Critiques d'Hugues Dayez

Les critiques d’Hugues Dayez : "Nope", grand film fantastique… ou vaste fumisterie ?

L’affiche de "Nope"

© DR

Il y a cinq ans, l’acteur et humoriste afro-américain Jordan Peele créait la surprise avec "Get out", psychodrame familial aussi inquiétant qu’original. Après "Us", le voici de retour avec "Nope", western de science-fiction tourné en Imax.

Nope

L'affiche de "Nope"

Le héros du film se dénomme OJ Haywood, il gère avec son père dans une vallée de Californie un haras de chevaux spécialement dressés pour les tournages hollywoodiens. Lorsque son père décède dans des circonstances mystérieuses, OJ tente de maintenir son business à flot, mais doit faire face à une menace inexplicable : un nuage immobile qui cache… Une soucoupe volante qui avale tout sur son passage.

Depuis le coup d’éclat de son film "Get out", Jordan Peele semble jouir d’un statut d’auteur avec un grand A. En réalité, c’est un gros roublard, qui surfe avec parfois un certain opportunisme sur la vague "Black power". Les interprétations de la symbolique de "Nope" pullulent sur la toile, plus abracadabrantes les unes que les autres ; certains n’hésitant pas à voir en l’Ovni du film une allégorie de la gloutonnerie contemporaine de l’industrie du spectacle… Loin de suivre ces sémiologues du dimanche, posons-nous la question : que voit-on vraiment à l’écran dans "Nope" ? Un recyclage indigeste de poursuites de western, d’effets spéciaux fumeux avec, en bonus, une séquence totalement hors sujet (un chimpanzé massacrant un plateau de télévision) et un final en eau de boudin.

Seulement voilà : comme Peele est un Auteur, il faut forcément trouver son nouveau film audacieux et novateur. Eh bien non, c’est une imposture.

Compétition officielle

Compétition officielle, l'affiche

Tel feu Francis Bouygues, le "Roi du béton" qui racheta TF1 et qui fonda les studios de cinéma Ciby2000, "Compétition officielle" met en scène un homme d’affaires richissime qui, pour laisser une trace dans l’Histoire, veut produire un grand film d’auteur susceptible de créer l’évènement dans des grands festivals. Il ouvre son carnet de chèques pour engager les meilleurs : la cinéaste Lola Cuevas (Penelope Cruz), la star de cinéma Felix Rivero (Antonio Banderas) et le grand acteur de théâtre Ivan Torres (Oscar Martinez). Mais le tout fait-il forcément plus que la somme des parties ? Hélas non : le puissant mécène n’avait pas mesuré les luttes d’ego entre le trio d’artistes…

Cette comédie argentine d’Andres Duprat et Mariano Cohn fut un des grands éclats de rire de la Mostra de Venise 2021. Même s’il ose forcer le trait et pousser vers la caricature, le film décrit à merveille trois tempéraments qui s’opposent : une cinéaste auteuriste absconse, un roi du théâtre radical qui regarde avec dédain les acteurs de cinéma, et un "wonder boy" hollywoodien empereur du box-office mais incapable de la moindre intériorité. Antonio Banderas – à la ville, un des acteurs les plus accessibles et dénués de prétention qui soient – s’en donne à cœur joie pour incarner cette star imbécile, monument d’égocentrisme et d’autosatisfaction. Pour tous ceux qui s’intéressent à l’envers du décor, "Compétition officielle" est jubilatoire.

Loading...

Séance de rattrapage : As Bestas

L'affiche de "As Bestas"

Sorti au début de ce mois d’août, ce thriller psychologique du cinéaste Rodrigo Sorogoyen s’impose comme un des meilleurs films de l’année.

A partir d’une situation assez sommaire – un conflit entre un couple de Français devenus agriculteurs dans la campagne de Galice et leurs voisins espagnols, deux frères bornés et consumés de jalousie – Sorogoyen crée un malaise grandissant avec un sens exceptionnel de la tension dramatique.

Denis Ménochet ("Inglorious bastards", "Jusqu’à la garde") et Marina Foïs trouvent ici des rôles inoubliables, et leurs partenaires espagnols Luis Zanera et Diego Anido sont tout aussi exceptionnels. Sens de l’espace, de la durée, leçon de mise en scène, "As Bestas" est un must pour tous les cinéphiles.

Loading...

Sur le même sujet

Penelope Cruz : les 5 films qui ont marqué sa carrière

Tipik - Pop Culture

"Icône du crime - Norman Bates" un serial killer qui a inspiré le cinéma

La Trois

Articles recommandés pour vous