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Les astuces des crèches pour faire des économies d’énergie

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Avec l’augmentation des prix de l’énergie, nombreux sont les milieux d’accueil à se serrer la ceinture côté chauffage et électricité. Mais, que mettent certaines crèches en place pour faire des économies d’énergie, tout en veillant à assurer un confort intérieur optimal ? Réponse avec trois crèches qui pensent à l’avenir de leur portefeuille et à celui de la planète.

Tout doux sur le chauffage

La question de la température est primordiale dans les crèches. Mais, comment assurer un confort optimal, tout en veillant aux dépenses énergétiques ?

En milieu d’accueil, la température recommandée est de 18°C dans les espaces de repos et de 20°C-22°C dans les autres espaces.

Si certaines crèches, comme la maison de l’enfance basse consommation énergie de Genval, ont la chance de bénéficier d’un système de chauffage optimal et d’un bâtiment pensé dans une logique d’économies d’énergie et de développement durable, c’est loin d’être le cas de la majorité des maisons d’accueil, qui doivent trouver des solutions à l’intérieur des murs existants.

C’est notamment le cas de la crèche Les Canaillous, à Etterbeek, qui a décidé de placer "un thermomètre dans chaque pièce, été comme hiver, pour garder un œil sur la température des locaux," explique Mme Rogmans, la directrice.

L’ONE conseille de placer les thermomètres à hauteur des enfants, car la chaleur monte et la température ressentie est donc différente selon les niveaux.

La chaudière de la crèche est réglée pour s’éteindre en l’absence d’occupants et "tous les radiateurs sont équipés de vannes thermostatiques," souligne la directrice. Le chauffe-eau, lui, est pourvu d’une minuterie." Des frais peu conséquents, qui permettent de faire de belles économies de chauffage. La crèche a en outre placé des panneaux solaires, il y a 6 mois.

Direction la crèche Le Chabo’T, à Fosse-la-Ville. Sa directrice Donatienne Gérard et son équipe accordent également une attention particulière aux économies d’énergie. "Nous avons malheureusement dû déménager dans un bâtiment communal non performant en matière d’énergie, en juillet 2021, à cause des inondations. Mais c’est temporaire ! On devrait pouvoir réintégrer notre ancienne crèche fin de l’année. On a hâte de la retrouver pour le confort de tou.te.s". Le Chabo’T est équipée d’un chauffage par le sol et modulé par trois thermostats. "C’est très confortable pour les enfants," nous dit Donatienne Gérard, la directrice, "et ça nous permet de régler les différents espaces séparément. La chaudière à pellets, quant à elle, est programmée et s’éteint le soir et la nuit".

Bien aérer pour mieux chauffer !

La température et le taux d’humidité sont deux paramètres essentiels au confort intérieur. Si une pièce est trop humide, elle sera difficile à chauffer, même en réglant les radiateurs au maximum.

Un taux d’humidité correcte en milieu d’accueil se situe entre 40 et 60%.

Mais comment réguler le taux d’humidité dans une pièce ? "En renouvelant l’air," insiste l’ONE (qui communique sur l’importance de la qualité de l’air intérieur depuis plus de 10 ans). "L’air est particulièrement important au sein d’une habitation et encore plus au sein d’un milieu d’accueil." Une bonne ventilation/aération constitue la première règle à respecter pour lutter efficacement contre l’humidité. D’autant plus que l’air intérieur a un impact direct sur la santé. Une mauvaise qualité de l’air peut être source de différents maux (fatigue, allergies, infections respiratoires, etc.)

La directrice du Chabo’T explique que "les sections sont habillées de grandes baies vitrées, ouvertes très régulièrement. Tous les matins, quand on arrive à la crèche, on aère tous les dortoirs. En plus de cela, nous disposons d’une ventilation mécanique contrôlée, un système qui permet de renouveler l’air intérieur, vicié et utilisé, par de l’air extérieur propre et frais, tout en faisant des économies d’énergie."

