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Critiques d'Hugues Dayez

Les critiques d’Hugues Dayez à Cannes : "Triangle of sadness", une 2e Palme d’Or pour Ruben Östlund ?

Le réalisateur Ruben Ostlund à Cannes

Soirée particulière au 75e Festival de Cannes hier puisque les deux films montrés en compétition étaient tous les deux signés par des cinéastes déjà lauréats d’une Palme d’Or.

Ruben Ostlund, et une partie du casting de "Triangle of Sadness" à la montée des marches, Charlbi Dean, Henrik Dorsin, Vicki Berlin, Arvin Kananian, Woody Harrelson, Dolly de Leon, Sunnyi Melles et Zlatko Buric.
Ruben Ostlund, et une partie du casting de "Triangle of Sadness" à la montée des marches, Charlbi Dean, Henrik Dorsin, Vicki Berlin, Arvin Kananian, Woody Harrelson, Dolly de Leon, Sunnyi Melles et Zlatko Buric. © Tous droits réservés

Triangle of Sadness

La soirée a commencé avec "Triangle of sadness" du réalisateur suédois Ruben Östlund, qui avait remporté il y a cinq ans la Palme avec un Ovni puissamment original, "The Square". Son nouveau film est une comédie grinçante construite en trois actes. Au début du film, on fait la connaissance d’un jeune couple de mannequins. Elle est plus célèbre que lui, elle est influenceuse, et après la "Fashion Week", elle est invitée à une croisière de luxe. Sur le somptueux paquebot, le commandant de bord s’enferme dans sa cabine avec ses bouteilles d’alcool, tandis que sur le pont, un oligarque russe et sa femme sont prêts à toutes les folies… Tout va déraper un soir de tempête lors d’un dîner de gala.

Après le triomphe de "The Square", on attendait Ruben Östlund au tournant. Eh bien, ce tournant, il le négocie avec un brio hallucinant. "Triangle of sadness" est une parabole brillantissime sur le fossé de plus en plus indécent entre les pauvres et les riches. Le scénariste et réalisateur suédois nous entraîne dans un jeu de massacre jubilatoire, filmé avec une maestria éblouissante… Son film a beau durer près de deux heures et demie, il regorge d’idées originales et provocantes.

Oser un film comme celui-là aujourd’hui, et le montrer à Cannes, le temple du snobisme et du tape à l’œil, c’est une vraie prouesse qui mérite une très, très bonne place au Palmarès.

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R.M.N.

Le réalisateur roumain Cristian Mungiu à Cannes
Cristian Mungiu avec une partie du casting de "R.M.N." à Cannes

Le deuxième film de la soirée s’intitule "R.M.N" (abréviation de "Roumanie "), il est signé Cristian Mungiu, ce cinéaste roumain qui avait remporté la Palme d’Or il y a quinze ans avec son drame "Quatre mois, trois semaines, deux jours", un film très fort qui évoquait un avortement clandestin et qui révélait un jeune cinéaste de 39 ans. Depuis lors, il est revenu plusieurs fois à Cannes, la dernière fois, c’était en 2016 avec "Baccalauréat", un film qui traitait de la corruption en Roumanie.

Photo du film R.M.N. de Cristian MUNGIU
Photo du film R.M.N. de Cristian MUNGIU © MobraFilms

Dans son nouveau film, il aborde un autre thème de société, celui du racisme ordinaire dans un petit village de Transylvanie. La patronne d’une boulangerie industrielle locale, à la recherche de main-d’œuvre bon marché, a pris le parti d’engager trois immigrés sri lankais, ce qui provoque la colère des chômeurs du coin.

A cette problématique se greffe le portrait de Mathias, qui a quitté son travail en Allemagne et qui revient au pays pour tenter de reprendre la main sur l’éducation de son petit garçon, qu’il a laissé à sa mère. On a connu Cristian Mungiu plus inspiré que dans ce "R.M.N" qui manque de fluidité dans la narration, et qui génère peu d’émotion. Contrairement à Ruben Ostlund, on voit mal Mungiu revenir sur les plus hautes marches du podium cette année au palmarès.

 

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