On n'est pas des pigeons

Les enfants : une arme redoutable pour la publicité déguisée !

Une influenceuse enfant se prend en vidéo avec son smartphone.

© Getty images

Bureau Vallée, Maped, Carrefour Belgium ou encore Lilliputiens… De nombreuses marques collaborent avec de jeunes influenceurs ou des parents instagrameurs pour vous faire acheter des fournitures scolaires.

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Vous ne l’avez peut-être pas remarqué sur les réseaux sociaux… Mais, vous êtes inondés par les publicités déguisées en cette période de rentrée scolaire.  

Les enfants : arme redoutable pour la publicité

Qui dit rentrée des classes, dit inévitablement achat de fournitures scolaires. Les marques ont trouvé un moyen imparable de vous faire acheter leurs articles. Elles passent des partenariats avec de jeunes influenceurs ou leurs parents.

Depuis le mois de juillet, des centaines de vidéos "Back to School, chasse aux fournitures scolaires" sont partagées sur YouTube. Les marques Maped et l’enseigne Bureau Vallée collaborent avec des écoliers afin de promouvoir leurs produits.

Le principe est simple : les enfants se filment dans les rayons des magasins et choisissent leurs fournitures scolaires. La vidéo est ensuite publiée sur leur chaîne YouTube. En retour du placement de produit, les écoliers se voient offrir de la papeterie. 

De la même manière, Carrefour Belgium et la marque de jouets pour enfants, Lilliputiens, font appel à des parents instagrameurs, généralement de micro-influenceurs. Sur leur compte, les parents publient du contenu mettant en scène leurs enfants avec les fournitures scolaires. Ces collaborations sont chapeautées par des agences de marketing d’influence.

"On a fait des contrats avec des influenceurs pour mettre en avant les nouveaux produits que Lilliputiens proposait pour la rentrée scolaire, en l’occurrence des cartables scolaires. On a donc choisi des influenceurs qui ont des enfants et ils ont pu faire la promotion de ce nouveau matériel sur leurs réseaux sociaux " renseigne Julien Latinis, chef des opérations dans l’agence Efluenz.

Placement de produits

Avoir recours à la micro-influence est bien moins cher que les canaux de publicité traditionnels pour une enseigne. En outre, les marques profitent d’une belle visibilité grâce au nombre d’abonnés des youtubeurs et des instagrameurs.

Seulement, il n’est pas toujours évident pour le consommateur, et encore moins pour le jeune public, de réaliser que le créateur de contenu reçoit un avantage en échange. Or, "en Belgique, depuis peu, ce sont des règles qui sont plus strictes. On doit bien prévenir le consommateur. Il doit être vraiment au courant que c’est une publicité" indique Yasmine Lamisse, chroniqueuse juridique.

En effet, depuis le 25 avril 2022, de nouvelles règles plus strictes sont en application en Belgique. Le SPF économie demande désormais aux créateurs de contenu de "taguer de préférence la publication avec un mot explicite comme "réclame", "publicité", "annonce"". De plus, ils doivent mentionner ou taguer la marque et utiliser, "lorsqu’ils sont disponibles, les labels proposés par les plateformes elles-mêmes" tels que "partenariat rémunéré" sur Instagram ou "contenu publicitaire" sur YouTube.

Le statut d’enfant influenceur

L’image des enfants est régulièrement utilisée sur les réseaux sociaux dans un but commercial. A cela s’ajoute une hausse du nombre d’enfants youtubeurs sur ces dernières années. En France, depuis 2020, une loi encadre le travail des enfants influenceurs sur les plateformes en ligne telles que YouTube, Instagram, Tiktok. Avant de tourner des vidéos de leurs enfants, les parents doivent maintenant demander une autorisation ou un agrément.

"Par contre, en Belgique, il y a vraiment un vide juridique concernant les jeunes influenceurs, les mineurs influenceurs ", relève Yasmine Lamisse, chroniqueuse juridique. En effet, il n’existe encore aucune loi qui encadre spécifiquement le travail des enfants influenceurs dans notre pays.

Intermédiaire entre les marques et les influenceurs, l’agence de marketing d’influence Efluenz, passe des contrats avec les parents des enfants pour ses campagnes de publicité. Julien Latinis développe : "On n’a aucun contrat avec l’enfant directement. C’est vraiment avec le parent, l’influenceur. Après la loi est de plus en plus stricte par rapport au contenu des influenceurs, aux heures de travail et surtout pour les enfants. Donc ça, c’est aux parents, en responsabilité de parents et à travers le contrat, de respecter ces horaires-là, et de ne pas faire travailler les enfants mais juste profiter des avantages et partager leur image dans leurs contenus."

Faut-il encore s’assurer que les enfants soient consentants et surtout conscients de ce qu'ils font...

Retrouvez "On n’est pas des pigeons" sur la Une, du lundi au vendredi à 18h30 et en replay sur Auvio.

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