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Festival de Cannes

Les critiques d’Hugues Dayez à Cannes : "Un petit frère", le 4e film français de la compétition

Kenzo Sambin, et Léonor Serraille à Cannes

Paradoxe : alors que le niveau de la sélection officielle des 21 films en compétition cette année est assez élevé, les films français montrés jusqu’ici manquent d’envergure.

"Frère et sœur" d’Arnaud Desplechin – chouchou de la critique parisienne – est exaspérant, "Les Amandiers" est un petit album souvenir très privé de Valéria Bruni-Tedeschi sur le metteur en scène Patrice Chéreau, et "Stars at noon" est un naufrage signé Claire Denis. Restait à découvrir "Un petit frère" de la réalisatrice Léonor Serraille.

Un petit frère

Le casting du film "Un petit frère" de Léonor Serraille : Ahmed Sylla, Annabelle Lengronne, Stéphane Bak, Milan Doucansi, Sidy Fofana, et Kenzo Sambin
Le casting du film "Un petit frère" de Léonor Serraille : Ahmed Sylla, Annabelle Lengronne, Stéphane Bak, Milan Doucansi, Sidy Fofana, et Kenzo Sambin © Tous droits réservés

Paris, 1989. Rose, jeune maman de quatre enfants, débarque de Côte d’Ivoire en espérant trouver une vie meilleure dans la Ville-Lumière. Deux de ses enfants sont restés au pays, elle a emmené dans ses bagages Jean et Ernest. Rose s’installe chez des amis africains, qui veulent la mettre en couple avec un voisin très entreprenant, Jules-César. Mais Rose a envie de vivre et d’aimer comme elle l’entend, et s’éprend d’un ouvrier d’origine tunisienne. Rose est généreuse mais fantasque et désorganisée, et ses enfants vont pâtir de son inconstance… Et pourtant, Jean, matheux doué, semblait promis à un beau destin.

"Un petit frère" de Léonor Serraille
"Un petit frère" de Léonor Serraille Blue Monday Productions

Léonor Serraille, lauréate de la Caméra d’Or pour son premier long-métrage "Jeune fille" en 2017, signe cette chronique impressionniste d’une famille émigrée, étalée sur une vingtaine d’années, en épousant successivement les trois points de vue, celui de la mère, suivis de celui de ses deux garçons. Il y a des moments touchants, les personnages sont bien campés… Mais le scénario, à force de vagabondages et de digressions, se dilue et manque souvent de tension dramatique.

"Un petit frère" fait partie de cette frange du cinéma français "post Nouvelle Vague", où le réalisateur reste l’auteur souverain de son scénario. Pas de "script doctor", hélas, pour en relever les faiblesses, le ventre mou, les scènes inutiles. Et c’est dommage car, derrière le résultat brouillon de ce film, on devine, en puissance, tout ce qu’il aurait pu être.

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And the winner is…

Ce samedi, la journée sera, pour le jury présidé par Vincent Lindon, consacrée aux délibérations, et pour les festivaliers, rythmée par le jeu des pronostics. Jeu particulièrement hasardeux cette année, car de nombreux films ont leurs fans. Citons ceux qui sortent du lot :

Mais avouons que, depuis que le jury de l’an dernier a, contre toute attente, décerné la Palme à "Titane", on peut désormais s’attendre à tout…

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