Les Ecossais aux urnes jeudi, entre espoirs d'indépendance et divisions

Les Ecossais aux urnes jeudi, entre espoirs d'indépendance et divisions

© ANDY BUCHANAN - AFP

03 mai 2021 à 07:12 - mise à jour 03 mai 2021 à 07:12Temps de lecture2 min
Par Belga

Les Ecossais renouvellent jeudi leur Parlement local, un scrutin dont le parti de la Première ministre Nicola Sturgeon espère obtenir un mandat pour faire pression et obtenir un nouveau référendum d'indépendance.


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Selon la dirigeante du SNP (Parti national écossais) une majorité indépendantiste au Parlement local, qui compte 129 sièges, priverait selon elle le Premier ministre britannique Boris Johnson de toute "justification démocratique, électorale ou morale" pour s'y opposer.

En 2014, les Ecossais avaient choisi à 55% de rester au sein du Royaume-Uni. Selon Boris Johnson, il s'agit d'une consultation qui ne peut se produire "qu'une fois par génération".

Mais les partisans d'un nouveau référendum soulignent que le Brexit, auquel les Ecossais étaient opposés à 62%, a changé la donne. Et ce particulièrement pour les secteurs de la pêche et de l'agriculture, frappés de plein fouet par la sortie de l'UE.

Après une salve d'enquêtes ces derniers mois donnant une majorité à l'indépendance, la tendance semble s'inverser. Selon un sondage Savante ComRes cette semaine, 49% des Ecossais voteraient non à un référendum immédiat, 42% opteraient pour le oui.

Nicola Sturgeon, à qui la gestion de la crise du coronavirus a assuré une solide cote de confiance auprès des Ecossais, entend attendre la fin de la pandémie et son parti promet un référendum d'ici 2023. Selon le SNP, l'indépendance ferait de l'Ecosse, qui compte 5,5 millions d'habitants, une "nation plus juste, plus prospère", qui à terme aurait vocation à réintégrer l'Union européenne.

Mais les anti-indépendantistes mettent en avant le risque de fragiliser la reprise après la pandémie. Selon le chef des conservateurs écossais Douglas Ross, un nouveau référendum représenterait une "distraction". Selon son homologue travailliste Anas Sarwar, l'Ecosse a besoin de responsables politiques "qui veulent unifier" le Royaume-Uni, "pas nous diviser".

La population s'interroge sur le calendrier.

En raison des restrictions sanitaires, les partis font surtout campagne en ligne.

Selon le système hybride, les électeurs votent deux fois: pour un candidat dans leur circonscription et pour un parti, 56 des députés du Parlement local étant élus à la proportionnelle. C'est sur cette partie du scrutin que se concentre Alex Salmond, prédécesseur de Nicola Sturgeon à la tête de l'Ecosse et du SNP. Son parti tout nouvellement créé, Alba, avec lequel il veut créer une "supermajorité" indépendantiste, remporte un soutien croissant selon les derniers sondages.

Nicola Sturgeon l'accuse, elle, de "jouer avec l'avenir du pays". La Première ministre et son ancien mentor se sont affrontés de manière spectaculaire autour de sa gestion des accusations d'agressions sexuelles dont Alex Salmond a finalement été acquitté.

Dans son programme, le SNP argue que l'indépendance permettra à l'Ecosse de contrôler son économie, mettant en avant ses projets pour de nouveaux emplois verts et soutenir les start-ups. Il insiste aussi sur la nécessité pour le secteur de la pêche d'avoir accès au marché unique européen. En face, les conservateurs objectent que l'indépendance serait "dommageable" pour l'économie.

Archives JT 13/12/2019: Poussée indépendantiste en Ecosse

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