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Festival de Cannes

Les critiques d’Hugues Dayez à Cannes : avec "Tori et Lokita", les frères Dardenne reviennent en force sur la Croisette

A force d’être systématiquement sélectionnés dans la compétition officielle à Cannes, Luc et Jean-Pierre Dardenne avaient fini par faire un peu partie du décor, et n’étaient pas forcément les cinéastes les plus attendus de cette édition 2022. Erreur ! Car avec "Tori et Lokita", ils reviennent à leur meilleur niveau et signent un drame prenant.

Tori et Lokita

Une image de "Tori et Lokita"
Une image de "Tori et Lokita" Films du Fleuve – Savage Films

Le film démarre par un interrogatoire. Lokita, native du Bénin, 16 ans, doit prouver qu’elle est bien la grande sœur de Tori, petit garçon qui, lui, est déjà régularisé sur le territoire belge. Lokita doit à tout prix gagner de l’argent : pour rembourser la dette envers leur passeur, et aussi pour en envoyer à sa famille en Afrique. Alors, avec Tori, elle se laisse embarquer dans des plans mafieux ; quand ils sortent du centre qui les héberge, ils dealent de la drogue et sont embarqués dans des plans de plus en plus oppressants…

un extrait du film sur Cineuropa

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Avec ce nouveau film, non seulement les frères Dardenne abordent un sujet fort – la survie "underground" de tous ces mineurs non accompagnés – mais ils retrouvent leur style le plus radical et le plus efficace. Ils ne quittent pas leurs deux protagonistes d’une semelle, les quelques personnages secondaires ne leur volent jamais la vedette, et le suspense va grandissant.

Pas de fioriture, pas de scène inutile, en une heure et demie, le film dépeint l’envers du décor : le "struggle for life" de ces émigrés encore dans l’enfance et déjà plongés dans les pires vicissitudes du monde des adultes. Les deux jeunes acteurs non professionnels, Joely Mbundu et, plus encore, le petit Pablo Schils, ont réussi à donner chair à leurs personnages pour que leur souvenir s’imprime en nous, bien après le générique de fin.

Avec "Tori et Lokita, les frères Dardenne pourraient une nouvelle fois se retrouver au palmarès.

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