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Santé & Bien-être

Les AVC en Belgique : une tache aveugle

Human brain showing stroke
22 févr. 2022 à 06:00Temps de lecture2 min
Par Johanne Montay

Il frappe sans crier gare. Pourquoi lui ? Pourquoi elle ? Pourquoi moi ? Et il laisse souvent des séquelles à long terme, quand il n’est pas fatal. Lui, c’est trois lettres qui changent une vie : l’AVC.

L’accident vasculaire cérébral représente la première cause de handicap chez l’adulte, la deuxième cause de démence et la 1re cause de mortalité chez la femme.

Le flou

Mais combien y en a-t-il chaque année en Belgique ? Il existe bien une fourchette (floue), basée sur les chiffres de l’INAMI : entre 24.000 et 28.000 patients en Belgique, d’après la Dr Noémie Ligot, Directrice de la Clinique de Neurovasculaire ULB-Hôpital Erasme et membre du Belgian Stroke Council, une organisation composée de scientifiques neurologues et spécialistes de l’AVC. Cependant, il n’existe aucun registre national des AVC dans notre pays.

Impossible donc d’avoir une vue claire sur le nombre de patients concernés, la qualité de la prise en charge de leur AVC, et le suivi de leur évolution : "On n’a pas d’idée précise du volume de patients qui nécessitent ces soins en Belgique, ni de la répartition de ces patients au niveau de la Belgique : est-ce que c’est homogène, est-ce que ça ne l’est pas et si ça ne l’est pas, pourquoi ? Et alors, on n’a pas non plus de retour sur la qualité des soins qui sont appliqués dans les différentes unités qui prennent en charge les AVC."

Or, certains hôpitaux ne sont pas outillés pour prendre en charge ces patients. Et il faut être très rapide dans la première phase de prise en charge d’un AVC. Cela nécessite des équipes et un matériel spécialisé qui ne sont pas présents partout.

Pas partout

La Belgique fait donc figure de mauvais élève de l’accident vasculaire cérébral, car, contrairement à la plupart des pays européens, elle n’a de vue sur les AVC qu’une tache aveugle, imprécise. En principe, elle aurait dû, avant le 23 février, transmettre ces données précises aux responsables européens du plan d’action AVC pour l’Europe (le Stroke Action Plan Europe 2018-2030). Mais en 2019 déjà, nous étions le seul pays, aux côtés de la Biélorussie, à ne pas pouvoir communiquer ces données complètes à propos de la prise en charge des AVC en Belgique.

Un registre un jour ?

Aujourd’hui, trois organisations médicales spécialisées, composée d’experts du cerveau et des AVC, s’inquiètent de l’absence d’un registre national des AVC en Belgique : le Belgian Stroke Council, à l’origine de cet appel, le Belgian Brain Council et l’European Brain Council : "Il est urgent que les autorités résolvent ce problème à la hauteur de l’importance qu’il revêt", demande le Belgian Stroke Council, aux côtés de l'association de patients Hertsenliga. 

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