Belgique

Les Belges manquent-ils de conscience climatique ?

Déclic - Le Tournant

Pour voir ce contenu, connectez-vous gratuitement

Canicule cet été, inondations records il y a un an, sécheresse, feux de forêts… les conséquences visibles du dérèglement climatique se multiplient même sous nos latitudes. Pour autant, les Belges ont-ils vraiment conscience de ce qui se joue au niveau de notre climat ?

Dans ce premier épisode de "Déclic – Le Tournant", nous vous emmenons dans un "cyclo-road-movie" à la rencontre de quelques dizaines de belges de Wallonie et de Bruxelles. L’objectif : prendre la mesure de ce qu’ils comprennent du réchauffement climatique, les causes, les conséquences déjà visibles, les conséquences à venir si l’on ne parvient pas à inverser la dynamique.

Le moins que l’on puisse dire, c’est qu’il reste énormément à faire en matière de conscientisation. Sur une douzaine de personnes rencontrées sur deux marchés bruxellois, aucune ne se sentait, par exemple, en mesure d’expliquer le phénomène physique du réchauffement lié à l’augmentation des gaz à effet de serre.

De nombreux belges, s’ils redoutent le réchauffement et s’inquiètent de la terre qu’on laissera aux générations futures, ne perçoivent pas pour autant à quel point l’urgence est là. Ainsi, Valery et Anne-Sophie, rencontrés à Ohey, près d’Andenne, expliquent hésiter à faire le lien entre le réchauffement climatique et un été caniculaire comme celui-ci. " On a souvent eu des pelouses rousses en été, par le passé, sans qu’on parle pour autant de réchauffement " explique Valéry. " J’ai parfois l’impression qu’on fait tout un pataquès dès qu’il fait un peu chaud, désormais " ajoute Anne-Sophie, son épouse.

Pourtant, les données sont claires. Sur un village comme celui d’Ohey, les moyennes annuelles ont grimpé de pratiquement 2 degrés en 70 ans, si l’on s’en réfère aux températures enregistrées au fil des ans, par l’Institut Royal de Météorologie. En outre, les épisodes de forte chaleur ont tendances à se multiplier ces dernières années.

Pour François Massonnet, climatologue UCLouvain et FNRS, il faut prendre le temps d'expliquer l'enjeu, de construire une culture climatique.
Pour François Massonnet, climatologue UCLouvain et FNRS, il faut prendre le temps d'expliquer l'enjeu, de construire une culture climatique. RTBF

Pour le climatologue François Massonnet, il est donc urgent de construire une meilleure culture climatique et scientifique chez les citoyennes et les citoyens. " je préfère prendre 10 à 15 ans de mon temps pour expliquer et faire comprendre la situation " explique le chercheur FNRS, plutôt que d’imposer aux gens des mesures radicales qu’ils ne comprendront pas… ce qui pourrait provoquer des crises encore bien pire ! Ce qui n'empêche pas d'avancer déjà en parallèle sur des mesures concrètes et importantes  "

A la recherche de la conscience climatique des Belges… c’est ce que propose donc, en 40 minutes, le premier épisode de votre nouveau PODCAST "Déclic - Le Tournant" entend nourrir le débat de société sur les nombreuses bascules sociétales qui se profilent devant nous. Comprendre pour pouvoir agir.

Sur le même sujet

Ces forêts mexicaines de mangroves capturent du CO2 depuis plus de 5000 ans

Biodiversité

Articles recommandés pour vous