Economie

Les CPAS wallons inquiets face aux demandes d'aides sociales qui explosent

A l'occasion de leur rentrée politique, les CPAS wallons ont fait part jeudi de leur inquiétude face aux demandes d'aide croissantes qu'ils reçoivent en raison des différentes crises. Leur fédération (UVCW) a aussi formulé des propositions concrètes pour rectifier le tir.

Les 262 CPAS wallons luttent depuis plus de deux ans en raison des crises sanitaire, climatique (inondations), migratoire (guerre en Ukraine) et désormais énergétique. Leur nombre de bénéficiaires est de plus en plus important et varié. Les demandes sociales explosent et rien qu'au niveau du revenu d'intégration - "la partie visible de l'iceberg" - l'augmentation est de 72% par rapport à il y a 15 ans, alors que l'emploi au sein des CPAS n'a progressé que de 18% sur la même période. "La volonté d'aider demeure intacte, mais l'inquiétude est donc forte" face à un manque cruel de moyens structurels et financiers, a souligné l'UVCW.

Remboursement à 100% du revenu d'intégration par le fédéral

Ce constat amer dressé, les CPAS wallons ont soumis jeudi au fédéral et à la région wallonne une série de revendications. La principale est de repenser la position des CPAS au regard de l'ensemble des institutions sociales en tenant compte de la réorganisation structurelle et du financement nécessaires. "Des propositions concrètes seront formulées en 2023 dans le cadre de la préparation des futures élections, mais nous pouvons d'emblée avancer une triple revendication forte pour les CPAS: le remboursement à 100% du revenu d'intégration par le fédéral ainsi que son caractère automatique et individualisé", a précisé à ce sujet l'UVCW.

Au-delà, les CPAS demandent un relèvement des bas salaires et plus largement la mise en oeuvre des mesures prévues dans les plans de lutte contre la pauvreté, avec une éventuelle réorientation. Un accès simplifié aux droits pour les personnes précarisées est également souhaité.

Pour lutter contre la pénurie de main-d'oeuvre dans les CPAS, l'UVCW suggère notamment de poursuivre la réforme de révision générale des barêmes, tout en augmentant de manière importante l'enveloppe du Fonds spécial de l'aide sociale (FSAS). Parmi les autres pistes évoquées figurent la constitution dans les écoles sociales d'un socle de formation de base spécifique aux CPAS et plus largement la revalorisation du travail social en CPAS.

Clarification urgente des modalités pratiques des dernières mesures

En matière de crise énergétique, les CPAS demandent tout d'abord une clarification urgente des modalités pratiques liées aux différentes mesures annoncées depuis quelques semaines. Ils préconisent aussi une meilleure prise en compte des réalités des ménages précarisés dans les réformes énergie et rénovation ainsi qu'une activation structurelle d'un comité de concertation spécifique à l'énergie "pour coordonner davantage les actions fédérales et régionales, avec les experts concernés dont les fédérations des CPAS". 

Toujours dans la même thématique, les CPAS souhaitent des mesures énergie pérennes et structurelles. "Le Premier ministre a évoqué des impacts sur dix ans, envisageons des mesures à cette échéance", ont-ils clamé jeudi.

Les autres priorités évoquées sont une simplification administrative générale et le développement des dispositifs spécifiques pour les clients professionnels ou les indépendants, nouveaux publics des CPAS en raison de la crise énergétique. Tout cela devrait aller de pair avec une politique ambitieuse de rénovation des logements des publics en précarité, mais aussi de la classe moyenne.

Prise en charge des Ukrainiens

Par ailleurs, certaines mesures énergie spécifiques s'avèrent urgentes, selon les CPAS. Il s'agit en particulier de la prolongation structurelle de l'accès au tarif social pour les bénéficiaires d'intervention majorée (BIM), de la poursuite de l'élargissement structurel du dispositif "tuteur énergie et eau" ou encore de la consolidation du budget du PAPE (Plan d'action prévention énergie).

Des propositions concrètes ont enfin été émises quant à la prise en charge des Ukrainiens arrivés en Belgique en raison de la guerre qui sévit dans leur pays.

 

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