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Les élevages insolites en Belgique. Découverte et Bien-être animal

Adieu, veaux, vaches, cochons ? Ces agriculteurs ont décidé de se différencier en élevant des animaux peu communs chez nous. Des autruches aux bisons, en passant par les alpagas, coup d’œil sur les élevages insolites en Belgique, et sur ce qui est permis et ce qui ne l’est pas.

L’alpaga, réputé pour sa toison et son caractère

Comme Laurence et Eric Varlet, ils sont une dizaine d’agriculteurs à élever des alpagas en Belgique, et seulement deux trois à en vivre. Cet animal, originaire des montagnes d’Amérique du Sud, est non seulement réputé pour son bon caractère, mais aussi pour son pelage plus doux et plus isolant que celui du mouton. "Dans certains pays, on vend et on mange la viande des alpagas", explique Laurence, "mais en Belgique, l’alpaga est considéré comme un animal domestique. Il est donc élevé uniquement pour sa fibre".

C’est en 2011 que le couple s’est lancé dans l’aventure, en créant "Alpagas du Maquis" à Gouvy, un élevage d’une petite centaine d’alpagas assorti d’un atelier de filature. "Nous fabriquons du fil à partir des plus belles toisons d’alpagas," nous confie Laurence. "Nous travaillons de manière rigoureuse et mettons un point d’honneur à produire de la top qualité et à satisfaire chacun de nos clients. On produit du fil 100% naturel, de façon artisanale, sans acide ni teinture. Du fil respectueux de la planète, qu’on vend tel quel et qu’on utilise aussi pour fabriquer tout un tas d’accessoires. Tout est fait sur place : la sélection des alpagas, la tonte, le filage, le tricotage et la vente. L’été dernier, on a fait l’acquisition d’une machine qui permet de tricoter en trois dimensions. On fabrique des écharpes, des mitaines, des tours de cou, etc." Et, toujours dans cette dynamique environnementale, Laurence et Eric récupèrent toutes les pertes issues de la production de fil, pour les utiliser en agriculture. Ils produisent aussi leur propre électricité verte grâce à une installation photovoltaïque.

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- Alpagas du Maquis

Dans l’autruche, (presque) tout est bon

En Belgique, les élevages d’autruches se comptent sur les doigts d’une main. L’Autrucherie du Doneu s’est installée à Rochefort en 1997. Ses propriétaires, Jacques et Lydia, y élèvent plus de 100 autruches par an. De ces oiseaux géants, le couple tire de la viande, de la charcuterie et même du cuir. "La viande d’autruche est très tendre et pleine de goût," explique Lydia. "Elle a une texture proche de celle du bœuf, mais l’avantage, c’est qu’elle n’est pas grasse. Elle ne contient que 1% de gras et est faible en calories. En plus de ça, elle est riche en protéines, en calcium et en phosphore. C’est une viande qui plaît aux sportifs pour ses vertus diététiques et nutritives."

Le couple fait aussi visiter les lieux. Des visites guidées d’une heure, que des milliers de visiteurs suivent chaque année, et qui dévoilent à peu près tout sur le plus grand oiseau du monde et sur son mode de vie en captivité.

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– Autrucherie du doneu

Un escargot tout chaud

Gros-Gris, Petit-Gris. Voilà deux espèces d’escargots originaires d’Afrique du Nord qui, contrairement à l’escargot de Bourgogne, sont très bien adaptées aux conditions d’élevage actuelles. Il existe plusieurs méthodes d’élevage : l’élevage hors-sol, qui se fait en bâtiment, l’élevage "à l’italienne", totalement à l’extérieur et l’élevage mixte. La seconde est la technique adoptée par "Les Gris de Corbais", un élevage d’escargots situé à Mont-Saint-Guibert. Cette escargotière 100% artisanale a été lancée par Véronique et Patrick. "En 2020, après plusieurs années dans l’enseignement, nous nous sommes réorientés dans l’héliciculture," raconte le couple. Aujourd’hui, ils ont lancé cette petite structure familiale pleine de savoir-faire et respectueuse de la qualité du produit. "Notre souci principal, c’est de proposer de la qualité à nos clients et d’offrir à nos escargots l’environnement le plus paisible et le plus accueillant possible, pour qu’ils puissent grandir dans les meilleures conditions".

▶▶▶ À découvrir : un reportage de TV Com sur "Les Gris de Corbais, un élevage d’escargots 100% artisanal"

Des bisons d’Amérique au cœur de la Wallonie

À Orchimont, Laurent et son épouse élèvent des bisons depuis 1998. "Nous élevons en moyenne 200 bisons par an," nous dit l’éleveur, avant d’expliquer que "le ranch est, avant tout, une ferme d’élevage. On produit notre viande via une agriculture bio et respectueuse de l’environnement. Nos animaux passent leur vie dans la nature. Du coup, leur viande possède des qualités gustatives et nutritionnelles exceptionnelles. Parallèlement, pour partager notre passion, nous avons créé des visites guidées en chariot, pour emmener le public à la découverte du bison d’Amérique et son histoire."

