Diables Rouges

Les Diables rouges, "une génération en fin de cycle, comme l’ont connue avant nous l’Espagne et l’Allemagne"

"Gueule de bois", "fin de cycle", "déception" sont les mots les plus cités par les trois experts du foot invités dans Matin Première ce matin au lendemain de l’élimination au premier tour des Diables rouges à la Coupe du monde. "Une déception oui, mais une déception attendue", résume Thomas Bricmont, journaliste sportif indépendant. "C’est la chronique d’un mort annoncée", ose Frédéric Waseige, journaliste sportif qui n’attendait rien de particulier de cet épisode 2022. "On sentait que cela allait arriver, il y avait des prémisses, des attitudes qui laissaient entendre que certains n’avaient pas envie d’être là et ne se rendaient pas compte de la chance qu’ils avaient de jouer une Coupe du monde."

"Bien sûr qu’on aurait pu espérer plus, qu’on aurait pu accrocher un 1/8 de finale si Lukaku avait marqué hier, fait remarquer Thomas Bricmont. Mais c’est globalement une génération en fin de cycle comme d’autres nations l’ont connue avec nous. La Belgique a été une grande nation pendant dix ans en multipliant les 1/4 de finale, en atteignant un 1/2 de finale en Coupe du Monde et puis, cela s’arrête à un moment, comme l'ont vécu l’Espagne ou l’Allemagne avant nous. Une fin de cycle, c’est toujours triste. On a assisté à un enterrement hier."

Martinez sur le départ, qui pour prendre sa place ?

L’enterrement et la fin de cycle concernant aussi le coach, Roberto Martinez, qui a annoncé la fin de son aventure avec les Diables après la rencontre. Un départ, déjà décidé avant le début de la compétition affirme-t-il. Un coach que ne souhaite pas clouer au pilori le commentateur attitré des Diables rouges sur la RTBF, Vincent Langendries. "Il y a probablement une usure logique du pouvoir de sa part. Cela fait 6 ans qu’il est sur le banc, il a coaché pendant 80 matchs avec un taux de défaite qui a augmenté ces dernières années."

Et un coach qui, malgré tout, a réussi ce qu’il devait réussir pour Thomas Bricmont. "Même si en 2018, ça se joue avec une tête de Vertonghen qui relance les Diables en 1/8 de finale contre le Japon, il atteint cette année-là la demi-finale et on ne pourra pas lui enlever ça." Autre argument pour défendre le coach : les nombreuses blessures et absences avec lesquelles il a dû composer lors des grands tournois. "Kompany et Vermaelen à l’Euro 2016, Witsel, De Bruyne et Hazard en 2021, Lukaku et Hazard lors de cette Coupe du Monde-ci", liste Frédéric Waseige.

Pour le remplacer, "il faudra quelqu’un au-dessus de la mêlée", analyse le fils de Robert Waseige, lui-même ancien coach des Diables rouges. "Quelqu’un qui ne soit pas pris par des querelles linguistiques comme nous avions pu le connaître avec des coachs belges." Pas un Belge alors que le nom de Vincent Kompany est déjà cité ? "Il fait du bon travail à Burnley, mais c’est encore un peu tôt." L’entraîneur adjoint de Roberto Martinez, Thierry Henry est aussi cité. "Ses prestations en tant qu’entraîneur principal n’ont pas été des succès", concèdent les trois invités.

Pour Thomas Bricmont, le plus inquiétant est que la fédération ne semble pas avoir anticipé ce départ. "Si effectivement Roberto Martinez avait choisi de partir avant la compétition, pourquoi la fédération ne semble pas avoir de nom ?"

La prochaine grande compétition sera l’Euro 2024 en Angleterre. Et malgré la gueule de bois, la déception, les trois analystes sont optimistes. "Quand on voit Lukaku hier, sa tristesse et sa rage, on sait qu’un leader comme lui peut porter la nouvelle génération", pointe Frédéric Waseige. "La prochaine génération n’est peut-être pas dorée comme celle de De Bruyne, Courtois ou Hazard, mais elle sera bien meilleure que celles années 2004, 2006 ou 2008 avance Thomas Bricmont. Nous retrouverons une équipe très correcte."

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