Environnement

Les effets de la sécheresse : les arbres dépérissent et sont vulnérables aux attaques d’insectes et de champignons

Signes de sécheresse

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16 mai 2022 à 10:04Temps de lecture3 min
Par Alain Lechien avec Sophie Brems

Cela fait près d’un mois que nous n’avons pas eu de pluie. Les jardins et les semis en souffrent, mais aussi les arbres. Quentin Leroy est chargé de suivi à l’Observatoire wallon des forêts. Interrogé sur La Première, il confirme que, actuellement, "les arbres souffrent du manque d’eau. Donc depuis 2016, les années sont souvent sèches et parfois chaudes avec la présence de certaines canicules. 2021 nous avait donné un peu de répit et malheureusement, cette année, elle repart dans une mauvaise direction, étant donné qu’au printemps, là où les arbres ont le plus besoin d’eau pour faire leurs feuilles et pour se développer, il n’y en a pas pour le moment".

"L’arbre, lorsqu’il va faire ses feuilles, il est beau, comme on dit chez nous. Il va consommer énormément d’eau, il va puiser dans le sol ses besoins en eau. Et malheureusement, comme on le voit depuis plusieurs semaines, il y a un manque d’eau. Elle n’est plus présente, elle ne tombe plus. Et donc ces arbres non seulement souffrent du manque d’eau actuel, mais encore une fois puissent dans leurs réserves, vu que les autres années, 2015, 2016, 2017, 2018, 2019 et 2020 ont été également difficiles pour eux", poursuit-il. "Un arbre qui est fragilisé est sensible à diverses attaques des insectes, des champignons et on l’a bien vu ces dernières années, comme avec une des crises les plus importantes qu’on ait connues, qui est celle du scolyte sur épicéas, qui a carrément explosé depuis 2008 et qui a créé énormément de dégâts".

Par ailleurs, il y a un "phénomène de dépérissement. Donc, cette accumulation qui fait que l’arbre va souffrir de plus en plus du manque d’eau, va se fragiliser. Le hêtre ; par exemple, est un arbre particulièrement sensible à ce type de carence, et ces arbres vont puiser dans leurs réserves à chaque fois, les réserves qu’ils ont accumulées pour faire leurs feuilles. Ils vont s’épuiser de plus en plus et en s’épuisant, vont développer diverses maladies, un peu comme un être humain qui est vraiment en mauvaise santé. Il va être plus sensible aux maladies et on va observer, comme c’est le cas cette année, des arbres qui perdent leurs feuilles, qui sont moins développés, qui vont présenter des mortalités de branches, voire des mortalités complètes avec des arbres qui meurent sur pied".

"Les hautes températures et l’absence de pluie facilitent le développement de certains insectes. Mais d’autres insectes pullulent et c’est le cas par exemple, de la processionnaire du chêne. La processionnaire c’est une petite chenille qui va consommer le feuillage des arbres. A priori, ce n’est pas encore très important chez nous, mais le problème, c’est qu’il va poser des problèmes de santé humaine. Elle va émettre des poils urticants qui peuvent provoquer des démangeaisons et qui, dans le pire des cas, peuvent aller jusqu’au choc anaphylactique. Ces cas sont heureusement extrêmement rares, mais ils se développent sur notre territoire. Et de ce fait-là, la population est confrontée de plus en plus, elle doit commencer à lutter contre cet insecte, dans les cas les plus gênants, comme dans les jardins ou le long de certaines aires de pique-nique ou de promenade".

Face à ces constats, selon lui "il faut diversifier. Nous entendons souvent chez nous, la forêt va disparaître avec la sécheresse, ce qui est faux. Mais il peut arriver que certaines essences ne soient plus adaptées à l’endroit parce qu’il n’y a pas assez de sols et du fait des sécheresses répétées, elles ne peuvent que difficilement survivre. Et donc, il va falloir diversifier, planter différentes essences au même endroit, parfois déplacer certaines essences, qui viennent du Sud, par exemple pour permettre à la forêt de se maintenir dans l’avenir et pour continuer à produire et à jouer son rôle de poumon vert au final".

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