- Bison Ranch

Comme Laurent, Jean-François et Yolande ont adopté des bisons. En 1992, ce couple, qui possédait déjà une ferme laitière du côté de Recogne, s’est lancé dans l’élevage de bisons, afin de diversifier son activité agricole. Ils importent alors une centaine de veaux bisons du Dakota du Nord et lancent la "Ferme des Bisons". Aujourd’hui, les éleveurs produisent de la viande et possèdent un véritable domaine touristique avec une taverne, une exposition et des visites guidées à la découverte des 200 bisons qui gambadent chaque année, sur une centaine d’hectares de prairie.

– La Ferme des Bisons à Recogne

Câliner un lama pour se faire du bien

On connaît l’hippothérapie, l’asinothérapie… Mais quid de la lamathérapie ? Comme le cheval et l’âne, le lama aurait des bienfaits sur la santé mentale et serait un super partenaire pour lutter contre la solitude et le stressEt ça, Manuela Zians l’a bien compris. Il y a 9 ans, elle a ouvert un ranch de lamas, du côté d’Amblève. Aujourd’hui, l’éleveuse organise des activités thérapeutiques, pour les personnes en quête d’apaisement"J’ai été présidente d’une ASBL qui s’occupait de personnes différentes," raconte-t-elle. "J’avais envie de proposer une alternative à l’hippothérapie. J’ai donc pensé aux lamas. C’est une pratique assez courante en Allemagne et en France. J’ai suivi des cours en Allemagne, et je me suis lancée petit à petit." A côté des services thérapeutiques, Manuela vend des accessoires en fibres de lama, comme des bonnets, des chaussettes, des gants et des écharpes. La laine de lama est réputée comme étant jusqu’à 7 fois plus performante que la laine de mouton, tout en laissant respirer la peau.

▶▶▶ À lire aussi : "Un sourire de lama pour se sentir mieux"

- Lama Ranch Eibertingen

Quels animaux peut-on détenir en Belgique ?

Lamas, alpagas, bisons, autruches… Peut-on détenir ou élever n’importe quel animal en Belgique ? La réponse est non. Accueillir un animal chez soi représente une responsabilité, et certaines espèces ont des besoins bien particuliers. C’est pourquoi la Wallonie, la Flandre et Bruxelles disposent de "listes positives" déterminant quels mammifères et quels reptiles peuvent être librement détenus en Belgique, ceci tant pour le bien-être des animaux que pour les intérêts des personnes concernées.

Laurence Varlet nous explique qu'"un particulier peut très bien adopter des alpagas, par exemple. Comme pour tout animal de compagnie, il faudra être responsable de sa santé et de son bien-être. Mais, au-delà de ça, ce qu’on ne sait pas forcément des alpagas, c’est que ce sont des animaux grégaires, comme les moutons et les chevaux. Ils ont donc absolument besoin d’être au minimum deux animaux de la même espèce, pour que leur développement et leur comportement avec l’humain soient 'normaux'". 

Ça, c’est pour les particuliers, mais qu’en est-il pour les éleveurs ?

En Belgique, les éleveurs, qu’ils soient occasionnels, amateurs, professionnels ou commerçants doivent obligatoirement se faire agréer pour pouvoir exercer leurs activités. Ils doivent aussi tenir compte des listes positives (sauf avec un agrément du ministre), ils restent soumis à des contrôles et, si un élevage existant ou en devenir ne répond pas aux critères, il sera forcément interdit ou démantelé. La Belgique vient par exemple de signer la fin des élevages de visons pour la production de fourrure. Et il ne sera plus possible d’élever des lapins en cage d’ici 2025.

Mais sur quels critères la Belgique se base-t-elle pour autoriser ou interdire des élevages ? "Chaque espèce a ses propres exigences, en matière de détention, d’importation et d’exportation," nous explique Laurence Varlet. Les espèces envahissantes seront par exemple soumises à une législation particulière. Les animaux exotiques protégés seront, eux, interdits à la commercialisation. "En ce qui concerne nos alpagas, c’est comme pour les chèvres : nous devons déclarer le nombre d’animaux et les référencer auprès de l’ASBL Arsia, qui gère la traçabilité et la santé animales". Le Bison, lui, est classé en espèce non-domestique, "et son élevage est soumis à la même réglementation que les bovins," nous explique-t-on à la Direction de la Qualité et du Bien-être animal du Service Public de Wallonie. "Il faut une autorisation d’ouverture pour la création de l’élevage, détenir un certificat de capacité, respecter les normes imposées pour les installations, etc. Il y a certes encore du travail pour améliorer les règles : certains éleveurs ne respectent pas les prérogatives, il y a des manquements concernant certains animaux… Mais, ce qui est certain, c’est que le bien-être animal est une priorité de la Wallonie, de la Belgique et de l’Union européenne et que notre objectif est de garantir à tous les animaux domestiques et d’élevage une bonne santé physique et psychique".

Vous souhaitez devenir éleveur et démarrer votre activité en Wallonie ? Le portail de l’agriculture wallonne recense sur son site toutes les étapes du parcours d’installation. Dans la capitale, c’est auprès de Bruxelles Environnement qu’il faudra se renseigner.

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