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Les éleveurs de volaille sont particulièrement impactés par l’envolée des prix des matières premières et de l’énergie

Les éleveurs de volaille, comme ce petit éleveur professionnel de Limal (Brabant wallon), souffrent de l’augmentation des coûts des matières premières et de l’énergie, surtout depuis la guerre en Ukraine.

Maïs, froment, blé, colza, tournesol,… le prix de ces matières premières a fortement augmenté ces derniers mois. Et l’augmentation des prix s’est accélérée depuis le conflit russo-ukrainien, les deux pays étant considérés comme les greniers à céréales de l’Europe. Une catastrophe pour les éleveurs de volaille qui nourrissent leurs animaux avec ces matières premières.

Mais ce n’est pas tout ! L’eau, le gaz, l’électricité et le matériel coûtent également plus cher. Ajoutez-y les dépenses liées au respect des normes strictes de l’Afsca (Agence fédérale pour la sécurité de la chaîne alimentaire), celles relatives aux contrôles vétérinaires sur les marchés hebdomadaires, les frais induits par les vaccins (une quinzaine par volaille avant la vente), les pertes entraînées par les maladies dont la grippe aviaire, ainsi que la concurrence déloyale de certaines exploitations,… Et vous aurez compris que la situation des éleveurs de volaille est particulièrement préoccupante.

Une poule aux œufs d’or

"Cela devient très compliqué ! Pour ne pas vendre à perte, nous sommes obligés de répercuter les coûts sur le prix de vente de nos volailles, de nos œufs et de nos sacs de céréales," regrette Christopher Denis , petit éleveur brabançon wallon installé à Limal.

Pour la grand-mère du jeune éleveur, le constat est amer. "Je suis très inquiète pour mon fils et mon petit-fils. Cette entreprise familiale en est déjà à la quatrième génération. Mais avec l’augmentation des prix, cela devient vraiment difficile. J’ai connu les belles années. Mais pour eux, les choses ont changé. D’autant plus que les contrôles vétérinaires et les normes de l’Afsca compliquent le métier. Aujourd'hui, tout coûte de plus en plus cher. Nous sommes obligés d’augmenter nos prix aussi. Nous n’avons pas le choix".

Christopher Denis et son père vendent en moyenne quelque 500 poules par week-end. "L’augmentation des matières premières est importante depuis plus d’un an, mais elle s’accélère vraiment ces dernières semaines", souligne l'homme. "Peu après le début du conflit en Ukraine, les céréales ont augmenté d’environ 30 à 40%. En seulement deux à trois semaines, nous avons donc constaté une hausse des prix équivalente à une augmentation enregistrée sur une année entière. En ce qui concerne le gaz et l’électricité, nous accusons aussi le coup. Car nous devons chauffer les couveuses pour les poussins. Nous devons éclairer les locaux des animaux. Le matériel aussi coûte plus cher".

Le jeune éleveur s’inquiète par ailleurs de la grippe aviaire. "Cette maladie constitue toujours une menace. Nous sommes en confinement depuis environ 22 semaines. Et ce n’est pas fini! Ces incertitudes ont aussi des conséquences sur les stocks".

Enfin, Christopher Denis regrette le comportement de certains exploitants industriels. "Il y a des gros éleveurs qui nous font subir une concurrence déloyale. Ils se permettent de vendre leurs poules à bas coût, en prétextant vouloir les sauver de l’abattage. En fait, ces animaux ne sont en ordre de vaccination. Ces poules ont déjà été bien plus que rentabilisées. Et elles sont cédées à des prix dérisoires, ce qui nous fait du tort".

 

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