Apparences… tout faire pour les sauver !

Les Apparences… tout faire pour les sauver !

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22 sept. 2020 à 03:10Temps de lecture1 min
Par L'Agenda Ciné

Ève travaille comme responsable de la médiathèque à l’Institut français de Vienne, en Autriche, dont la vocation est d’assurer la promotion de la culture française.

Henri, son mari, musicien renommé, est le chef d’orchestre de l’Opéra.

Ensemble, ils sont un couple incontournable de la vie mondaine de Vienne et plus particulièrement de la petite communauté des expatriés français.

À l’évidence, Ève et Henri, parents de Malo, un petit garçon qu’ils ont adopté, ont tout du couple heureux et comblé, gâté par la vie.

Mais quand Ève découvre que son mari la trompe avec l’institutrice de leur fils, il est hors de question pour elle que cette belle image affichée de bonheur conjugal et familial soit ternie. Ève va alors œuvrer pour éliminer sa rivale du cadre, quand, de son côté, elle aura quelques difficultés à se débarrasser d’un beau jeune homme plus que collant…

On se régale de la manière dont Marc Fitoussi (" Copacabana ", " Pauline détective ", " Maman a tort "…) croque cette bonne société imbue de ses privilèges et foncièrement hypocrite, qui n’est pas sans rappeler Claude Chabrol ou Luis Buñuel.

Admiratif des romans de Patricia Highsmith, dont les droits sont détenus depuis longtemps par Sydney Pollack (et aujourd’hui par ses ayants droit), le réalisateur français a vu dans Trahie, le roman de Karin Alvtegen, ce côté thriller qu’il avait très envie de mettre en scène. L’atout supplémentaire de ce film est sans conteste sa superbe distribution, Karin Viard, Benjamin Biolay sans oublier Pascale Arbillot.

Marc Fitoussi, que L’Agenda Ciné a rencontré, nous livre quelques secrets de tournage…

Les Apparences… tout faire pour les sauver !
Les Apparences… tout faire pour les sauver ! © Tous droits réservés

L'Agenda Ciné : Pourquoi avoir pris la ville de Vienne en Autriche comme cadre de votre histoire ?

Marc Fitoussi : C’est en rapport au métier de chef d’orchestre, celui qu’exerce Benjamin Biolay dans le film. Henri, son personnage, est censé représenter dans la communauté la personne la plus désirée, qui plus est, dans une ville qui est par excellence celle de la musique. Vienne est aussi la ville de Freud, et dans cette histoire c’est encore et toujours les mères qui ont raison !

Cette ville que l’on dit romantique, on pouvait la rendre dangereuse et la percevoir comme oppressante… finalement pas si accueillante que cela !

 

Pouvez-vous nous parler de ce couple Karin Viard - Benjamin Biolay, que vous avez formé pour votre film.

Se pose toujours la question de la crédibilité quand on fait un film. Il fallait croire en ce couple. Dans la vraie vie Karin Viard est plus âgée que Benjamin Biolay, mais il n’y avait aucune raison dans mon histoire qu’Ève soit plus âgée que son mari Henri. On a donc fait en sorte qu’à l’écran on croit qu’ils ont le même âge.

Benjamin Biolay, chanteur et musicien dans la vie, avait de quoi être crédible, et l’on n’est pas étonné de le voir dans ce rôle de chef d’orchestre. Il a d’ailleurs été ravi (comme peu d’acteurs l’auraient été) de se retrouver comme ça, toute une journée avec un orchestre, pendant que je tournais dans les loges avec Karin Viard et Pascale Arbillot.

Les musiciens de l’orchestre qu’il a dirigés pour les besoins du film ont dit qu’il était meilleur que leur chef d’orchestre. Je ne sais pas si c’était de la flagornerie, mais il a été très heureux de l’entendre et très fier. 

Par ailleurs, ça lui va très bien d’être taiseux. Et si j’ai pu proposer le rôle à plusieurs acteurs avant lui (ce que savait Benjamin Biolay !), j’ai essuyé beaucoup de refus parce que généralement les acteurs aiment avoir des répliques et surtout plus de répliques que leur partenaire féminine !  

Je pense que les acteurs lisent tous un scénario en se demandant qui sera la vedette de cette histoire… je le dis sans ambages !

 

Et Karin ?

Karin a naturellement quelque chose de gouailleur, d’assez direct, d’assez cash. Je ne trouve pas que l’on puisse se dire que, forcément, elle vient de la haute société ou de la grande bourgeoisie. Cela facilitait les choses pour ce personnage d’Ève qui joue à la bourgeoise.  On pouvait ainsi faire facilement ressurgir son passé. 

 

Si votre film se passe à Vienne, de nombreuses scènes ont été tournées en Belgique

La production franco-belge de mon film fait que beaucoup de scènes ont été tournées en Belgique, alors que l’on est censé être à Vienne. C’est le cas de la scène où Ève rencontre Jonas pour la première fois, tournée dans un bar, Le Bar central, près des Halles Saint Géry. L’Opéra est celui de Liège. Tous les intérieurs ont été tournés à Ixelles. L’école du film est une école qui se situe non loin du Parc du Cinquantenaire…

Je me dis que les Bruxellois vont sans doute reconnaître ces endroits !

Sur les 6 semaines de tournage, j’ai eu droit à 10 jours de tournage à Vienne et tout le reste s’est fait en Belgique.

Il devient de plus en plus difficile de faire des films et je dois à la Belgique d’avoir pu financièrement faire celui-là ! Cela a impliqué de trouver des tas d’astuces pour faire croire que tout a été filmé à Vienne… un casse-tête permanent !

Mais cela permet de prendre le meilleur de chaque endroit de ces régions qui me sont imposées, comme ce fut le cas pour " Pauline détective " où j’ai vécu le même genre de situation. Ça pousse un peu plus le curseur de la précision. 

 

" Les Apparences ", un cocktail de causticité, de suspens, et d’amour… courrez le déguster !

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