© @ONE – Crèche Les Canaillous

Chez Les Canaillous aussi, "on aère très souvent. Nous aérons 15 minutes toutes les 4 heures, 45 minutes le soir, hiver comme été. Nous avons suivi une formation sur l’énergie. Les puéricultrices ont aujourd’hui attrapé des automatismes. Aussi bien pour la cuisson que pour le chauffage. On met les couvercles sur les casseroles, on ne laisse pas les lumières allumées inutilement… Ce sont tous des petits gestes faciles à faire, qui deviennent des rituels". La crèche dispose en outre d’un extracteur d’air dans la cuisine, ce qui permet d’évacuer le surplus d’humidité provoqué par les cuissons.

*Le taux d’humidité se mesure à l’aide d’un hygromètre.

Et la lumière (naturelle) fût !

Si un bon éclairage est essentiel au confort visuel des enfants, il a aussi un impact sur le budget des crèches et l’environnement. La bonne nouvelle, c’est que, pour préserver la santé des enfants, mieux vaut privilégier l’éclairage naturel. Et, d’après l’ONE "environ 30% d’économies d’énergie peuvent être réalisées en privilégiant la lumière naturelle". Mais est-ce toujours faisable dans les milieux d’accueil ?

D’après l’ONE, "pour bénéficier d’un maximum de lumière naturelle, l’orientation du bâtiment est importante. Il faut privilégier les fenêtres larges et les orienter côté sud. Et, pour prévenir les éblouissements et les pics de chaleur, on peut utiliser des pare-soleils ou des stores solaires. Dans les bâtiments existants, on pourra jouer sur la lumière grâce aux couleurs des sols et des murs. Opter pour des teintes claires permet de donner plus de clarté. Une solution facilement accessible et qui ne demande pas un budget conséquent."

Chez Les Canaillous comme au Chabo’T, on profite au maximum de la lumière naturelle. L’utilisation de la lumière artificielle est réfléchie dans les deux établissements. "Quand les enfants sont à la sieste, toutes les lampes sont éteintes", nous informe la directrice du Chabo’T. Chez Les Canaillous, "les locaux sont équipés de néons économiques, allumés seulement en cas de besoin. Et puis, nous avons la chance d’avoir énormément de fenêtres. Ce sont des locaux très lumineux."

Des toilettes sèches dans les crèches ?

La toilette sèche est une solution à la fois écologique et économique. Mais qu’en est-il de son usage dans les crèches ?

Cap sur la maison d’enfants Les Briquaillons, à Tongrinne (Sombreffe), qui a installé des petites toilettes sèches facilement accessibles aux enfants. "Elles ont été réalisées sur mesure par mon mari," nous livre Françoise Dupire, la directrice. "Il a placé, sur la structure en bois, l’assise d’une ancienne petite toilette, pour un confort optimal."

Mais pourquoi avoir opté pour ce type de toilettes ? "La crèche existe depuis 8 ans. C’était notre maison auparavant, et les raccordements d’eau se trouvaient à l’opposé de la section. A la base, nous avons donc installé des toilettes sèches parce que l’ONE nous imposait de percer ou de creuser dans le bâtiment… Ce qui aurait représenté un gros budget. On a donc eu l’idée d’installer des toilettes sèches pour limiter les frais. Ce qui a été accepté par l’ONE." Des économies financières aujourd’hui assorties aux valeurs ludiques et environnementales de la crèche. "Nous voulions amuser et sensibiliser les enfants aux problématiques environnementales," souligne la directrice.

© @ONE

Un concept qui semble convenir aux enfants et aux parents. "Les parents réagissent super bien," témoigne Françoise Dupire. Quant aux enfants, "ils trouvent ça sympa et ludique de jeter des copeaux dans la toilette."

Côté pratique, les toilettes sèches sont vidées une fois par jour. D’après la directrice, "c’est devenu une routine. Ça fait partie du tri. Les puéricultrices vident tous les soirs les copeaux dans un compost prévu à cet effet. On ne l’utilise pas pour le potager, il sert à nourrir la biodiversité," conclut-elle en souriant.

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